Karin Keller-Sutter, la favorite de l'après-Merz
CONSEIL FÉDÉRAL. Elle est pressentie pour remplacer le radical appenzellois, même si sa succession n’est pas encore ouverte. Femme de tête et d’action, la conseillère d’Etat saint-galloise, qui a étudié à Neuchâtel, est devenue l’ennemie des supporters de football.
Son nom hante déjà les couloirs du Palais fédéral. Même si la conseillère d’Etat Karin Keller-Sutter les fréquente rarement, tout le monde ne parle que d’elle dans l’optique de la succession du ministre des Finances Hans-Rudolf Merz annoncée pour 2011. L’intéressée parle de tout, sauf de cela. «La question ne se pose pas pour l’instant. Croyezmoi, j’ai aussi d’autres intérêts que la politique dans ma vie.» Pour la Suisse romande, sa candidature serait assurément une bonne nouvelle. Karin Keller-Sutter connaît bien la région pour y avoir étudié quatre ans à l’Ecole supérieure de commerce de Neuchâtel.
Contrairement à la plupart des conseillers fédéraux alémaniques qui bafouillent le français, cette interprète de 47 ans prend un plaisir évident à s’exprimer dans la langue de Cendrars et de Ramuz, des plumes romandes qu’elle a étudiées. «Une langue n’est pas qu’un instrument, c’est l’expression d’une culture, d’une manière de penser. Le français fait partie de mon patrimoine culturel», sourit-elle.
La maison de Delamuraz. Ses attaches avec la Suisse romande, Karin Keller-Sutter les doit à sa mère, une fille de paysan très francophile du Toggenburg. En 1947, celle-ci s’était beaucoup plu lors de son année au pair à Lausanne, dans la même maison habitée – plus tard – par Jean-Pascal Delamuraz à l’avenue d’Ouchy. C’est elle qui lui conseille de partir étudier outre-Sarine.
La situation que découvre en 1979 cette adolescente de Wil n’est pas rose. L’arc jurassien subit alors de plein fouet la crise horlogère. «La récession était visible partout. Certains magasins étaient vides. J’ai découvert une réalité que je connaissais pas, celle du chômage.» Le père de son petit ami d’alors a perdu son emploi, contraignant sa mère à se remettre à travailler pour faire tourner la famille. «Cette expérience m’a beaucoup marquée, car si en Suisse orientale nous avions aussi des soucis économiques, nous avions tout de même du travail», se rappelletelle.
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