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Les années Thatcher. Peu après, elle part à Londres pour y poursuivre ses études. Une autre expérience marquante. C’est l’époque où Margaret Thatcher, première femme premier ministre en Angleterre, s’emploie à redynamiser l’économie de son pays. «C’était les années de transition. J’ai vécu cette vieille Angleterre sur la voie de la modernisation. J’ai été fascinée par le personnage de Margaret Thatcher, intransigeante face aux grèves de mineurs, qui a fait preuve de la rigueur nécessaire pour transformer ce pays.»
«The Iron Lady». Est-ce là que Karin Keller-Sutter, qui a elle aussi une réputation de dame de fer, a trouvé son icône?
Après une ascension politique foudroyante, elle accède au Conseil d’Etat saint-gallois à l’âge de 36 ans seulement et se voit attribuer un département mammouth comptant 1600 employés, celui de la Sécurité. Nombreux sont ceux qui pensent qu’elle va perdre la maîtrise d’un tel paquebot. Mais les mauvaises langues se taisent vite. Elle s’impose en quelques mois, faisant preuve de fermeté et de rigueur, mais sachant aussi écouter ses collaborateurs. Dix ans plus tard, tous ses principaux cadres lui sont restés fidèles. «Ils savent que je les défends toujours, mais aussi que c’est moi qui décide en dernier ressort», ditelle.
Dans le sillage de Blocher. Sur le plan national, on la voit beaucoup dans le sillage de Christoph Blocher, le chef du Département fédéral de justice et police d’alors. En avril 2004, puis en juin 2006, elle prône à ses côtés un durcissement de la loi sur l’asile. Dès lors, la gauche ne voit en elle qu’une femme très profilée à droite, cultivant l’ordre et la sécurité: un «Blocher en jupon» en quelque sorte. «Toute sa politique est basée sur la répression. Mais ainsi, on ne résout aucun problème», regrette la présidente du Parti socialiste cantonal saint-gallois Claudia Friedl.
Son profil sur le site de Smartvote infirme ce cliché. Il montre une politicienne bien dans la ligne du PLR, même pas située sur son aile droite. En fait, le choix de ce parti tient autant dans le rejet du PDC que dans son credo libéral. Dans un canton très marqué par le Kulturkampf («Ma mère n’avait pas le droit de se marier avec un protestant»), Karin Keller-Sutter a rejeté tôt les prises de positions démocrates-chrétiennes sur deux thèmes importants à ses yeux: l’avortement, mais aussi la politique de la drogue. Au moment d’entrer en politique, elle s’est battue pour la création d’une salle d’injection pour toxicomanes à Wil. Un combat perdu, mais qui laisse entrevoir la politicienne toujours pragmatique qu’elle sera.
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