Il y a deux sortes de superhéros: ceux qui ont des pouvoirs, comme Superman, et ceux qui n’en ont pas, comme Batman, mais compensent leur handicap par la technologie. Dave Lizewski, lui, n’a qu’un minuscule don: il est invisible aux yeux des filles de son lycée.
Fatigué de prendre des branlées par les voyous du coin, ce petit branleur sent naître en lui une vocation de justicier masqué. Kick-Ass (qu’on pourrait traduire par «Bottecul») sera son nom. Sa première intervention se termine extrêmement mal. A peine sorti de l’hôpital, il récidive. Des images circulent sur le net et font de lui un héros.
Ce quart d’heure de gloire cyberspatiale attire l’attention de Big Daddy, ancien flic fanatique de l’autodéfense déguisé en Batman, et de sa fille, Hit Girl, une justicière de 11 ans lookée comme une poupée manga. Le chef de la mafia a les boules. Il y a du cul botté dans l’air!
Tiré d’une bande dessinée de Mark Millar et John Romita Jr., Kick-Ass détourne les codes des histoires de superhéros et décortique avec ironie le malaise adolescent. Sa violence décomplexée évoque Tarantino: Hit Girl dégomme a elle toute seule une armada de truands lourdement armés, avec une aisance identique à celle de la Fiancée de Kill Bill massacrant des légions de samouraïs. Une bonne louche d’humour noir et d’esprit potache à la American Pie, dans la mythologie des comics.