LA ROUTE LYRIQUE La prestation des chanteurs Alexandre Diakoff (Uberto) et Katia Velletaz (Serpina) est époustouflante. Marc Vanappelghem
La balade de l’Opéra de Lausanne
Par Dominique Rosset - Mis en ligne le 07.07.2010 à 16:05
|
Privé de salle jusqu’en 2012, l’Opéra de Lausanne part en tournée avec une production bien enlevée sous le signe de l’opéra bouffe. Cadeau estival pour tous les publics.
Tant qu’à être hors les murs pour la quatrième saison, autant en profiter pour partir en voyage. Privé de sa salle pour cause de travaux jusqu’en 2012, l’Opéra de Lausanne s’en allait au Japon, en y emmenant Carmen en 2008. Deux ans plus tard, toujours condamné à présenter ses productions dans les salles lausannoises du Métropole ou de Beaulieu, il joue carrément la carte nomade et se lance dans une Route lyrique à la conquête du canton et de la Suisse romande. «Une manière de transformer un handicap en atout, de profiter d’aller à la rencontre des gens en espérant qu’ils ne manqueront pas de venir nous trouver lorsque nous serons à nouveau dans notre théâtre!», s’exclame le directeur Eric Vigié qui, pour cette fois, signe la mise en scène de sa production itinérante. «Les décors et éclairages entrent dans un camion, les costumes, perruques et autres accessoires dans une camionnette... et les chanteurs participent à l’installation de la scène, aux côtés des techniciens: une vraie aventure de troupe», précise encore l’homme de scène, heureux de renouer avec l’atmosphère fébrile et joyeuse du théâtre populaire.
Clin d’oeil à l’art de la rue ou du cirque, la soubrette de l’opéra Pimpinone (de Telemann) harangue le public dans un prologue amusé avant que ne commence la première histoire, celle de la prise de pouvoir tonique d’une servante sur son patron grippe-sou. Rouée, manipulatrice arrogante, Vespetta ferre sa proie avec une facilité déconcertante, de la même manière qu’elle enchaîne ses airs. La mise en scène cocasse et un brin décalée donne du relief à ce livret cousu de fil blanc, rondement servi par Eva Fiechter et Benoît Capt, sur la musique solide et bien plantée de Telemann.
Au pays de la farce. En seconde partie, l’univers change, même si la structure du décor demeure bien évidemment la même. L’esprit fantasque de Pergolesi et sa musique enjouée font souffler l’esprit de la Méditerranée. Si La Serva Padrona relate elle aussi la prise de pouvoir d’une soubrette sur son vieux barbon de maître, on est ici au pays de la farce. Personne n’est dupe. Ou alors si peu. La musique frétille, les astuces du style italien séduisent, charment, amusent. Aucune cruauté dans les manipulations de Serpina.
Tags: Opéra de Lausanne, La Route lyrique,
|
|