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Par Mireille Descombes - Mis en ligne le 19.09.2012 à 14:32 |
Un couple d’amoureux dessine des cœurs et des lettres sur la vitre embuée d’un tramway bâlois. Un instant d’intimité qui s’affiche puis s’efface à la lisière entre deux mondes… On ne pouvait souhaiter plus belle introduction à la fantaisie onirique et aux jeux d’ombres sur grand écran de Shadowland. Avant de faire halte à Genève, la nouvelle création de la célèbre compagnie de danse américaine Pilobolus (fondée en 1971 et basée à Washington Depot, Connecticut) était à l’affiche du Musical Theater de Bâle. L’occasion d’apprécier en primeur ce conte initiatique brillant et enlevé qui sera présenté au Théâtre du Léman du 25 au 30 septembre. La magie des ombres, pensait-on, repose sur le plus grand des secrets. Erreur! Les danseurs acrobates de Pilobolus estiment au contraire qu’expliquer leur savoir-faire lui donne une force supplémentaire. Non seulement leurs photographies révèlent volontiers l’envers du décor, mais il leur arrive de convier quelques privilégiés (dont les journalistes) sur scène pour un miniworkshop. Architecture virtuelle. A Bâle, quelques heures avant le show, ils nous ont ainsi expliqué les différents projecteurs et les petites marques colorées au sol. Ils ont attiré notre attention sur le cône de lumière qui définit ce qui est ou non visible du public. Ils nous ont également montré comment se transformer à volonté en nain ou en géant avant de créer, au moyen de simples cadres, toute une architecture virtuelle. Devant nos yeux ébahis, ils ont ensuite réalisé, à quatre, six ou plus, une fleur à cinq têtes, un éléphant pataud et gourmand ou un château fort imposant. Ce fut ensuite à notre tour d’essayer. Le soir même, nous étions ravis de pouvoir reconnaître, voire décortiquer les figures préalablement expliquées. Très vite, toutefois, comme nos voisins, nous nous sommes laissés emporter par le rythme impeccable de Shadowland, par la précision des gestes et des images, et bien sûr par l’histoire ellemême. Conte de fées souvent grinçant et parfois cruel, Shadowland raconte les mésaventures d’une adolescente en quête de liberté et d’indépendance qui se retrouve happée par le monde des ombres. Elle y croise des plantes bizarres, des insectes taquins, des cuisiniers cruels et d’autres personnages qui ne le sont pas moins. Elle se confronte surtout à une main géante qui littéralement lui dérobe son joli minois pour le remplacer par une tête de chien. Et voilà notre belle transformée en bête aux mimiques certes attendrissantes, mais qui se voit rejetée par tous. Jusqu’à ce que l’amour la délivre, et qu’elle se réveille… dans son lit. Genève, Théâtre du Léman. Du 25 au 30 septembre. Billets: Ticketcorner et FNAC. www.opus-one.ch |









