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Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 23.05.2012 à 13:20 |
Elle fait bien la moue, Kristen Stewart. Aussi bien à l’écran que lors de ses apparitions télévisées, l’Américaine a ce petit rictus boudeur qui fait tout son charme. Pour certains, elle tire tout simplement la gueule, comme dernièrement sur le plateau de Canal+. Venue défendre avec Charlize Theron Blanche-Neige et le chasseur, elle donnait l’impression de s’ennuyer sec et de n’avoir guère envie de répondre aux quelques questions – convenues – qu’on lui adressait. Signe de mépris, attitude hautaine due à son statut de superstar? Pour ses fans, cela s’explique simplement par l’incroyable pression médiatique qu’elle subit au quotidien, et à laquelle s’ajoute un intérêt disons modéré pour l’exercice promotionnel qui, pour résumer, consiste à répéter, film après film, le même discours, genre «ce rôle est magnifique, le réalisateur était formidable et mes partenaires géniaux». Près de trente rôles. A Cannes, c’est une Kristen Stewart au faîte de sa jeune carrière qui a gravi les marches rouges du Palais des festivals. La demoiselle, qui vient juste de célébrer son 22e anniversaire, est en effet aujourd’hui l’une des actrices les mieux payées du monde. Attendue par les fans de Twilight – si elle est devenue aussi rapidement connue, c’est bien sûr parce qu’elle incarne dans la saga Bella, l’amoureuse transie d’Edward le vampire –, sa présence l’est aussi des professionnels et de la critique. Car le film qu’elle présente sur la Croisette est l’un des plus attendus de la compétition: Sur la route, adaptation par le Brésilien Walter Salles du mythique roman de Jack Kerouac. Un film que d’aucuns considèrent, avant même de l’avoir vu, comme un sérieux candidat à la Palme d’or. Si elle réussit son baptême cannois, Kristen Stewart pourrait enfin être acceptée comme une comédienne qui compte, et non plus uniquement considérée comme un phénomène passager. Reste que, en marge du succès planétaire de Twilight, sa filmographie est déjà riche de près de trente titres. Strip-teaseuse à la dérive. Même si cela tient du cliché, la native de Los Angeles a su très vite qu’elle ferait du cinéma. Papa étant producteur télé et maman conseillère en écriture, script advisor comme on dit à Hollywood, elle pensait par contre travailler derrière la caméra. Ne pas être le centre d’attention. C’était sans compter sur la vista d’un agent qui, alors qu’elle n’a que 8 ans, la remarque dans un spectacle de Noël. Quelques années plus tard, son destin était scellé: elle sera actrice. Après trois apparitions passées inaperçues, on la remarque en 2002 dans Panic Room, de David Fincher. Depuis, elle n’arrête pas de tourner. Ses rôles les plus marquants à ce jour, elle les doit à Sean Penn (Into the Wild, 2007) et Jake Scott (Welcome to the Rileys, 2010, un petit film indépendant dans lequel elle joue une stripteaseuse à la dérive recueille par James «Soprano» Gandolfini). Mais sa notoriété, elle la doit donc à Twilight. A partir du moment où les producteurs de la série annoncèrent qu’elle allait incarner Bella, son nom envahit la Toile, repris par les millions de jeunes lecteurs de ce qui n’était alors qu’une série de romans à succès. Fini le relatif anonymat, bonjour la gloire. Depuis, chacun de ses gestes, chacune de ses apparitions sont médiatisés à l’extrême. Encore plus depuis l’annonce de sa relation avec le ténébreux Robert Pattinson, son vampire de partenaire. Hasard des calendriers, ou ironie du sort, Pattinson est également à Cannes. Lui aussi avec un film en compétition et très attendu: Cosmopolis, de David Cronenberg. Il y est tellement impressionnant qu’il pourrait sans autre prétendre au prix d’interprétation. Sa belle, elle, n’est qu’un maillon de Sur la route, un film qui a mis huit ans à se faire. Mais dès le début, Walter Salles voulait Kristen Stewart. Entretemps, elle est devenue ce qu’elle est. Ce qui, en termes purement médiatiques, est une aubaine. D’autant plus qu’elle ne tarit pas d’éloges sur le film. Et au-delà du discours promotionnel qu’elle se doit de tenir, on la croit lorsqu’elle affirme que le tournage a été extrêmement intense, un vrai moment de partage et de camaraderie entre des comédiens investis d’une mission: faire souffler sur l’écran large l’esprit de la Beat Generation. |









