Politique monétaire
La BNS se prépare au pire
Par Cyril Jost - Mis en ligne le 05.10.2011 à 14:49
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La Banque nationale jouit d’un instant de répit, grâce à l’incroyable stabilité du cours du franc. Mais elle sait que tout peut basculer.
Quand un président de banque centrale s’exprime, ce n’est jamais anodin. Quand il s’agit de sa première intervention publique depuis l’arrimage de la monnaie nationale à une devise étrangère, c’est un moment très attendu. Quand Philipp Hildebrand et son numéro deux donnent des conférences publiques à seulement un jour d’intervalle, c’est un plan de communication.
C’est ainsi que, mercredi 28 septembre, Thomas Jordan est apparu devant un auditoire de 300 personnes à l’Université de Bâle pour un discours intitulé «La Banque nationale suisse at- elle besoin de fonds propres?» Dans un langage clair (le texte est un modèle de didactisme, disponible sur le site de la BNS), le vice-président de l’institution a rappelé qu’une banque centrale n’est pas une banque ordinaire.
Qu’elle peut faire des pertes importantes sans que sa stabilité en souffre. Que son capital peut fondre – conséquence possible de sa politique d’achats massifs de devises – sans que cela mette en péril son existence. Car une banque centrale peut battre monnaie à tout moment. Voilà pour la théorie.
Entre les lignes, il fallait lire ceci. Personne ne sait pour l’instant combien de milliards d’euros la BNS a achetés pour maintenir le cours plancher de 1 fr. 20, annoncé le 6 septembre. Surtout, personne ne sait combien il faudra débourser ces prochains mois pour maintenir ce cap.
Si la bataille de l’institut d’émission contre les opérateurs du marché se prolonge, les pertes pourraient se chiffrer en dizaines – ou en centaines – de milliards. Au gré des publications trimestrielles des résultats de la banque, ces chiffres donneront le vertige. Le monde politique agitera des bras.
On accusera les «faux-monnayeurs» de la BNS, quolibet dont la Weltwoche a déjà affublé Philipp Hildebrand par le passé. Le message de Thomas Jordan dans ce contexte est le suivant: «Gardez votre calme, braves Suisses. Et laissez-nous faire.»
Hildebrand en rock star. Mais le didactisme ne suffira pas. Le jeudi 29 septembre, Philipp Hildebrand himself s’est présenté devant une salle archicomble à l’Institut national genevois. La conférence – comme celle de la veille – était programmée depuis longtemps, mais la complémentarité du message ne pouvait pas passer inaperçue.
Thomas Jordan explique, Philipp Hildebrand convainc. Célébré comme une rock star par ses anciens collègues de la place financière genevoise, il a martelé son message: «La BNS défendra son taux plancher à tout prix. (...) Nous mettons notre réputation sur la table.»
Un discours musclé, qui suppose aussi une certaine dose de schizophrénie. Car la BNS doit se préparer au pire – l’éventualité qu’elle doive faire tourner sa planche à billets sans fin pour défendre le cours de 1,20 – tout en n’évoquant jamais publiquement la conséquence probable de ses actes: une flambée inflationniste à long terme. Et Philipp Hildebrand sait montrer les crocs.
Ainsi, à un ancien collègue de l’Union bancaire privée qui intervenait en fin de conférence pour saluer la politique «pragmatique» de la BNS (sous-entendu: la BNS s’éloigne de la ligne dogmatique qui consiste à contenir l’inflation), le président a coupé la parole net. «Votre prémisse est complètement fausse. S’il faut se souvenir d’une chose ce soir, c’est qu’il n’y a aucun risque d’inflation.» C’est une déclaration osée. Le président de la BNS l’a prononcée le 29 septembre 2011. Nous en prenons bonne note.
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Tags: BNS, Banque nationale Suisse, politique monétaire,
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| Réaction de Jean-francois Morf le 11.10.2011 à 10:23 | | La BNS n'a jamais prétendu pouvoir empêcher l'EUR de chuter... La BNS n'a jamais prétendu pouvoir empêcher l'EUR de chuter (momentanément) par rapport au $ et au Yen, elle veut juste empêcher les spéculateurs (genre Soros) de faire monter le CHF au dessus de 0,8333 EUR, quitte à créer (momentanément) des trillions de CHF. Les spéculateurs, voyant qu'ils n'arrivent plus à faire monter le CHF au dessus de 0,8333 EUR, revendent leurs billions de CHF pour passer à une autre spéculation sur une autre monnaie. Manque de pot, la BNS leur rachète leurs billions de CHF pour moins cher que 0,8333 EUR! La BNS fait alors un bénéfice bienvenu, et l'UBS perd 2,5 Milliards pour avoir parié, contre la volonté de la BNS, sur la hausse du CHF (avec les 60 milliards qu'elle avait reçu de la BNS, l'UBS essayait, par tous les moyens, de faire crever l'industrie Suisse exportatrice!). Faire baisser sa monnaie peut dégager des bénéfices. Par contre, quand la Banque d'Angleterre a voulu faire monter sa monnaie pour faire crever l'industrie Anglaise, elle a perdu 1 Milliard contre Soros, car faire monter sa monnaie peut provoquer des pertes! Malheureusement, la BNS n'a pas annoncé vouloir empêcher le CHF de monter au dessus de 0,8333 EUR, mais elle a annoncé vouloir empêcher l'EUR de chuter au dessous de 1,2 CHF, ce qui revient au même, mais peut donner l'impression que la BNS est folle... Googlez en images: global narrow money supply, et cliquez sur les 2 gateaux en couleurs: L'EUR est la monnaie dominante mondiale, elle a même surpassé le USD, le JPY, le CNY, et toutes les autres monnaies! Ce qui ne plait pas aux Américains, qui calomnient l'Europe pour se venger, et ça marche! Mais l'EUR ne va pas descendre aux enfers... | |  |
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| Réaction de Fafnir le 11.10.2011 à 02:03 | J'espère qu'un jour une page de l'Hebdo contiendra des hyperliens... J'espère qu'un jour une page de l'Hebdo contiendra des hyperliens car par exemple dans cet article pouvoir lire ou écouter le discours pour la BNS sans avoir à chercher (sans d'ailleurs trouver).
On a déjà dit qu'il est pour le moins paradoxal qu'un petit pays, même si c'est un géant dans la finance, ne garantisse un ensemble politique beaucoup plus puissant (même si mal géré). | | |
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| Réaction de Jean-Francois Morf le 10.10.2011 à 10:34 | | MONETARISTS ARE LIARS!
Did the quadrillion $ liquidity's that... MONETARISTS ARE LIARS! Did the quadrillion $ liquidity's that Wall street created from nothing create hyper-inflation? NO! (Google: quadrillion $ derivatives) Did the 100 trillions JPY cash that the bank of Japan created from nothing create hyper-inflation? NO! (Google in pictures: global narrow money supply) Did the trillion $ cash the FED created from nothing in 2008 create hyper-inflation in 2011? NO! Did 20 years of falling financial costs to 0% in Japan create hyper-inflation? NO! The only pragmatic way to create hyper-inflation was to inflate financial costs to 21%, as Paul Adolph Volcker did 1981, pretending it would reduce consumer price index, but, of course, the contrary happened! (Supermarkets has financial costs that customers must pay) You see that all monetarists dogmas are false!
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| Réaction de dup le 07.10.2011 à 09:26 | arimer notre monnaie au Titanic ,tu parles d'un fin stratège... arimer notre monnaie au Titanic ,tu parles d'un fin stratège .... Ce n'est pas le Franc qui est fort ,c'est l'euro qui agonise. La manoeuvre est criminielle . Elle évitera rien du tout mais nous précipite dans le vide
http://www.youtube.com/watch?v=_dk-B6h89s0&feature=player_embedded
Philipp Hildebrand convainc. Célébré comme une rock star . Je préfère le voir avec une guitare entre les mains que les manettes de notre monnaie
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