La chronique de Chantal Tauxe. L'aura de Mme la Maire ou de M. le syndic
Ils ont jugé que leur nouvelle maire devait d’abord s’occuper d’eux.
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Quelles sont les qualités d’un bon ou d’une bonne président(e) de ville? L’élection de Corine Mauch à Zurich le week-end dernier jette un éclairage piquant sur les discussions lausannoises, dans lesquelles l’après-Brélaz fait débat, quand bien même le principal intéressé a remis aux calendes grecques – 2013 ou 2016 – son départ. Premier enseignement, la socialiste a supplanté une candidate radicale déjà membre de l’exécutif, alors qu’elle-même ne l’était pas. Corine Mauch siège depuis dix ans au législatif, ce qui augure une connaissance fine des dossiers. Gérer une administration n’est pas un don inné, mais manifestement ses électeurs ont estimé que ses expériences professionnelles l’ont préparée à relever le défi.
C’est une deuxième leçon, une parfaite inconnue, en dehors du sérail, peut être placée par la magie d’une campagne électorale réussie à la tête de la plus grande ville de Suisse. Maire d’une cité, un job de dirigeant comme un autre? La perspective est séduisante.
Troisième point révélateur, alors qu’Elmar Ledergerber était une figure d’envergure nationale (il avait été parlementaire fédéral avant de s’installer à la mairie), Corine Mauch n’a pas de connexion en dehors de sa région d’origine. On fait beaucoup grief aux postulants pour l’après-Brélaz de ne pas être sortis de leur canton, les habitants le long de la Limmat ont jugé que leur nouvelle maire devait d’abord s’occuper d’eux. Pour l’image et l’aura, on verra plus tard comment Corine Mauch s’insère dans le réseau des villes suisses et si elle a à cœur d’y jouer le même rôle moteur que son prédécesseur.
La compétition pour l’implantation d’entreprises ou d’institutions culturelles oblige depuis plus d’une décennie les villes à s’incarner dans de grandes figures visionnaires. Zurich rompt avec la tendance en s’offrant une page blanche. Une manière d’affirmer que le destin d’une ville ne tient pas au génie d’une seule personnalité mais à des volontés collectives et partagées. Une belle leçon à méditer pour les états-majors des partis lausannois prêts à s’épuiser dans la recherche d’un homme ou d’une femme providentiel(le), en occultant que le désordre actuel du conseil communal est bien plus contre-productif que l’absence d’un ou d’une dauphin(e).
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