La chronique de Geneviève Brunet. Chiffres et valeurs
Deux échelles de valeurs s'affrontent.
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Le débat sur le 2e pilier va gagner en importance ces prochains mois, au fil des bulletins de santé de caisses de pension contraintes de mettre en œuvre des mesures d’assainissement. Derrière les chiffres, deux échelles de valeurs s’affrontent. La première veut préserver les acquis de ceux qui ne bénéficieront que des rentes AVS et LPP et ont peu de chances d’aller au bout de l’espérance de vie statistique de leur génération, pour cause de vie trop usante. Quitte, au nom de la solidarité, à inciter indirectement les institutions de prévoyance à moins rémunérer la cagnotte des salariés les mieux lotis ou à convertir moins généreusement leur avoir de vieillesse en rente. La seconde approche privilégie le concept de tirelire individualisée dans le deuxième pilier. Quitte à fermer les yeux sur les coupes programmées dans les budgets des futurs retraités modestes. Peu loquaces, les employeurs défendent habilement leurs intérêts. Les caisses de pension ayant choisi d’abaisser la rémunération des avoirs de vieillesse – remède volontiers présenté comme quasi indolore – plutôt que de prélever des cotisations exceptionnelles paritaires ont, de fait, ramené à zéro, voire en deçà, l’intérêt servi sur la partie surobligatoire de la prévoyance professionnelle des assurés. Sans piocher un seul sou dans la trésorerie de leur entreprise. | |
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