La chronique de Geneviève Brunet. L’enjeu franc
Message reçu
cinq
sur cinq.
La BNS l’avait annoncé clairement en ramenant à 0,25% son objectif pour le Libor 3 mois: pas question de laisser le franc s’apprécier alors que les carnets de commandes des exportateurs peinent à se remplir et que la déflation menace. Un risque d’«inflation négative» pour les trois prochaines années n’est pas à prendre à la légère… La Banque nationale s’est donc donné les moyens d’atteindre son but: elle n’a pas hésité à vendre du franc et à le claironner. Sous d’autres latitudes, cela s’appellerait de la dévaluation compétitive. Ici, il s’agit de convaincre les investisseurs en quête de havre sûr que, pour l’instant, le franc n’est pas candidat au rôle. Message reçu cinq sur cinq: du 1er janvier à fin mars, les gains de change sur les réserves ont apporté 1,28 milliard de francs. Si la tendance se confirme, la hausse de l’inflation importée éloignera le spectre de la baisse des prix. Il sera toujours temps de convaincre plus tard que le franc est à nouveau candidat au rang de devise forte; un statut essentiel pour le futur de la place financière suisse. Ce ne devrait pas être trop difficile avec un stock d’or dont la valeur a gagné 4 milliards de francs au 1er trimestre… Mais pour l’instant, banquiers centraux et patrons de banques ont mieux à faire pour défendre la place financière. A court terme, l’enjeu franc est devenu un élément central de la lutte contre la déflation.
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