Ras-le-bol de cette société qui, assoiffée d’or noir pour satisfaire sa frénétique gesticulation, assassine sa propre mère, la mer. Ras-le-bol de ces chasseurs de primes, banquiers, vedettes du showbiz ou du sport qui se croient indispensables au monde, alors que des indispensables comme eux, il y en a plein les cimetières. Me résigner? Surtout pas. Répondre à la violence par la violence? Encore moins. Car, comme le suggère ce poème de l’Inde ancienne, L’arbre assailli d’un noir tourbillon de cailloux Se venge en répondant par une douce pluie De belles fleurs, de purs parfums, d’excellents fruits; La coquille des mers quand le plongeur la tue, Lui répond en mettant des perles dans sa main; Le rocher que le pic du mineur frappe et brise, L’enrichit de rubis et l’orne de saphirs; Le minerai que fond le feu de la coupelle, Pleure, et des gouttes d’or restent quand il n’est plus; L’homme seul, ô Seigneur!… mais ô douce Sagesse, Celui qui t’aime a beau se sentir détesté: En vain, la haine attaque et déchire sa vie; Jusque dans le supplice, il ne cesse d’aimer; Il bénit jusqu’au bras sanglant qui le torture, Et meurt d’amour, pareil à l’arbre de Santal Qui parfume en tombant le fer de la cognée.
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