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PROFIL
Yves Serra 1953 Naissance à Perpignan. 1992 Directeur de Charmilles Techno-logies Japon, à Tokyo. 1998 Directeur de Charmilles Techno-logies SA, à Genève. 2003 Directeur de GF Piping Systems. 2008 Président de la direction générale de Georg Fischer. |
Avec un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de francs, le groupe schaffhousois Georg Fischer fondé en 1802 demeure l’un des piliers de l’industrie suisse. Ses trois secteurs d’activité GF Automotive (automobile), GF Piping Systems (tuyauterie) et GF AgieCharmilles (machines-outils) emploient 13000 collaborateurs dans le monde. Alors que la récession s’installe, Yves Serra, CEO du groupe depuis le 20 mars 2008, devra prendre des décisions stratégiques difficiles pour l’avenir de la société.
Comment le groupe Georg Fischer fait-il face à la récession? La crise financière s’est très vite étendue à l’économie et notamment aux secteurs de la machine-outil et de l’automobile. Dans ces circonstances, pour l’ensemble du groupe Georg Fischer, le dernier trimestre de cette année sera bien inférieur aux attentes du marché comme cela a été communiqué le 24 novembre. Concernant 2009, la visibilité est tellement faible que nous nous gardons bien de faire la moindre prévision.
Cette absence de visibilité est-elle une première? En 1992-1993 et en 2002-2003, le secteur de la machine-outil a déjà fait face à une crise économique.
Faites-vous les frais d’un manque de soutien des banques? Directement, non. Mais certains de nos clients, sans aucun doute.
Quel est l’état de vos entrées de commandes? Dans toute la chaîne de l’industrie automobile, chez les constructeurs comme chez les concessionnaires, l’heure est à la réduction des stocks et donc de la production. Dès lors, nos entrées de commandes – il s’agit de pièces de fonderie, notre spécialité – se sont sensiblement réduites.
Quelles sont les unités les plus affectées? Nous sommes principalement présents en Allemagne où quelque 3000 personnes travaillent dans le secteur automobile. En novembre et en décembre, nos livraisons à nos clients allemands ont décliné de 40 à 50%. Nous avons donc pris des mesures de chômage partiel dans certaines unités. Nous réduisons le personnel temporaire ainsi que les comptes de vacances et des heures supplémentaires. Et si cela s’avère nécessaire, nous prendrons d’autres mesures.
De quelle nature? Une réduction dans nos capacités de production est envisageable.
Vos autres activités sont-elles également touchées? Les systèmes de tuyauterie pour l’acheminement de l’eau et du gaz sont pour l’instant moins touchés par la crise. Les besoins en eau potable dans le monde demeurent très importants. Même dans les pays industrialisés, les fuites de canalisations nécessitent d’importantes interventions. Malgré la crise, nos ventes augmentent au Moyen-Orient, en Chine, en Inde, en Russie et aussi aux Etats-Unis.
Et le secteur de la machine-outil? Certains clients sursoient à leurs investissements bien que leurs carnets de commandes soient pleins. Ils sont pris dans une spirale psychologique de crainte. Dès octobre, la situation des commandes s’est donc fortement dégradée. En Suisse, nous fabriquons des machines à électro-érosion et des machines à fraiser à haute vitesse. Nous allons spécialiser nos sites de production à Meyrin, à Nidau/Bienne et à Losone afin d’éviter les redondances dans notre palette de produits. Nous allons également simplifier notre organisation de vente à l’étranger.
Sur le millier de collaborateurs en Suisse, des suppressions d’emplois sont-elles programmées? Nous étudions toutes les mesures possibles et nécessaires. Aucune décision ne sera prise avant le début 2009.
Si le secteur automobile qui représente 44% du chiffre d’affaires bat de l’aile, est-il possible de le réduire? Notre stratégie depuis déjà plusieurs années vise précisément à équilibrer nos trois activités: développer davantage le secteur des systèmes de tuyauterie et donc dépendre relativement moins de ceux de l’automobile et de la machine-outil.
Vos investissements sont-ils revus à la baisse? Nous avons suspendu les investissements qui ne sont pas strictement nécessaires à l’amélioration des performances de nos usines. Nous avons par exemple remis à plus tard la construction d’un nouveau bâtiment pour la recherche et le développement à Schaffhouse.
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