Il est né il y a 150 ans. L’an prochain sera l’anniversaire des 100 ans de sa mort. Double anniversaire, doubles célébrations qui nous valent de pouvoir appréhender sous divers angles la personnalité haute en passion et en couleur du compositeur viennois.
Longtemps boudé par les pays francophones qui décelaient dans sa musique trop d’ironie, de doutes, de nostalgie et un mélange dérangeant de sublime et de populaire, étiqueté «vulgaire», il y trouve enfin sa place et, sans aucun doute, un public.
Durant sa vie fulgurante et visionnaire, Gustav Mahler n’a cessé de provoquer débats houleux et sentiments exacerbés. Rejet et fascination. Tout comme le jeune Schoenberg, il bataillait ferme entre tradition et modernité, heurtant d’une audace farouche les limites de la bienséance postromantique.
A la fois citadin et homme de la nature, il malaxait les racines musicales savantes et populaires jusqu’à plus soif, accroché aux thèmes mélodiques de la vie et convaincu de pouvoir leur faire dire d’autres choses. Cet art du grand écart, riche de volte-face, a longtemps perturbé les tenants de la musique du XIXe tout en inspirant une certaine méfiance aux pionniers de la nouvelle musique.
Aujourd’hui, incontestablement, il correspond profondément à l’esprit du temps, au besoin de concilier ce qui semblait inconciliable: musiques de la rue, des bals, de la quête spirituelle, de l’attachement à la terre. Sons du monde réel et aspiration à l’au-delà, fascination devant la vie, fascination devant la mort.
Jeunesse à maturité. Les Journées Mahler 2010 croquent le compositeur en période de jeunesse. Les Journées 2011 exploreront l’âge de la maturité. Par le biais de conférences, de cours dans les cadres universi-taires et EPFL, de récitals, de concerts, de projections à la Cinémathèque.
Sous le regard, les mots ou l’écoute de passionnés comme la cantatrice Christa Ludwig ou l’écrivain Henry-Louis de La Grange, spécialiste mondialement connu de Mahler. Et grâce à des orchestres comme l’OSR, le Sinfonietta, des orchestres d’étudiants! Mahler pour tous les publics, pour tous les âges. Parce que sa modernité et son intelligence expressive et sonore méritent résolument d’être parmi nous.
Lancement des Journées Mahler. Conférence du Pr de La Grange sur les «Paradoxes de Mahler» et vernissage d’une exposition. Lausanne. HeMU (anciennement Conservatoire). Me 6, 18 h 30.
Master class publique autour des Wundernhorn-Leder donnée par Christa Ludwig. Lausanne. HeMU, du 7 au 9. Métropole. Di 10, 14 h.
Concert du Sinfonietta: 1e Symphonie et Wunderhhorn-Lieder avec des solistes choisis par Christa Ludwig. Métropole. Lu 11, 20 h.
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