Votations
La droite tétanisée par 2011
BLOCAGE. La droite a essuyé une cinglante défaite sur le deuxième pilier. Peu encline à tirer les leçons de ce scrutin, obsédée par l’élection de 2011, elle perdra aussi sur l’AVS et l’assurance chômage.
C’était la fête, en ce dimanche 7 mars, au fief du syndicat Unia à Berne. Même les plus optimistes des leaders syndicaux et du Parti socialiste n’avaient pas osé rêver d’un triomphe aussi éclatant: 73% des Suisses ont rejeté la baisse des rentes de la prévoyance professionnelle en 2016. Dans le camp des perdants: le Conseil fédéral et la droite du Parlement qui n’ont pas perçu la colère du peuple à l’égard des excès des banquiers et des assureurs. Mais aussi une culture politique suisse en crise.
Hier, le deuxième pilier. Demain, l’AVS et l’assurance chômage. Ces trois dossiers brûlants se trouvent dans la même impasse. Rarement le Parlement a donné un tel sentiment d’impuissance à l’heure d’assainir des assurances sociales dont les déficits se creusent de plus en plus. La droite réclame de vraies réformes, tandis que la gauche bloque toute baisse des prestations.
La faute à qui? Aucun parti n’esquisse ne serait-ce qu’un semblant d’autocritique. Et le déni de réalité n’est pas loin. Lorsqu’ on leur demande comment ils ont pu être si déphasés par rapport à leur électorat, et comment ils comptent regagner sa réforconfiance, les parlementaires bourgeois esquivent la question, pressés de désigner les raisons du blocage: la polarisation de la politique.
Un écartèlement entre deux pôles inconciliables dont personne, bien sûr, ne veut endosser la responsabilité... Le président du PDC Christophe Darbellay renvoie socialistes et UDC dos à dos: «Ces deux partis n’ont rien à s’envier en matière de dogmatisme. Ils ne montrent aucune volonté de trouver des solutions.»
A droite, l’UDC et le Parti libéral-radical (PLR) invoquent leur souci d’une politique financière saine. «Certaines assurances sociales sont au bord du gouffre. Nous n’avons plus de marge de manœuvre pour faire des compromis dans les réformes», se justifie Charles Favre (PLR/VD). «La gauche a encore trop de tabous, comme celui de l’âge de la retraite à 65 ans», ajoute Jean-Pierre Graber (UDC/BE).
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