La faute de Darbellay
Financement des partis. Le PDC renonce à un don pour lequel il avait lourdement insisté auprès de l'UBS.
FINANCEMENT DES PARTIS.Le PDC renonce à un don pour lequel il avait lourdement insisté auprès de l'UBS.Révélée par L'Hebdo le 20 mai dernier, l'information selon laquelle le PDC toucherait encore un don de l'UBS en 2009 a fait grand bruit. Dans le débat sur de nouvelles règles de rémunération pour la place financière, le conseiller aux Etats Ernst Leuenberger (PS/SO) a dénoncé cette tentative d'influer sur une décision politique. Il a déclenché une tempête médiatique qui a incité le PDC à renoncer à ce don, le week-end dernier. «Toute discussion rationnelle était devenue impossible, la gauche a tellement instrumentalisé le sujet qu'il fallait tirer la prise, déplore le président du PDC, Christophe Darbellay. Mais notre parti n'ajamais touché ce don. Aucun de nos conseillers aux Etats n'était au courant d'une promesse de l'UBS faite avant la crise.» Sur ce dossier, Christophe Darbellay a commis une faute politique. Et il ne dit pas toute la vérité. Selon les informations de L'Hebdo, c'est lui-même qui a rencontré le nouveau CEO de l'UBS, Oswald Grübel, voici deux mois. Et c'est encore lui qui a insisté pour que les promesses faites sous l'ancienne direction del'UBS soient tenues. «Une démarche immorale», accusent les socialistes. Les libéraux-radicaux ont pour leur part renoncé à tout don dès 2009. Discrétion. Pour dissiper le malaise ambiant, Christophe Darbellay propose désormais de créer une fondation permettant à l'économie de jouer le jeu de la démocratie et du parlement de milice. La somme récoltée en toute transparence serait répartie selon la force des partis. Les autres attendent de voir: le PS estime que le maintien de l'indépendance des partis est un problème de la droite uniquement. Secrétaire général du PLR, Stefan Brupbacher reste aussi prudent. «La discrétion est et restera un élément central de notre culture politique.» MICHEL GUILLAUME
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