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Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 12.09.2012 à 14:28 |
On dit parfois que les journalistes cinématographiques sont incapables de ressentir une quelconque émotion. Faux. Car il y a certains films face auxquels il est impossible de ne pas rire, trembler ou pleurer. Quelques heures de printemps est de ceux-ci, catégorie lacrymale. Lors de sa projection de presse au dernier Festival de Locarno, le cinquième long métrage de Stéphane Brizé a ainsi bouleversé plus d’un critique. Ce qui ravit son auteur, pour qui les émotions sont primordiales. Scénario anxiogène. Tout en scrutant le ciel à quelques heures d’une séance sur la Piazza Grande qui sera en effet pertur-bée par la pluie, Stéphane Brizé explique: «Lorsque j’arrive au montage, j’ai toujours entre quarante-cinq minutes et une heure d’images en plus. Il s’agit alors de bien choisir ce que je vais supprimer afin que le film trouve sa justesse. La vérité de l’écriture, qui a été améliorée par la vérité du tournage, est alors enrichie par la vérité du montage. Et ce qui compte, c’est de pousser les spectateurs à avoir une expérience émotionnelle. J’espère ainsi que Quelques heures de printemps sera précédé de sa force émotionnelle plutôt que de son résumé. Car on ne dit rien de lui si on le résume à quelques traits de scénario saillants, d’autant plus que ce scénario est très anxiogène.» L’histoire, parlons-en néanmoins. A 48 ans, ayant tout perdu suite à un séjour en prison, Alain se voit contraint de retourner vivre chez sa mère, Yvette. Or ces deux-là ne se sont jamais véritablement entendus. Alain découvre alors, choqué, qu’Yvette est malade et a choisi, plutôt que de lutter, d’aller mourir en Suisse. Stéphane Brizé a eu l’idée de ce film après la découverte du documentaire Le choix de Jean, dont la diffusion avait lancé le débat sur le suicide assisté. Il a d’abord imaginé le personnage d’Yvette, mais très vite, pour des questions de dramaturgie et d’identification, a écrit celui du fils – «parce que, paradoxalement, j’avais envie de faire un film sur l’amour et l’espoir, un film qui utiliserait l’outil de la mort décidée comme une proposition de vie». Face à la mort, Alain et sa mère vont être obligés de se confronter s’ils ne veulent pas rater leur histoire jusqu’au bout. Quelques heures de printemps est finalement moins un film sur le suicide assisté qu’un drame familial bouleversant, porté par un duo d’acteurs magnifique – Vincent Lindon et Hélène Vincent – et une mise en scène sobre et élégante, constamment au service du récit. De Stéphane Brizé. Avec Vincent Lindon, Hélène Vincent et Emmanuelle Seigner. France, 1 h 28. Sortie le 19 septembre.
Bienne fête le cinéma françaisC’est à Bienne que l’on a découvert Stéphane Brizé, lorsque, en 2005, il était venu présenter son deuxième long métrage – Je ne suis pas là pour être aimé – à l’enseigne de la première édition du Festival du film français d’Helvétie (FFFH). Une manifestation qui propose à un public bilingue (films en V.O., sous-titres allemands) les grands films français et romands du moment, ainsi que de nombreuses avant-premières. Parrainé cette année par Jean-Paul Rouve, le FFFH accueille Stéphane Brizé pour la troisième fois, mais aussi Joachim Lafosse, Olivier Assayas ou encore Christian Vincent. Festival du film français d’Helvétie, Bienne. Jusqu’au 16 septembre. www.fffh.ch |









