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PARADEPLATZ Le centre symbolique d'une place financière en pleine mutation.
Photo tirée de la série "BANK ON US" de Mark Henley

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Banques suisses
La fin des années casino

Par Cyril Jost - Mis en ligne le 17.11.2011 à 11:14

Redimensionnements chez UBS et Credit Suisse, nouvelle stratégie de «l’argent propre» pour les établissements actifs dans la gestion de fortune transfrontalière… Les banques suisses prennent en main leur destin et misent sur le long terme. Mais quel sera le prix de cette transformation? Le secteur financier va-t-il rétrécir? Enquête.

Il fallait oser. Le lundi 12 septembre, l’Association suisse des banquiers (ASB) convoquait la presse dans les salons feutrés d’un petit hôtel de luxe zurichois pour présenter les résultats réjouissants d’une étude sur le secteur financier. «La place bancaire a en principe de bonnes perspectives d’avenir»… «Dans tous les domaines, on peut tabler sur une croissance en volume»… «Les revenus des banques pourraient augmenter de 17% en cinq ans»….

Aurait-on raté un épisode? Affaire Credit Suisse aux Etats-Unis, opérations illégales d’un courtier d’UBS à Londres, redimensionnement de la division banque d’affaires au sein des deux établissements… Depuis le début de l’année, les mauvaises nouvelles pleuvent dans le secteur de la finance.

Sans parler des suppressions d’emplois: UBS et Credit Suisse (3500 postes chacun, dont plusieurs centaines en Suisse), UBP (200 à 300 postes à Genève), Julius Bär (150 postes). Publié début novembre, l’indicateur bancaire trimestriel du Centre de recherches conjoncturelles KOF affichait une tendance négative pour la première fois depuis deux ans.

Genève Place Financière, dans son enquête conjoncturelle annuelle, constate que les trois quarts des banques avec plus de 200 collaborateurs à Genève prévoient des réductions d’effectifs en 2012.

Crise morale. A long terme, la plus grande incertitude plane sur l’avenir de la banque en Suisse. Combien de milliards quitteront le pays lorsqu’il s’agira de régulariser les fonds non déclarés, en vertu de la nouvelle stratégie de «l’argent propre»? La folle spéculation dans le domaine de la banque d’investissement et les bonus éhontés des managers, est-ce vraiment fini?

Le secteur financier, qui a crû deux fois plus vite que le reste de l’économie ces trente dernières années, pourrait-il perdre en importance? Et comment cette profession, qui se dit aujourd’hui en voie de «remoralisation», pourrat- elle continuer à attirer les jeunes diplômés des universités, après toutes les frasques de ces dernières années? En réalité, personne ne sait de quoi demain sera fait. L’Hebdo a parlé avec une vingtaine de personnalités haut placées au sein des banques, des institutions financières, de l’administration fédérale et du monde académique pour tenter d’avoir une vision d’ensemble des défis qui attendent le secteur.

De nombreux interlocuteurs ont souhaité rester anonymes, invoquant la période particulièrement délicate que traverse le secteur. Toutes les attentes semblent suspendues à la mise en œuvre rapide des accords «Rubik», considérés comme un moindre mal qui devrait permettre d’enterrer un passé encombrant.

La plupart des interlocuteurs questionnent également les perversions d’un système qui a permis à quelques managers dans le domaine de la banque d’investissement de s’enrichir lors des années fastes, sans avoir à payer les conséquences lorsque les résultats de leurs établissements ont chuté. La réduction actuelle de la division banque d’investissement chez UBS et Credit Suisse semble montrer une prise de conscience. Reste à connaître les conséquences à long terme pour la place financière suisse.

01 "Rubik", bon pour les banques?

Les banquiers n'aiment pas qu'on le leur rappelle, mais en février 2009, l’un des leurs, l’ancien président de Genève Place Financière Ivan Pictet, avait estimé dans une interview au Temps que «sans la distinction [entre fraude et évasion fiscales], le secteur financier, au lieu de représenter environ 12% du PIB, n’en représenterait alors peut-être que 6 à 7%».

Une déclaration-choc qui confirmait ce que peu de gens avaient osé avouer publiquement par le passé: qu’une grande partie des fortunes gérées en Suisse étaient non déclarées. Quelques chiffres avaient déjà circulé: la Deutsche Bank mentionnait 70% d’avoirs non déclarés parmi ceux détenus par des étrangers en Suisse; le courtier Helvea avait fait des estimations similaires. Mais aucun chiffre officiel, bien sûr, n’a jamais émané de l’ASB.

En moins de trois ans, les choses ont changé de façon spectaculaire. Sous l’impulsion de Patrick Odier, président de l’ASB depuis septembre 2009, les banques ont choisi la voie pragmatique: renoncer aux avoirs non déclarés et conclure rapidement des accords visant à régulariser le passé. L’accord Rubik prévoit – par exemple dans le cas de l’Allemagne qui l’a déjà signé mais pas encore ratifié – le prélèvement d’un impôt libératoire à la source de 25% sur la fortune auparavant dissimulée.

De quoi provoquer une fuite massive des fonds en dehors de la Suisse, comme le prédisait Ivan Pictet? Ce n’est pas ce que pense aujourd’hui l’ASB. «Nous perdrons peut-être quelques capitaux, en particulier dans le cadre de la régularisation des avoirs, mais ce n’est pas un changement de modèle d’affaires, affirme Patrick Odier. Les clients sont surtout reconnaissants qu’on leur offre une solution pour se régulariser.»

Ce discours optimiste, on le retrouve chez tous ceux qui ont œuvré pour imposer Rubik auprès des banquiers. A commencer par la conseillère fédérale en charge des Finances, Eveline Widmer-Schlumpf, qui commente le fléchissement récent du poids du secteur financier au sein du PIB: «La baisse (entre 2007 et 2010, ndlr) a eu lieu alors que les banques pouvaient encore gérer de l’argent non déclaré. Avec la stratégie de l’argent propre, je suis convaincue que l’on peut retourner dans l’autre direction.»

«JE SUIS CONVAINCUE QUE LE SECTEUR FINANCIER PEUT CONTINUER À CROÎTRE.»
Eveline Widmer-Schlumpf, conseillère fédérale en charge des Finances

Alfredo Gysi, CEO de BSI (précédemment Banque de la Suisse italienne) et initiateur du projet Rubik, se réfère à l’expérience faite lors de l’amnistie fiscale italienne en 2009: «Je m’attends à des pertes surtout dans le segment des petits dépôts, qui rentreront dans leurs pays. En revanche, les grandes fortunes resteront en Suisse.»

Rien n’est joué. Comment expliquer cette attente, alors que les banquiers suisses criaient haut et fort, il y a encore peu, qu’en cas de disparition du secret bancaire une personne fortunée pourrait facilement déplacer son argent dans un autre paradis fiscal, en utilisant par exemple le système anglosaxon du trust?

«Le monde a changé en très peu de temps, insiste Patrick Odier. Les standards de l’OCDE sont désormais applicables partout à l’échelle mondiale.» Pour Alfredo Gysi, «il y aura toujours moins d’alternatives car tout le monde sera sur un pied d’égalité». Quant au trust utilisé comme outil virtuel pour protéger son patrimoine, «ça ne marche plus».

Il reste toutefois beaucoup d’incertitudes. L’ASB, dans la documentation qui accompagne l’accord d’impôt libératoire Rubik entre la Suisse et l’Allemagne, estime qu’«il est difficile de faire des pronostics» concernant des futurs transferts d’avoirs vers l’étranger. En 2009, Helvea avait étudié l’impact probable de la mise en conformité de la Suisse avec les standards internationaux en matière de taxation des avoirs.

Le scénario optimiste prévoyait une perte de 10% des avoirs européens pour UBS et Credit Suisse et de 20% pour les plus petits établissements. Le scénario pessimiste, lui, prévoyait une réduction de 50% des fonds dans les grandes banques et de 75% chez les plus petites. «Je ne sais pas si Rubik est vraiment une bonne idée, dit Hans Geiger, professeur émérite au Swiss Banking Institute de l’Université de Zurich. Quand je parle avec des experts en fiscalité ou des juristes, j’entends beaucoup de doutes.» Officiellement, l’ensemble du milieu bancaire est derrière Rubik. Mais en privé, les interlocuteurs se montrent beaucoup plus circonspects.

A cela s’ajoute une autre inconnue majeure: rien n’indique que Rubik empêchera, à terme, l’Union européenne d’imposer à la Suisse l’échange automatique d’informations, considéré par les banquiers helvétiques comme la pire des atteintes au secret bancaire. Evoquer cette question est un tabou au sein de la profession. Mais vu de l’étranger Rubik ressemble, pour beaucoup, à un combat d’arrière-garde.

Ces derniers temps, le président français Nicolas Sarkozy, mais aussi le commissaire européen en charge de la Fiscalité Algirdas Semeta, se sont publiquement exprimés contre Rubik. Et l’accord avec Berlin, censé passer devant le Parlement allemand au début de l’année prochaine, devra peut-être être renégocié en raison de l’opposition des députés socio-démocrates.

02 Des banquiers moins riches

Au milieu d’un océan de mauvaises nouvelles, on relève souvent une évolution réjouissante: l’argent frais, pour l’instant, continue à affluer en Suisse. «Et ce ne sont pas des dépôts européens fuyant le fisc», souligne Nicolas Pictet. Vice-président de Genève Place Financière et président de l’Association des banquiers privés suisses, ce dernier affirme que les nouveaux clients viennent «pour la grande qualité des services offerts». A quoi s’ajoute, à l’heure où les finances publiques de nombreux pays sont mises à mal, la volonté de mettre ses économies dans un endroit sûr.

«NOUS PERDRONS PEUT-ÊTRE QUELQUES CAPITAUX, MAIS CE N’EST PAS UN CHANGEMENT DE MODÈLE D’AFFAIRES.»
Patrick Odier, président de l’Association suisse des banquiers

Mais l’apport net d’argent n’est pas tout. La vraie question est celle de la profitabilité, qui baisse dans la gestion de fortune. Dans un marché devenu plus compétitif, le client compare entre plusieurs banques. Les établissements doivent acquérir plus agressivement leur clientèle. Et les marges nettes fondent. «Elles vont revenir à des niveaux plus normaux, quelque chose comme 8 à 12%, estime Pierin Vincenz, directeur de Raiffeisen Suisse. Rien à voir avec les 25% que l’on a connus par le passé, un niveau complètement fou!»

La consolidation en 2012. Le respect de l’environnement légal de chaque pays demandera aussi des connaissances très pointues, impossibles à cumuler pour certaines petites banques. Celles-ci devront se spécialiser sur quelques grands marchés, ou fusionner avec d’autres établissements. «Certains établissements à Genève qui avaient 80% d’argent noir dans leurs coffres doivent revoir complètement leur modèle d’affaires», résume un observateur. La consolidation des banques en Suisse, annoncée depuis quelques années, doit encore avoir lieu.

«LES MARGES REVIENDRONT À 8 À 12%, AU LIEU DE 25%.»
Pierin Vincenz, directeur de Raiffeisen Suisse

C'est du côté des filiales de banques étrangères que l’on attendait ce mouvement. Pourquoi n’a-t-il pas eu lieu? «Le franc fort, vu de l’étranger, a l’effet paradoxal d’augmenter la valeur des unités en Suisse, affirme Alexandre Zeller, directeur général de HSBC Private Bank (Suisse). Et donc la Suisse reste attractive.» Selon Alfredo Gysi, «la consolidation commencera en 2012. Mais il faudra attendre la mise en place des accords avec nos principaux partenaires européens pour vraiment voir du mouvement. Pour l’instant, les prix qu’imaginent ceux qui achètent et ceux qui vendent sont beaucoup trop éloignés.»

Un autre facteur qui bride la rentabilité de leur activité, à en croire les banquiers suisses, est la réglementation imposée par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma). «C’est de l’excès de zèle, dit un directeur de banque. La Finma fait fausse route en pensant qu’elle peut empêcher la prochaine crise via la régulation.» Patrick Raaflaub, directeur de la Finma, réfute la critique: «Nous n’avons pas l’ambition d’éviter la prochaine crise, ni même de la prévoir. Mais nous devons nous assurer que les banques seront plus solides quand elle arrivera.»

UBS et Credit Suisse sont déjà engagées dans un processus de transformation dont les impulsions viennent à la fois du monde politique (renforcement des fonds propres) et des actionnaires (redimensionnement de la banque d’affaires). «L’ère des bonus mirobolants est révolue, constate un observateur. C’était une perversion du système, qui prévoyait d’importantes rémunérations pour les cadres quand les marchés montaient, mais sans contrepartie équivalente quand les marchés redescendaient. Ce marché de dupes, les actionnaires n’en veulent plus.»

Mais les réformes ne s’arrêteront pas là. De plus en plus de voix, même parmi les banquiers, s’élèvent pour exiger des mesures plus fermes. Hans Geiger, qui a été membre de la direction de Credit Suisse dans les années 90, est radical: «Etre à la fois un leader dans la gestion de fortune et la banque d’investissement, pour un grand groupe, c’est incompatible. Il y a trop de conflits d’intérêts et l’arbitrage se fait trop souvent en faveur de la banque d’investissement. C’était déjà une évidence pour moi lorsque j’étais au sein de la direction du Credit Suisse, mais je ne pouvais pas le dire publiquement.»

Une analyse similaire avait été faite par Philipp Hildebrand, président de la Banque nationale suisse (BNS), lors d’un discours en mai 2010 devant la Société économique de Zurich, lorsqu’il affirmait que la banque d’investissement internationale d’UBS et de Credit Suisse, et en particulier les opérations pour compte propre, n’a généré que des pertes pour notre pays.

A propos des prétendus avantages, pour la Suisse, d’avoir des «banques universelles» actives dans le monde entier, il avait alors affirmé que «sur la base d’une analyse minutieuse des données disponibles, on peut douter des synergies entre les affaires internationales et les affaires domestiques des grandes banques.»

«JE NE SAIS PAS SI RUBIK EST UNE BONNE IDÉE. J’ENTENDS BEAUCOUP DE DOUTES.»
Hans Geiger, professeur émérite à l’Université de Zurich et ancien directeur au Credit Suisse

Bisbilles entre banquiers. De plus en plus, ces grandes banques sont vues comme la source de tous les problèmes de la place financière suisse. Surtout du point de vue des autres établissements, comme les banquiers privés ou les banques cantonales. Le patron de la Raiffeisen, lui, s’est opposé à une participation à l’effort financier induit par les accords Rubik, sous prétexte que ce ne sont pas les banques de détail qui ont provoqué cette situation.

Même si l’effort financier demandé à la Raiffeisen est faible (car proportionnel au nombre de clients de la banque dans le pays en question), «c’est une question de principe», explique Pierin Vincenz. «La mise en œuvre de ces accords va déjà augmenter nos coûts considérablement. Alors ce n’est pas encore à nous de régler le passé.»

L’époque de l’entente fraternelle entre collègues de la place est révolue. «Il y a dix ans, au sein de l’ASB, c’était assez simple, résume un directeur de banque. Vis-à-vis de l’extérieur, le mot d’ordre était discrétion et défense du secret bancaire. A l’intérieur, l’harmonie régnait entre les établissements, qui se préoccupaient surtout de ne pas se faire trop de concurrence sur les taux hypothécaires. Aujourd’hui, les intérêts divergent, les modèles d’affaires changent.»

Et surtout: les banquiers n’en peuvent plus d’être associés à la figure d’un Marcel Ospel ou d’un Oswald Grübel, dont l’insensibilité politique, l’arrogance et le cynisme ont fini par déteindre sur toute l’image d’une profession. «C’est très difficile au quotidien, témoigne un cadre chez UBS. Nous étions en train de sortir la tête de l’eau, les choses allaient mieux depuis dix-huit mois, puis l’affaire du trader londonien est venue comme un coup de massue nous rappeler que ce n’était pas encore terminé.»

04 Qualité suisse, l'espoir ultime

Quelle vision d’avenir les banques suisses peuvent-elles se donner dans un contexte aussi incertain? Les uns ont l’espoir d’un nouveau départ: «Nous disposons déjà d’un service supérieur à la moyenne internationale, mais il y a de nouvelles opportunités à saisir, notamment dans l’asset management, l’infrastructure ou le marché des matières premières», insiste Patrick Odier. La gestion de fortune reste attrayante, même si elle est moins rentable, assure-t-on. 

Et les banques suisses attendent beaucoup de l’accès facilité au marché européen, négocié dans le cadre de chaque accord Rubik. «Cet accès est la condition sine qua non du maintien de la place financière suisse, souligne Nicolas Pictet. Il faut espérer que les autorités suisses en tiendront compte en négociant les détails de l’accord.»

«L’ACCÈS AU MARCHÉ EUROPÉEN EST LA CONDITION SINE QUA NON DU MAINTIEN DE LA PLACE FINANCIÈRE SUISSE.»
Nicolas Pictet, président de l’Association des banquiers privés suisses

A Genève, on compte également beaucoup sur le financement du négoce de matières premières, qui emploie environ un millier de personnes sur place. Pour l’ASB, il s’agit d’un des secteurs où des opportunités de croissance existent pour les banques suisses. «C’est une activité prometteuse, avec un sous-jacent utile et noble», souligne Alexandre Zeller. Mais le développement de nouvelles activités de ce type suffira-t-il à compenser l’impact de l’érosion des marges dans la gestion de fortune? La question reste ouverte.

Il existe aussi un scénario plus pessimiste: les accords Rubik pourraient ne pas se conclure aussi facilement qu’espéré. Pire, l’échange automatique d’informations pourrait finir par s’imposer. En parallèle, l’affaire des banques accusées d’être impliquées dans des affaires de fraude fiscale aux Etats-Unis n’est pas résolue. «La criminalisation du modèle d’affaires est le pire poison pour une banque active à l’étranger, résume Konrad Hummler, associé gérant chez Wegelin. Tant qu’il y a de l’incertitude juridique par rapport à l’environnement international dans lequel nous évoluons, nous ne pouvons pas croître.»

Le spectre évoqué par Ivan Pictet en 2009 – un rétrécissement important du poids du secteur financier dans le PIB – n’est peutêtre pas complètement irréaliste. Conscientes de ces risques, les banques prennent déjà leurs dispositions, misent sur des nouveaux marchés émergents. «Il faudra observer attentivement où les nouveaux postes de travail sont créés, relève un membre de l’administration fédérale. Si l’Asie offre toutes les opportunités de croissance, est-ce que cela signifie que les nouvelles places de travail seront toutes à Hong Kong et à Singapour? Pour les gens du secteur en Suisse, cela change tout.»

«LE FINANCEMENT DU NÉGOC E EST UNE ACTIVITÉ PROMETTEUSE AVEC UN SOUSJACENT UTILE ET NOBLE.»
Alexandre Zeller, directeur général de HSBC Private Bank (Suisse)

Evoquant les mutations actuelles au sein du secteur, Philipp Hildebrand parlait récemment devant un parterre de banquiers genevois d’un «changement de paradigme». L’ancien manager de hedge fund reconverti en banquier central paraît plutôt convaincant lorsqu’il insiste sur l’irréversibilité des tendances actuelles: cadre réglementaire plus strict, fin des années casino en ce qui concerne la banque d’affaires, nécessité d’un nouveau modèle d’affaires pour la gestion de fortune d’avoirs exclusivement déclarés.

Mais qu’en est-il des 125000 autres professionnels de la banque qui habitent ce pays? Sont-ils prêts à affronter les années difficiles qui s’annoncent? A bouleverser leurs schémas de pensée? Un haut fonctionnaire proche des banquiers résume la situation à sa manière: «Le changement en cours est rationnellement acquis. Mais pas encore tout à fait sur le plan émotionnel.» Tuer le mythe pour rebâtir à nouveau, voilà le défi ultime.


CONTRIBUTION AU PRODUIT INTERIEUR BRUT

Le secteur financier a crû deux fois plus vite

En trente ans, le secteur financier a connu une croissance exceptionnelle, passant de 5,5% du poids total du PIB suisse à 10,6%, avec une pointe en 2007 à 12,9%. Cela représente une croissance annuelle moyenne de 4,2%, alors que l’économie dans son ensemble n’a progressé que de 1,6% par an durant la même période. Si l’on exclut les assurances, le poids des banques seules était de 6,5% du PIB en 2010. Les deux grandes banques UBS et Credit Suisse représentent à elles seules la moitié de la contribution du secteur bancaire au PIB.

 


 

PLACE BANCAIRE SUISSE




UBS ET CREDIT SUISSE

Plombés par la banque d’investissement

Depuis la crise financière qui a débuté en 2007, la performance boursière des deux grandes banques suisses s’est fortement détériorée. The Economist a récemment démontré, en comparant l’évolution des actions UBS et Credit Suisse avec celle de Julius Bär (une banque suisse spécialisée uniquement dans la gestion de fortune), que la sous-performance des grandes banques est due principalement aux mauvais résultats du secteur banque d’investissement.


PLACES FINANCIERES

Un marché multipolaire

PricewaterhouseCoopers a demandé à un panel de décideurs* de dire quels sont, selon eux, les 5 centres financiers les plus attrayants dans le monde aujourd’hui, ainsi que l’évolution attendue ces deux prochaines années. Voici leurs réponses.

*Sondage auprès d’un panel de 275 décideurs dans le cadre d’une étude globale sur l’avenir de la gestion de fortune dans le monde («Anticipating a new age in wealth management, Global Private Banking and Wealth Management Survey 2011», PricewaterhouseCoopers, juin 2011).






Tags: Banques suisses, banque, UBS, Credit Suisse, argent,

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Réaction de JuanPablo
le 18.11.2011 à 18:34
Le modestes, desquels je fais partie n'ont aucun moyen d'échapper...
 



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