Finalement, elle tombe bien cette bisbille avec la France au sujet d’un vol de données dans une banque de Genève. Après les Etats-Unis pour l’affaire UBS, les Indiens de Peer Steinbrück, la liste noire, grise puis blanche de l’OCDE, la Suisse s’est découvert un nouveau démon à Paris. Certes, l’affaire est grave et remet en cause certaines pratiques que l’on veut croire ancestrales. Mais est-elle aujourd’hui essentielle? Pas sûr. Cette agitation prouve qu’en termes de clairvoyance, la Suisse actuelle a toujours des leçons à recevoir. Surtout, que le pays ne sait toujours pas anticiper. Et qu’à force de se focaliser sur l’arbre qui brûle, il oublie définitivement de surveiller la forêt qui s’embrase. La forêt, en 2010, ne se cache pas dans les ordinateurs ou les coffres des banques. Mais bien dans ces régions étranglées par la récession, qui tirent la sonnette d’alarme en voyant le mur du chômage devenir chaque jour plus épais. La crise économique entre dans sa phase aiguë, avec son lot de casse humaine et de désespoir. Tout le monde sait que le crash sera violent. Pourtant, on ne parle plus de plans de relance. Pire, on ratiboise l’assurance-chômage. D’accord, c’est pas pour tout de suite. Mais comme message, il y a mieux pour la confiance.
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