France
La grippe nourrit la polémique
LES FAITS
Depuis l’automne dernier, la grippe A ne cesse de susciter des polémiques en France. Après les vifs débats sur l’organisation de la vaccination, c’est aujourd’hui le sort des vaccins commandés par l’Etat qui relance les controverses. Confirmant des informations publiées par Le Parisien, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé sur TF1 le 4 janvier, que son pays avait résilié la commande de 50 millions de vaccins sur les 94 millions retenus. L’occasion pour les partis d’opposition et certains membres de la majorité de fustiger à nouveau la précipitation des autorités sanitaires.
LES COMMENTAIRES
«Grosse polémique et méga-annulation», commente Libération qui souligne que l’annonce de la ministre «a mis le feu aux poudres: «fiasco», «scandaleux échec», «faute stratégique lourde»: les mots ont été rudes pour pilonner la campagne de vaccination antigrippe», dans l’opposition et même au Nouveau Centre, parti gouvernemental. Au sein de l’UMP s’élèvent aussi des voix discordantes, comme celle du député et professeur de médecine Bernard Debré qui a affirmé sur France Info qu’on avait «poussé à l’extrême stupidité le principe de précaution» et constaté que le plan antigrippe A a coûté «plus que le déficit cumulé de tous les hôpitaux publics». Le député socialiste Jean-Marie Le Guen dénonce aussi ce coût qu’il chiffre, précise Le Monde, à «un milliard et demi d’euros» (2,2 milliards de francs) tout en fustigeant «une politique gouvernementale hyperactive et anxiogène». Sous le titre: «Bachelot justifie la volte-face du gouvernement», Les Echos citent la ministre qui s’élève contre «le festival d’inexactitudes et de bêtises» organisé selon elle par l’opposition et certains médecins et explique que «la gestion d’une grippe est évolutive». Elle garde d’ailleurs le soutien du président Nicolas Sarkozy qui, selon Le Figaro, «a rappelé que le pays a connu par le passé beaucoup de crises sanitaires et se doit de respecter le principe de précaution».
À SUIVRE
Le PS et le Nouveau Centre réclament une commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la campagne de vaccination contre la grippe H1N1. Cette commission – à supposer qu’elle voie le jour – dira si le gouvernement a, ou non, fauté par excès de prudence.
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