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Par Sylvie Gardel - Mis en ligne le 12.09.2012 à 12:42 |
La saison des collections automne-hiver bat son plein. De salons spécialisés en conférences de presse, les acteurs de l’électronique grand public font leur show. La tendance de la rentrée est aux écrans ultra-fins et toujours plus larges, à l’image du Galaxy Note 2 de Samsung ou du CloudMobile d’Acer. Davantage aussi de résolution, de mémoire et d’autonomie pour l’Xperia de Sony, le Lumia de Nokia ou le Razr de Motorola. En résumé, l’hypertechnologie mobile ne connaît pas la crise... financière, du moins. Ce marché devrait même gagner 2% en 2012, à 1100 milliards de dollars (1053 milliards de francs). Côté judiciaire, en revanche, rien ne va plus entre Samsung, leader mondial des smartphones, et Apple, plus grande capitalisation boursière des Etats-Unis, qui a su imposer au marché un standard avec son iPhone. La marque à la pomme vient de remporter une victoire à domicile, d’être déboutée au Japon, et d’être condamnée en Corée du Sud… tout comme son concurrent. Une guerre des brevets qui a pour toile de fond la mainmise sur le marché mondial des systèmes d’exploitation (OS), qui sont au téléphone portable ce que le cerveau est à l’être humain. Ultra-dominant, Google et son système Android pourrait en faire les frais. A contrario, Microsoft et Nokia désormais unis pourraient revenir au premier plan. Analyste auprès du cabinet américain Gartner, Roberta Cozza estime que Microsoft sera bien le troisième acteur des logiciels pour mobiles et qu’il devrait représenter 20% du marché d’ici à cinq ans, contre 2,7% actuellement. Ce qui est certain, c’est que la bataille des prétoires est en train de rebattre les cartes entre constructeurs de smartphones et géants de l’informatique. L’empire Android. A fin juin, les ventes de téléphones mobiles ont affiché, pour la seconde fois consécutive, un léger recul sur un an (-2,3% à 419 millions d’unités). La faute aux téléphones classiques. Comprenez ces portables qui ne cumulent pas toutes les fonctionnalités des téléphones dits «intelligents» telles que l’agenda, la messagerie ou le téléchargement de musique. Ces smartphones se sont, eux, arrachés comme des petits pains (+42,7%). Bien que représentant désormais plus d’un tiers des ventes de mobiles. Avec 32,6%, Samsung domine de la tête et des épaules le marché mondial des smartphones, devant Apple (16,9%) et Nokia (6,6%). Le leadership du sudcoréen est certes à mettre sur le compte de l’étrange ressemblance physique de sa série Galaxy avec l’iPhone, mais surtout sur le compte du système d’exploitation (OS) sur lequel tourne ses appareils: Android. Le procédé de Google équipe aussi les portables d’autres grands fabricants comme LG, Motorola, Sony Ericsson ou encore le taïwanais HTC. Google est également bien placé pour profiter de la croissance de l’Empire du Milieu. Les chinois ZTE, Huawei et TCL ont aussi choisi Android pour certains de leur modèles. Or ces constructeurs sont, grâce à une base de marché colossale, fortement montés en puissance, devançant désormais d’anciens cadors tels que Motorola ou le canadien RIM (Research in Motion, qui commercialise le BlackBerry). Selon une étude du cabinet américain IDC, la Chine devrait représenter 26,5% du marché mondial des smartphones à la fin de l’année, loin devant les Etats-Unis (17,8%). Le succès du modèle gratuit de Google. Fin juin, Google détenait ainsi 64,1% du marché mondial des systèmes d’exploitation des téléphones mobiles. Et à eux deux, Google (Android) et Apple (iOS) ont équipé 85% des smartphones dans le monde. Comment Google s’est-il imposé en deux ans? La nouvelle donne entre Google et Nokia, leader historique depuis des décennies avec son système d’exploitation Symbian, remonte au quatrième trimestre 2010. Appliquant une stratégie open source, le géant de l’internet propose son système de façon gratuite et librement modifiable aux fabricants de téléphones mobiles, ce qui facilite son adoption et assure au fournisseur un gain constant de parts de marché. Un modèle d’affaires qui pourrait toutefois ne pas perdurer: le rachat de Motorola, l’été dernier, pourrait en effet pousser Google à facturer son système Android aux marques actuellement «dépendantes» ou à réserver ses dernières avancées technologiques à sa nouvelle filiale. Cette dynamique de la gratuité, Google l’applique également à son magasin en ligne, Google Play (anciennement Android Market). Seuls 28% de ses services disponibles en téléchargement sont payants. De quoi séduire les clients, comme les développeurs, qui trouvent leur compte dans l’hyper-domination d’Android OS sur les smartphones et tablettes. Preuve en est la fulgurante progression des applications sur Google Play, qui en héberge désormais 500 000 (+100 000 en quatre mois). Si la croissance des applications Apple est inférieure (+63 000), c’est toujours plus que les 35 000 applications gagnées par le Windows Phone 7 Marketplace et les 22 000 applications du BlackBerry App World. Avec 59% de parts de marché et 1,25 milliard d’applications téléchargées par mois, Apple garde ainsi la tête du secteur et s’avère plus rentable.
Une chance en or pour Nokia-Microsoft. En résumé, la guerre entre Apple et Google met aux prises deux modèles d’affaires différents: d’un coté, un OS propriétaire et fermé aux constructeurs et, de l’autre, un OS open source ouvert à la communauté des développeurs et gratuit pour les constructeurs. Un choix qui n’est pas sans rappeler la dichotomie Microsoft (système propriétaire) versus Linux (système open source) sur PC. Microsoft qui pourrait d’ailleurs venir brouiller aussi les cartes sur le marché des smartphones. Avec son système d’exploitation Windows Phone, dont la version 8 devrait être officiellement lancée en octobre prochain, le géant de Redmond propose une alternative au marché. Contrairement à Apple et à Google qui misent sur une multiplicité d’applications à télécharger, Microsoft a opté pour un système de tuiles et de hubs en page d’accueil qui agrègent le contenu choisi par l’utilisateur. Plusieurs fabricants ont d’ailleurs déjà annoncé de nouveaux modèles tournant sur Windows Phone et non plus sur Android, comme Samsung. Contre toute attente, les véritables gagnants de cette guerre des systèmes d’exploitation pourraient donc bien être... Microsoft et son partenaire Nokia, qui jouent tous deux leur va-tout dans ce secteur. Le titre du dernier fabricant de mobiles du Vieux Continent, Nokia, a d’ailleurs été très sollicité à l’issue du procès aux Etats-Unis entre Apple et Samsung. Autant dire que l’issue de cette grande partie de poker est loin d’être connue. Et que le marché des smartphones pourrait bien changer encore de visage dans les prochains mois.
La bataille annoncée de la 4GLa nouvelle génération de transmission de données mobiles, la 4G, doit assurer le «très haut débit», soit des transmissions à des débits supérieurs à 100 Mb/s, voire à 1 Gb/s. Concrètement, le téléchargement de films, la visioconférence seront aussi aisés qu’avec un accès ADSL à l’internet. La 4G devrait permettre aux opérateurs de lancer de nouveaux services tels que la télévision HD, la vidéo à la demande, le jeu en ligne ou le stockage en ligne (services cloud). Bien que testée localement en Norvège, en Suède, en Corée du Sud, au Japon, en France ou aux Etats-Unis, la 4G ne sera pas déployée à grande échelle en Europe avant le début de l’année prochaine. Et, comme à chaque nouvelle génération, les zones à forte densité démographique et les profils utilisateurs professionnels seront les premiers à en profiter. Ce qui laissera le temps aux fabricants de peaufiner leurs portables dont les capacités devront être adaptées tant en termes de puissance que d’autonomie. Suite à sa défaite devant la Cour de Californie, Samsung, qui a lancé en 2010 un smartphone 4G, a annoncé qu’il poursuivrait Apple en justice si son iPhone 5 était également compatible avec les réseaux de cette nouvelle génération. Nokia détient près de 18,9% des brevets techniques de la 4G, suivi par l’américain Qualcomm (12,5%), Samsung (12,2%) et Ericsson (11,6%). Apple en détient, pour sa part, 4,9% via des rachats. |










