Sur le papier, le plan de Barack Obama paraissait logique. Affaiblir durablement les talibans par l’envoi de 30 000 soldats supplémentaires, portant le total des forces internationales en Afghanistan à 140 000 hommes, dont 100 000 Américains.
Former l’armée et la police afghanes afin de garantir leur indépendance. Et commencer, enfin, à se retirer progressivement du pays dès le mois de juillet 2011, «parce qu’une guerre à durée indéterminée ne sert ni nos intérêts ni ceux des Afghans», déclarait-il le 31 août dernier.
Hélas, il est peu probable que 2011 permette la réalisation de ce scénario idéal. Sur le plan de la politique intérieure, d’abord, Barack Obama est pris en tenailles entre l’opinion publique, qui soutient de moins en moins une guerre qui a tué plus de 1400 Américains jusqu’ici, et les républicains, qui interpréteront un retrait des troupes comme un aveu d’échec si la situation n’a pas changé sur le terrain.
Le terrain, justement: l’OTAN ne peut quitter l’Afghanistan qu’à condition que le pouvoir en place à Kaboul soit en mesure d’assurer la sécurité du pays.
Or, ledit pouvoir est faible puisque bâti sur des élections, celles du président Hamid Karzaï en 2009 et du Parlement en 2010, entachées de fraudes massives.
Transparency International a classé l’Afghanistan au troisième rang des pays les plus corrompus, ce que n’ont pas contredit, bien au contraire, les récents documents divulgués par Wikileaks sur la généralisation de l’usage du pot-de-vin et du détournement de fonds dans le pays.
Quant à l’indépendance de l’armée et de la police afghanes, elle doit être effective en 2014, date fixée par l’OT AN pour le retrait total de ses troupes.
Or, au printemps 2010, seuls 23% des soldats afghans et 12% des policiers purent être déployés de façon complètement indépendante, selon l’US Special Inspector General for Afghanistan Reconstruction.
Tags: USA, Afghanistan, guerre,
|