Page n°2
01 Le PIB ne prétend pas mesurer le bonheur
Née d’une proposition du président français Nicolas Sarkozy le 8 janvier 2008, cette commission notamment animée par cinq Prix Nobel d’économie, dont Amartya Sen et Joseph Stiglitz, avait pour mission de réfléchir au changement des instruments de mesure de la croissance économique. Son principal intérêt a été de mettre en lumière les insuffisances du PIB (lire l’interview de Dominique Méda ci-dessous). Ce dernier évalue la valeur ajoutée marchande de tous les biens et services qui se vendent dans un pays durant une année. A cette valeur, on additionne le coût de production des services non marchands des administrations publiques (services de l’Etat, enseignement, etc.).
Comme le soulignent Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice dans leur ouvrage sur Les nouveaux indicateurs de richesse (La Découverte), le PIB se contente de refléter «un flux de richesse purement marchande et monétaire». Il se soucie comme d’une guigne des dégâts engendrés par notre modèle de croissance. Une société de chauffards déplorant de nombreux accidents de la route aura un PIB plus gros qu’une société où l’on conduit prudemment. En effet, les services d’urgence, les soins médicaux, les réparations de véhicules font gonfler l’indicateur. Par ailleurs, la forêt amazonienne, les rivières et les océans, sans valeur marchande, peuvent être pillés ou souillés sans que le PIB mondial en soit affecté.
Autre lacune, notre pauvre indicateur de richesse se désintéresse de maintes contributions au bien-être qui, par nature, ne peuvent être comptabilisées, comme les activités bénévoles ou le travail domestique majoritairement exercé par des femmes. Enfin, la croissance du PIB ne dit rien de ceux qui en profitent ou pas. Relativement soutenue pendant des années, elle peut s’accompagner d’une réduction, mais aussi d’un creusement des inégalités sociales.
Tags: Bonheur national brut, PIB, BNB, indicateur de richesse, bien-être, bonheur,
|