La mort de youtube?
Crise numérique. Recettes trop faibles, attaques multiples, l’existence du site de vidéo en ligne est menacée.
En 2009, YouTube pourrait perdre 532 millions de francs. Ce pronostic émane d’un certain Spencer Wang, analyste au Credit Suisse. A l’origine de cette perte, le déséquilibre entre les coûts du site en bande-passante (804 millions) et ses revenus publicitaires (estimés à 272 millions pour 2009).
La nouvelle aurait pu passer inaperçue. Mais voilà, depuis le début de l’année, rien ne va plus pour la plateforme de vidéos en ligne, propriété de Google. Après l’Angleterre, c’est l’Allemagne qui vient de demander le retrait des clips musicaux du site, faute d’accord entre YouTube et la GEMA, la société allemande de gestion des droits d’auteurs. Triomphant hier, le site traverse aujourd’hui la plus importante crise de son existence. Et les solutions envisageables pour en sortir pourraient encore l’aggraver.
Casse-tête économique. Ainsi, Spencer Wang préconise logiquement une augmentation des recettes liées à la publicité, notamment en multipliant les vidéos monétisables. Petit hic, c’est précisément autour de ce gâteau publicitaire que se joue la bataille entre le site et les diverses sociétés de gestion des droits d’auteurs. En Angleterre comme en Allemagne, on plaide pour une plus grande rétribution par vidéo visionnée en se basant sur le revenu publicitaire global du site.
Autre solution pour YouTube, renoncer définitivement aux vidéos musicales dans les pays où un litige se déclencherait. Mais la prolifération guette. En France, par exemple, il se murmure que la SACEM prépare une action similaire à la GEMA. Et on imagine mal les ayants droit télévisuels ou cinématographiques ne pas rentrer dans la danse à leur tour. Orphelin de ces contenus, YouTube serait alors condamné à ne proposer plus que des vidéos d’inconnus, perdant fatalement en attractivité, pour les visiteurs comme pour les annonceurs.
Ces divers scénarios tiennent encore du web-fiction et YouTube ne s’éteindra pas sans réagir. Reste que comme de nombreux sites avant lui, la plateforme de vidéos a atteint le point critique de son existence. Victime de sa popularité, elle attise les convoitises d’une industrie audiovisuelle qui cherche des solutions à la crise depuis près d’une dizaine d’années. Le rachat par Google fin 2006 semblait une assurance tout risque. Mais faute d’un modèle économique et juridique viable, YouTube pourrait s’éteindre plus vite que prévu. A moins qu’il ne parvienne enfin à muter.
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