Grâce et Disgrâce
La noble obligation de servir
Le Groupement pour une Suisse sans armée lance son initiative pour la suppression de l’obligation de servir. Le 15 avril dernier, L’Hebdo publiait un sondage indiquant que seulement 43,5% des Suisses approuvaient encore ce devoir patriotique, 40% zappaient déjà sur un corps de professionnels, alors que 14% souhaitaient la suppression pure et simple de l’armée.
Dommage toutefois que l’on doive discuter de l’avenir d’un des piliers de la Confédération sans disposer d’une idée convaincante de ses missions. Si les détenteurs UDC du Ministère de la défense depuis quinze ans avaient été plus clairvoyants et plus courageux dans l’analyse des menaces, on aurait pu, par exemple, créer des troupes de cyber-combattants en s’appuyant sur les compétences civiles (excellentes et méconnues). Peter Reggli, l’ancien chef du Service de renseignement, l’avait proposé il y a quelques années. C’eût été plus en phase avec les dangers réels et autrement plus motivant que des courses en montagne avec paquetage complet.
On va donc se déchirer sur la fin de la conscription obligatoire sans connaître le degré de nécessité de s’appuyer ou non sur les compétences et la motivation des citoyens.
Une autre facette de l’obligation de servir risque fort de ne pas apparaître dans le débat, son rôle de ciment national. Dans notre sondage, un service à la communauté recueillait pourtant 58% d’opinions favorables.
Il est indéniable que l’obligation de servir a alimenté le lien confédéral, même s’il se limitait, sauf rarissimes exceptions, à la moitié masculine de la population. Aux époques où la mobilité personnelle et professionnelle était moindre qu’aujourd’hui, l’école de recrues représentait la première incursion longue dans les autres régions linguistiques. La conscription universelle avait aussi quelques vertus paternalistes, certains officiers assurant une prise en charge sociale de leurs hommes bien au-delà des périodes de cours de répétition. Enfin, quand l’armée constituait la principale école de cadres du pays, les dirigeants économiques qui y avaient fait leurs classes avaient le bien public et le souci de conduire dans l’intérêt de tous bien mieux chevillés à l’âme que les robots obsédés par le court terme, coupés du terrain réel, récemment apparus dans le secteur financier.
Maintes nations ont supprimé l’obligation de servir sans imploser. C’est le moment de se demander si la Suisse, multilingue et multiculturelle, peut se passer de ce ciment (qui n’a pas toujours été l’actuel royaume d’Ubu). La Suisse est une petite démocratie de proximité qui soigne plus que d’autres l’implication de ses citoyens dans la gestion de l’Etat. Il faut bien sûr, c’est urgent, réformer l’armée et lui redonner une crédibilité. Mais on aurait grand tort de ne pas réfléchir sérieusement aux autres moyens d’encourager le vivre-ensemble entre Latins et Alémaniques. Un citoyen l’est-il vraiment s’il ignore comment servir son pays?
Tags: Armée suisse, suppression de l'armée, obligation de servir,
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| Réaction de juanpablo le 28.11.2010 à 11:30 | | Comme tout"bon" citoyen, j'ai fait mon école de recrue, suivie... Comme tout"bon" citoyen, j'ai fait mon école de recrue, suivie des cours de répétition obligatoires, ainsi que les tirs, les inspections et toutes ces stupidités qui démontrent très clairement la bêtise humaine. Je n'en ai absolument rien retiré de positif, sauf quelques solides amitiés. Aujourd'hui j'ai 65 ans.. Que l'on ne vienne pas me parler de la noble obligation de servir lorsqu'il s'agit d'accomplir du service MILITAIRE . Servir son pays, c'est lui consacrer de son temps, bénévolement si possible, pour participer des projets sensés, comme l'aide aux plus démunis, la prévention de la délinquance et tout ce qui peut contribuer concrètement à améliorer l'état de notre société. A mon avis, on pourrait supprimer l'armée de grand-papa et remplacer l'obligation militaire par un engagement civil bien structuré: "police de proximité", informaticiens de haut niveau, travaux d'intérêt général auprès des jeunes, des personnes âgées, des étrangers (plutôt que de les renvoyer....). Un jeune gars de 20 ans pourrait très bien encadrer un mineur pré-délinquant et l'aider à s'intégrer. Il y a tant de choses utiles à faire. Quant à la défense de notre pays, elle devrait être assurée par des professionnels, selon des modalités qui devraient être étudiées par des politiciens éclairés, mais en tout cas pas avec la structure désuète prônée par M. Maurer. | |  |
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| Réaction de slimnature le 27.11.2010 à 23:53 | Schopenhauer disait;donnez un pays à aimer à celui qui ne... Schopenhauer disait;donnez un pays à aimer à celui qui ne s'aime pas, vous allez en faire un héros, non un fanatique. Depuis tout petits on nous apprend d'abord à obéir puis à être patriotique et pour cause l'un va avec l'autre pour défendre toujours la nation mais souvent déguisée en intérêts personnels. Un noble obligation serait-ce aussi une noble mort et si ce n'est pas la sienne celle de l'adversaire pour défendre la nation ou le confort des chefs? Oui parce que les chefs ne sont jamais en première ligne, ils ne sont pas en ligne du tout, en vérité ils restent au chaud, donc l'infanterie défend le chauffage des chefs, et si l'infanterie casque les chefs signent la paix et une fois terminé de signer, ils retournent au chaud alors l'infanterie qu'es-t-elle devenue? La guerre après la bêtise et le pire des fléaux humains, à mon avis le PS a choisi un bon "cheval de bataille" pour se distinguer, je ne serais pas étonné que M.Maurer signe la pétition, j'ai un peu l'impression qu'en bon gestionnaire il ne veuille pas trop dépenser pour une armé qui a fait la fierté dans le pasé mais qui n'est plus à la mode. Quant aux séjours linguistiques je suis sur que les jeunes ne manquent pas d'idées pour les justifier. slim
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