POLITIQUE
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > POLITIQUE >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

Grâce et Disgrâce
La noble obligation de servir

Par Chantal Tauxe - Mis en ligne le 07.07.2010 à 13:55

Le Groupement pour une Suisse sans armée lance son initiative pour la suppression de l’obligation de servir. Le 15 avril dernier, L’Hebdo publiait un sondage indiquant que seulement 43,5% des Suisses approuvaient encore ce devoir patriotique, 40% zappaient déjà sur un corps de professionnels, alors que 14% souhaitaient la suppression pure et simple de l’armée.

Dommage toutefois que l’on doive discuter de l’avenir d’un des piliers de la Confédération sans disposer d’une idée convaincante de ses missions. Si les détenteurs UDC du Ministère de la défense depuis quinze ans avaient été plus clairvoyants et plus courageux dans l’analyse des menaces, on aurait pu, par exemple, créer des troupes de cyber-combattants en s’appuyant sur les compétences civiles (excellentes et méconnues). Peter Reggli, l’ancien chef du Service de renseignement, l’avait proposé il y a quelques années. C’eût été plus en phase avec les dangers réels et autrement plus motivant que des courses en montagne avec paquetage complet.

On va donc se déchirer sur la fin de la conscription obligatoire sans connaître le degré de nécessité de s’appuyer ou non sur les compétences et la motivation des citoyens.

Une autre facette de l’obligation de servir risque fort de ne pas apparaître dans le débat, son rôle de ciment national. Dans notre sondage, un service à la communauté recueillait pourtant 58% d’opinions favorables.

Il est indéniable que l’obligation de servir a alimenté le lien confédéral, même s’il se limitait, sauf rarissimes exceptions, à la moitié masculine de la population. Aux époques où la mobilité personnelle et professionnelle était moindre qu’aujourd’hui, l’école de recrues représentait la première incursion longue dans les autres régions linguistiques. La conscription universelle avait aussi quelques vertus paternalistes, certains officiers assurant une prise en charge sociale de leurs hommes bien au-delà des périodes de cours de répétition. Enfin, quand l’armée constituait la principale école de cadres du pays, les dirigeants économiques qui y avaient fait leurs classes avaient le bien public et le souci de conduire dans l’intérêt de tous bien mieux chevillés à l’âme que les robots obsédés par le court terme, coupés du terrain réel, récemment apparus dans le secteur financier.

Maintes nations ont supprimé l’obligation de servir sans imploser. C’est le moment de se demander si la Suisse, multilingue et multiculturelle, peut se passer de ce ciment (qui n’a pas toujours été l’actuel royaume d’Ubu). La Suisse est une petite démocratie de proximité qui soigne plus que d’autres l’implication de ses citoyens dans la gestion de l’Etat. Il faut bien sûr, c’est urgent, réformer l’armée et lui redonner une crédibilité. Mais on aurait grand tort de ne pas réfléchir sérieusement aux autres moyens d’encourager le vivre-ensemble entre Latins et Alémaniques. Un citoyen l’est-il vraiment s’il ignore comment servir son pays?





Tags: Armée suisse, suppression de l'armée, obligation de servir,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page

Réaction de juanpablo
le 28.11.2010 à 11:30
Comme tout"bon" citoyen, j'ai fait mon école de recrue, suivie...
 
Réaction de slimnature
le 27.11.2010 à 23:53
Schopenhauer disait;donnez un pays à aimer à celui qui ne...
 



Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


POLITIQUE
Exilés syriens en Suisse: Berne s'inquiète pour leurs proches
Manifestation de Syriens exilés en Suisse (archives) Keystone
La Suisse se dit inquiète par la situation de certains proches d'exilés syriens en Suisse. Le Département fédéral des affaires...
POLITIQUE
Rapport d'évaluation du Gripen: le rôle d'Ueli Maurer en question
Le Gripen suédois en vol (archives) Keystone
L'avion de combat suédois Gripen ne remplit pas les conditions minimales pour la police du ciel, sa principale mission, affirme...
POLITIQUE
Le parlement grec doit voter sur le plan de l'UE - Manifestations
Manifestants devant le parlement grec à Athènes (archives) Keystone
Le parlement grec est appelé dimanche à voter sur un programme de mesures d'austérité, fortement contestées dans la rue. La...
POLITIQUE
Les policiers mettent fin à leur grève dans l'Etat de Bahia
La grève a causé une hausse des homicides Keystone
La police de l'Etat de Bahia, dans le nord-est du Brésil, a voté samedi la fin d'une grève qui a...
POLITIQUE
Mitt Romney gagne les caucus du Maine
Mitt Romney Keystone
Mitt Romney a remporté samedi soir d'une courte tête les "caucus" du Maine, devançant Ron Paul. Cette victoire avant tout...


POLITIQUE
 Pour Eric Woerth, ça passe et ça cash
ÉLYSÉE Dès 2006, Eric Woerth récoltera l’argent de la campagne de Nicolas Sarkozy. Dukas / Abaca
A chaque jour, son lot de révélations. L’affaire Bettencourt secoue la République, l’un de ses ministres les plus en vue,...
POLITIQUE
 Louisiana blues
HOUMA Dans la région des bayous, des vétérinaires redonnent sa liberté à un pélican. Le genre de spectacle médiatique servant aussi à magnifier l’effort du gouvernement afin de nettoyer et préserver la nature. Robert Brazzell / Reuters
Le ciel est plombé. La pluie a cette chaleur trop dense des dépressions tropicales. Celle-ci s’appelle Alex et c’est la...
POLITIQUE
 Une école transfrontalière pour la santé
INFIRMIÈRES La pénurie guette. Aux HUG, plus de 60% des soignants vivent en France. Express
RÉGION. Comme le reste de la Suisse, Genève souffrira d’ici à une dizaine d’années d’une grave pénurie de personnel soignant....
POLITIQUE
 Primes maladie: Berne ne contrôle rien
Les Suisses subiront, cette année encore, une hausse massive de leurs primes d’assurance maladie. On évoque déjà un bond de...
POLITIQUE
 Karin Keller-Sutter, la favorite de l'après-Merz
Son nom hante déjà les couloirs du Palais fédéral. Même si la conseillère d’Etat Karin Keller-Sutter les fréquente rarement, tout...
POLITIQUE
 La chronique de Jacques Pilet: Capharnaüm policier
Ce qu’il y a de bien, dans une société amnésique comme la nôtre, captivée par les spasmes de l’actualité, c’est...