Accessoire? Non pertinent, l’enjeu féminin, le 22 septembre prochain? Vous voulez rire! Les deux hommes qu’il s’agit de remplacer ont été chacun des ladykillers. ^
LES FEMMES SONTPLUS TÉMÉRAIRES.
Hans-Rudolf Merz a été élu à la place de la sénatrice bernoise Christine Beerli. Moritz Leuenberger par l’égotique longévité de son mandat (15 ans) a, lui, découragé nombre de talents féminins dans son parti, telle la conseillère nationale zurichoise Barbara Haering Binder.
Depuis 1983, les femmes socialistes alémaniques attendent leur tour. Le long débat sur les quotas qui a fleuri dans les années 90 n’a pas tué leur impatience.
Mais l’émergence de candidatures féminines de qualité n’est pas qu’une question de réparation des outrages passés. Elle doit aussi beaucoup à la faiblesse, on a envie d’écrire «débandade», de la députation alémanique masculine du PLR.
Pour ce 22 septembre, pas de chocs des ambitions comme on a pu en connaître par le passé. La députation libérale-radicale alémanique est vieillissante.
Un tiers d’entre elles est à Berne depuis plus de 10 ans. Ses plus éminents représentants ont leur avenir derrière eux. Font défaut des quadras crédibles pour le rôle, si l’on excepte le sémillant Ruedi Noser. L’industriel Johann Schneider-Ammann s’est ainsi tardivement découvert un destin de ministre.
L’explication est connue: à droite, les hommes doués ne font pas de politique, ils vont s’enrichir dans les affaires.
Tentons une autre hypothèse: l’absence de relève alémanique masculine doit aussi beaucoup à l’hyperprésence de l’UDC et de Christoph Blocher dans l’espace politique, dont on ne se figure pas toujours de ce côté-ci de la Sarine, l’impact massif. Voire décourageant.
Qui dans les rangs libéraux, a pu avoir envie, ces dernières années, de s’engager? Qui a pu désirer combattre les outrances d’un parti allié, surmonter les ambiguïtés de la direction du PLR sur le sujet, et affronter avec sérénité le mépris de la subtilité en politique? Qui n’a pas redouté de se faire ridiculiser en défendant une Suisse des équilibres?
Ce refus du combat se lit aussi dans cette singulière configuration où toutes les présidences de parti, sauf celle de l’UDC, ont été confiées à des Latins, moins tétanisés par les loups blochériens.
Face à ce jeu politique devenu dur, les femmes avides de prendre leurs places sont plus téméraires. L’envie d’accèder au pouvoir l’emporte chez elles sur la difficulté à l’exercer à l’ère de la polarisation.
Simpliste, cette histoire de débandade? Regardez qui combat avec le plus de véhémence la possibilité d’avoir cinq femmes au gouvernement? L’UDC. Qui sait que les femmes sont des adversaires politiques tenaces. La preuve par Eveline Widmer-Schlumpf.
Tags: Grâce et Disgrâce, chronique, Chantal Tauxe,
|