Mais où est donc passée la crise pétrolière de cet été? Quatre mois après les scénarios les plus pessimistes sur l’avenir du pétrole, le marché a repris ses marques de l’année dernière. Les pompistes ont vécu une année très difficile.
«Nous avons perdu 6000 francs le mois dernier», déplore ce propriétaire indépendant d’une station d’essence dans une petite ville romande. Roberto P. s’inscrit en faux sur l’idée que les pompistes profitent de la situation pour conserver des marges. «Nous prenons entre 4 et 5 centimes par litre d’essence. Il est vrai que, depuis trente ans que je fais ce métier, cette année a été particulièrement spéciale. En juillet, on vendait de l’essence à plus de 2 francs le litre, un plafond historique. Puis, les prix sont redescendus.»
Il ajoute: «Il est vrai qu’on a répercuté les prix à la hausse au jour le jour en début d’année, mais la baisse de ce mois d’octobre nous a fait vendre des stocks à perte, qui ne compensent pas ce que nous avons pu gagner.»
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| Évolution. En une année, les prix du baril, de l’essence et du diesel ont connu une évolution digne des montagnes russes. Le diesel, dont la demande est forte, restera toutefois à un prix moyen élevé, même s’il devrait continuer à baisser. |
| Décryptage |
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L’union pétrolière En tant qu’association faîtière de la branche, l’Union pétrolière couvre 96% du marché de la distribution d’essence et de produits pétroliers en Suisse. Elle comptait, à la fin de 2007, 3637 stations de marques.
La moyenne annuelle de vente par station-service se situe à 1,42 million de litres. Sur les autoroutes, le volume des ventes est de 4,5 millions de litres et, dans les petites stations qui n’ont pas de personnel, il se situe à 0,7 million de litres.
La marque la plus répandue en Suisse est Avia avec 724 points de vente; suivent Agrola (423), Shell (413), BP (401) et Tamoil (323).
Le marché des stations se consolide d’année en année, notamment grâce au développement des shops qui proposent d’autres produits, soit environ un tiers d’entre elles. La fourniture en diesel a également progressé. Aujourd’hui, une voiture neuve sur trois roule au diesel. | Cette station-service, comme beaucoup d’autres, a effectué ces derniers jours de nombreuses baisses de prix: «Entre le 7 et le 21 octobre, nous avons baissé les prix neuf fois, soit 18 centimes en tout, explique cet autre pompiste de la région lausannoise. Nos concurrents aussi, car le système fonctionne selon les régions et nos prix sont généralement alignés. Mais il existe des prix régionaux qui peuvent être très différents, ce qui s’appelle les zones tampons qui permettent d’écouler des fonds de citerne à des prix qui peuvent être encore 10 centimes moins chers. On trouve des indépendants qui fonctionnent ainsi dans le Jura ou dans le Bas-Valais.»
Après une année folle, le prix de l’essence sans plomb 95 au mois d’octobre 2008 est revenu au prix d’octobre 2007, voire même en dessous. Comment comprendre ce phénomène et l’impression de retard dans la baisse du prix? A l’Union pétrolière, association faîtière qui chapeaute 96% de la distribution en Suisse, soit environ 3600 stations-service de marques, Jean-Pierre Castella explique: «En Suisse, ce n’est pas le prix du baril qui donne le prix du jour à la pompe. Les marchands travaillent avec les importateurs à Bâle, à Genève et avec les raffineries. Paradoxalement, lorsque les prix sont à la hausse, les marges sont moindres et inversement.»
Il reste qu’il n’y a pas de certitude à terme dans un marché complètement libéralisé. «Durant ces prochains mois, précise avec prudence Jean-Pierre Castella, la tendance serait plutôt à la baisse, mais cela risque de repartir à la hausse au début de l’année prochaine. Il y a tellement d’acteurs sur ce marché que les prévisions sont très difficiles à faire.» Une chose est certaine, le diesel ou le mazout de chauffage ne connaissent pas une baisse de prix semblable à celle de l’essence sans plomb. «Il y a aujourd’hui un problème en Suisse et en Europe, car l’industrie n’a pas la capacité de raffiner ces produits pour faire face à la demande. Actuellement, les marchands de mazout doivent donner des délais de quatre à six mois pour remplir les citernes.» Pour un autre observateur, ce prix devrait baisser au début de l’année prochaine. Il suffirait de supporter les frimas de novembre et décembre pour remplir sa citerne à bon marché.
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