La Poste nourrit le démon du jeu
Par Geneviève Grimm-Gobat - Mis en ligne le 02.12.2009 à 14:26
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Les guichetiers du géant jaune encouragent les clients à dépenser de grosses sommes d’argent en billets de loterie. Une pratique qui allonge les files et pose des questions éthiques.
LOTERIE. «Vous connaissez Le billet Le Million, ça vous intéresse?» Cette question, posée à tous les clients par les guichetiers, explique l’allongement des files des postes suisses depuis quelques semaines. Le géant jaune propose, en collaboration avec la Loterie romande, d’acquérir un billet de loterie particulièrement coûteux (100 fr.), déguisé en calendrier de l’Avent.
Cette technique de marketing, très intrusive, facilite et accélère la vente des 800 000 billets prévue par la Loterie Romande. A Moutier (BE), localité particulièrement touchée par le chômage, l’employée semble très étonnée du succès remporté. «On a presque tout vendu. Quand on les a reçus, je ne pensais pas qu’en période de crise ça allait aussi bien marcher», admet- elle. Personnes âgées et sans-emploi composent une part importante de sa clientèle. Inciter au jeu s’impose donc comme une nouvelle déclinaison du service public. «Nos bureaux sont de moins en moins fréquentés. Vous connaissez notre situation, nous devons trouver de nouvelles sources de financement dans un marché en décroissance, justifie Nathalie Salamin, porte-parole de La Poste. Nous proposons divers produits aux guichets, qui nous permettent d’augmenter les bénéfices. C’est une stratégie commerciale.» L’an passé, les ventes de produits annexes ont généré 400 millions de chiffre d’affaires et un bénéfice de 20 millions. C’est sans compter, évidemment, les millions qu’il coûtera à la collectivité pour soigner les victimes du jeu pathologique…
«NOUS DEVONS TROUVER DE NOUVELLES SOURCES DE FINANCEMENT DANS UN MARCHÉ EN DÉCROISSANCE.» Nathalie Salamin, porte-parole de La Poste
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