«Signature ou code?» Au moment de l’addition, les normes en cours en Europe s’imposent peu à peu à la Suisse, avec la généralisation des nouveaux terminaux d’encaissement par carte dans les commerces et les restaurants. Pour des raisons de sécurité, les cartes à bande magnétique pour lesquelles une signature suffisait laissent peu à peu la place à leurs cousines à puce.
LE SERVEUR ENREGISTRE GÉNÉRALEMENT LE MONTANT DE LA NOTE DANS L’APPAREIL, ET TABLE SUR UN POURBOIRE EN LIQUIDE.
Ce changement de système engendre une conséquence douloureuse pour les bistrotiers. Il suffisait auparavant, pour les clients réglant leur note avec une carte de crédit, d’inscrire un montant à la main sur l’addition afin de verser un pourboire. Le nouveau système complique le processus, le client devant théoriquement taper sur le terminal la somme qu’il compte laisser en pourboire, puis rentrer son code. Des étapes qui apportent leur lot de confusions (notamment entre «TIP» et «PIN») et peuvent obliger le serveur à intervenir sur sa propre gratification, ce qui peut évidemment mener à des situations gênantes. Pour éviter de solliciter ainsi son client, le serveur enregistre généralement le montant de la note dans l’appareil, et table sur un pourboire en liquide. Mais ce dernier est statistiquement beaucoup moins élevé que celui laissé lors d’un paiement par carte, notamment parce que les clients se montrent particulièrement généreux s’ils utilisent une carte d’entreprise, et que beaucoup n’ont pas ou peu de cash sur eux. Pour le secteur, la peine est donc double: au prix de la nouvelle machine (entre 1500 et 3000 francs selon le modèle), s’ajoutent les pertes de gains pour le personnel. Selon un sondage mené récemment par le SonntagsZeitung, celles-ci atteindraient 20 à 40% à Zurich.
En Suisse romande, le président de la société des cafetiers et restaurateurs genevois, Laurent Terlinchamp, évoque de nombreux appels de membres «catastrophés» par ce changement, «imposé sans explications». Frédéric Haenni, président de Gastrovaud, estime pour sa part qu’il faudra du temps pour que la clientèle s’habitue. Les baisses observées à Zurich lui paraissent cependant «très élevées». Ce constat pourrait s’expliquer selon lui par le fait que dans la métropole économique du pays, «les repas d’affaires sont très nombreux, comme le sont aussi les cartes de crédit d’entreprise».
Plus de résistance. Pour sa part, Viseca, l’un des principaux émetteurs de cartes de crédit en Suisse, insiste sur les avantages des nouvelles cartes: outre une sécurité accrue, elles offrent davantage de résistance que les bandes magnétiques, notamment vis-à-vis des éraflures, des aimants ou des ondes des téléphones mobiles. Le groupe précise en outre que la majorité de ses cartes restent pourvues d’une piste magnétique, tous les commerçants ne disposant pas encore d’un lecteur de carte récent.
Signature ou code, du côté des restaurateurs, on préfère évidement l’option la plus rentable, c’est-à-dire le paiement de la note en liquide. Une option, comme le souligne François Gessler, de Gastrovalais, qui ne nécessite le paiement d’aucune commission, autant pour le repas que pour le pourboire…
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