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Couper en Europe. Ce redéploiement vers l’Est et le Sud ne se fera pas sans contrepartie. Le budget du réseau diplomatique est en effet bloqué depuis plusieurs années et des économies de 35 millions de francs sont exigées d’ici à 2013 dans le cadre du plan d’austérité dressé par Hans-Rudolf Merz. Résultat, il faudra couper en Europe et en Amérique du Nord. Si les USA sont épargnés dans un premier temps, ce ne sera pas le cas des représentations européennes, qui concentrent encore près de la moitié du personnel diplomatique suisse.
De nombreux consulats ont déjà fermé (voir la carte ci-dessous). Ceux de Gênes et de Düsseldorf sont les prochains sur la liste. Celui de Marseille pourrait suivre. La lame de fond n’épargnera sans doute pas certaines ambassades, comme celles de Nicosie, de Dublin, et du Luxembourg, ainsi que celle auprès de l’Etat belge – séparée de celle auprès de l’UE et de l’OTAN.
Obligée d’effectuer des choix, la Confédération a en effet décidé de recentrer son action diplomatique sur Bruxelles au détriment des Etats membres de l’UE. L’Union «gagne constamment en force et en importance, alors que l’ensemble du continent se révèle suivre la voie inverse, justifie le rapport sur la politique extérieure. Aujourd’hui, les décisions les plus importantes concernant l’évolution future de l’Europe sont prises dans le cadre de l’UE.»
Une option radicale qui suscite de nombreuses critiques. Au sein du réseau diplomatique, on s’inquiète d’une manœuvre qui pourrait se retourner contre la Suisse, puisque ce sont, in fine, les Etats membres qui prennent les décisions au sein de l’UE. Souvent à la majorité, parfois même à l’unanimité. «Nous avons besoin de relais dans les Etats membres, juge un diplomate senior. Fermer l’ambassade du Luxembourg serait par exemple une absurdité: il s’agit de l’un de nos principaux alliés pour la défense du secret bancaire. » Laurent Goetschel juge pour sa part l’attitude de la Suisse un peu schizophrène: «D’un côté, elle se focalise sur la diplomatie multilatérale à Bruxelles et, de l’autre, elle veut négocier des accords bilatéraux de double imposition avec chaque Etat membre.»
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