Musique
La seconde vie de Navel
Le groupe bâlois renaît de ses cendres avec «Neo Noir», album saturé et magnétique.
C’était il y a trois ans seulement, mais cela ressemble à une éternité. La planète rock n’avait d’yeux que pour Bâle. Entre le héros Roger Federer et le vilain Marcel Ospel, les mélomanes choisissaient la fougue adolescente: Navel. Un trio bâlois qui faisait revivre dans son look comme dans sa musique le fantôme de Nirvana.
Adoubé par Queens Of The Stone Age, «signé» sur un label allemand et taillant la route des festivals internationaux, Jari Altermatt, l’âme du groupe, avait le succès en point de mire. Mais le destin est capricieux. Un album (Frozen Soul), trois petits tours encore et Navel s’éteint, sans que personne s’en émeuve. «On traînait les pieds. Les avocats frappaient à notre porte, nous demandaient de l’argent. Navel était fauché...» Fin de citation.
Résurrection noire. Mais pas fin de l’histoire. Trois ans après ses débuts fracassants, Navel s’offre une renaissance. Exit le souffle grunge aussi daté que référencé. Jari Altermatt a troqué ses cheveux filasse contre une coupe plus passe-partout. Et plonge son rock dans le chaudron shoegazing où s’abreuvent Black Rebel Motorcycle Club et autres Eighties Matchbox B-Line Disaster.
Massif et ténébreux, Neo Noir révèle un nouveau groupe, libéré des démons adolescents. L’originalité n’est pas encore totale, mais la Suisse tient sans doute là l’un de ses meilleurs groupes de rock. Qui se permet même de reprendre Neil Young et Townes Van Zandt. Bâle ne sera sans doute jamais le nouveau Seattle, mais Navel a de l’avenir à nouveau.
«Neo Noir». Noise-O-Lution/ Irascible.
En concert: Lausanne. Le Bourg. Me 23, 21 h 30.
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