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Editorial
La sécurité? Les politiques s’en fichent

Par Alain Jeannet - Mis en ligne le 19.10.2011 à 15:19

 

C’est l’un des paradoxes de cette campagne pour les élections fédérales: on y trouve pléthore de politiques qui se disent préoccupés par l’augmentation de la criminalité et le sentiment d’insécurité croissant dans la population. Mais on compte sur les doigts d’une main ceux qui maîtrisent le dossier.

Police, armée... rares sont les candidats aux élections fédérales qui maîtrisent le dossier.

Devant tant d’indifférence et d’angélisme, les professionnels cherchent à sensibiliser les futurs élus fédéraux: «Nous avons 26 polices de beau temps», souligne le Fribourgeois Pierre Nidegger, qui est aussi, comme président de la Conférence des commandants des polices cantonales, le premier flic du pays.

Parce que la Suisse n’a, heureusement, pas encore vécu d’acte terroriste majeur, parce qu’aucun cas massif de cybercriminalité n’a jusqu’ici été déclaré publiquement, parce qu’on sousestime les activités du crime organisé sur notre territoire, on se contente d’un système fédéraliste qui montre pourtant ses limites.

Il n’y a guère que les débordements de supporters, lors des matchs de football, qui semblent émouvoir les autorités. Comme si le hooliganisme était notre problème de sécurité le plus sérieux.

Que proposent les partis? Des candidats du Parti libéral-radical, tels que Christian Lüscher ou Isabelle Moret, ont obtenu du Conseil fédéral qu’on tente d’en finir avec l’aberration des jours-amende et qu’on réintroduise les courtes peines privatives de liberté.

L’UDC durcit le ton, elle aussi, mais se décrédibilise en jouant sur la peur et en mélangeant tout, comme avec son initiative sur l’immigration massive.

A gauche et au PDC, on réclame, à juste titre, la création de nouveaux postes de policiers. Mais aucun parti ne prend le risque de dessiner les contours d’un système de sécurité modernisé. A part peut-être les démocrates-chrétiens, qui remettent sur le tapis la création d’un nouveau Département fédéral de la sécurité (lire l’article de Patrick Vallélian Sécurité intérieure: "Nous avons 26 polices de beau temps").

On connaît les obstacles. Les cantons, d’abord, qui restent jaloux de leur souveraineté en matière de sécurité intérieure. Ils avaient pourtant joué le jeu d’une meilleure coordination, il y a une dizaine d’années, sous l’égide de Ruth Metzler.

Mais le rapport USIS, qui jetait les fondements d’une nouvelle police, a été enterré par Christoph Blocher à son arrivée au Département de justice et police. Face aux problèmes concrets, l’ex-conseiller fédéral a beaucoup parlé, mais peu agi.

A gauche, l’idée d’une «police nationale» ressuscite les fantômes centralisateurs de la fameuse PFS (Police fédérale de sécurité) de Kurt Furgler, rejetée par le peuple en 1978. Quelques années plus tard, le scandale des fiches a encore amplifié la hantise d’un Etat-fouineur, ennemi de la démocratie. Une crainte encore justifiée?

La Suisse a longtemps été un îlot de tranquillité. Elle ne l’est plus aujourd’hui. L’heure est donc venue de réviser quelques dogmes et d’affronter les vrais défis. De parler un peu moins de sentiment d’insécurité. Et plus de politique de sécurité.




Tags: éditorial, Alain Jeannet, élections fédérales, sécurité, criminalité, insécurité,

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Réaction de Albert
le 25.10.2011 à 09:12
Dans le domaine de la sécurité comme dans d'autres domaines,...
 
Réaction de Scipion
le 20.10.2011 à 20:01
"L’UDC durcit le ton, elle aussi, mais se décrédibilise..." A vos...
 



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