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Par Michel Guillaume - Mis en ligne le 17.10.2012 à 13:08 |
Pour l’instant, c’est un sansfaute. Les Romands font tout juste dans le dossier du développement du rail à l’horizon 2025, affublé de l’acronyme FAIF (Fonds pour l’aménagement de l’infrastructure ferroviaire). Jeudi 11 octobre, la Commission des transports du Conseil des Etats, présidée par le Jurassien Claude Hêche, a donné son feu vert à un crédit de 6,4 milliards. Prise à l’unanimité, cette décision n’allait pas de soi voici trois mois encore. En juin dernier, Zurich n’avait pas hésité à forger une alliance de quinze cantons pour dénoncer un programme «déséquilibré et destiné à 89% à la Suisse occidentale». Cette fronde a échoué. En réclamant trois tunnels (Brütten, Zimmerberg et Chestenberg) devisés à plus de 6 milliards, le lobby zurichois s’est montré arrogant.
LES ROMANDS ONT LAISSÉ UN ZOUGOIS PROPOSER LA HAUSSE DU CRÉDIT.
Tout au contraire, les Romands, sous l’impulsion d’un arc lémanique enfin uni, ont convaincu l’influent Office fédéral des transports (OFT) des besoins de rattrapage de leur offre ferroviaire et de la nécessité de faire passer le crédit agréé par le Conseil fédéral de 3,5 à 6 milliards de francs. Au sein de la commission, c’est un Zougois, le PDC Peter Bieri, qui a porté cette proposition, bien que son canton figure dans l’alliance des Zurichois. Or, les Romands, qui ne profitaient guère du programme initial de 3,5 milliards, sont les grands vainqueurs de la hausse du crédit. Ils y gagnent l’aménagement de la gare de Cornavin à Genève (790 millions) et des améliorations sur la ligne Lausanne-Berne (300 millions). Pour assouvir les appétits zurichois, la commission a encore approuvé un crédit de 400 millions pour affiner les projets de tunnels, qui pourraient être réalisés à l’horizon 2030, soit cinq ans plus tard seul ement . Comme le canton de Zurich est passé maître pour préfinancer ses projets, puis se faire rembourser par la Confédération, tous les commissaires des transports se sont sentis victorieux au soir du 11 octobre. Reste à gagner la bataille du financement des 6,4 milliards à travers la TVA. C’est là que pourraient surgir des oppositions, venues précisément des cantons de l’alliance zurichoise, qui compte de nombreux apôtres de la rigueur financière. L’UDC, quelques PLR – dont la cheffe de groupe uranaise Gabi Huber – et l’USAM ont annoncé qu’ils rejetteront toute hausse de la TVA. La bataille du rail est loin d’être terminée! |









