Crise financière européenne
La Suisse estime en faire assez
Par Philippe Le Bé - Mis en ligne le 11.05.2010 à 17:38
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SOUTIEN FINANCIER À LA GRÈCE
Comme membre du Fonds monétaire international (FMI), la Suisse pourrait se contenter d’apporter une contribution proportionnelle à sa quote-part, laquelle représente 1,59% du total de droits de tirages spéciaux dont dispose l’organisation. Son aide à la Grèce atteindrait dès lors 690 millions de francs, sur les 42 milliards prévus dans le plan de sauvetage du FMI. Mais comme la Suisse figure parmi les rares pays affichant une stabilité financière, le Conseil exécutif du FMI pourrait lui demander de faire un petit effort supplémentaire. La Suisse devrait-elle en faire davantage? Perçue comme un excellent gestionnaire de ses deniers publics, mais aussi parfois comme repliée sur elle-même, toujours peu encline (moins que jamais) à rejoindre l’Union européenne, ne pourrait-elle pas donner un signal positif à la communauté internationale en se montrant plus solidaire?
Dans les milieux économiques, patronaux et syndicaux, un tel geste n’est pas considéré comme opportun. «La Suisse n’a pas à prendre les devants. Il est essentiel de se montrer solidaire mais nous ne devons pas entreprendre une action qui ne soit pas coordonnée avec les autres bailleurs de fonds», soutient Cristina Gaggini, directrice romande d’economiesuisse. «L’Union européenne a accepté que la Grèce intègre la zone euro. C’est donc aux pays de cette zone de lui venir en aide. La Suisse doit surtout lutter contre un franc fort qui la pénalise», renchérit Daniel Lampart, chef économiste à l’Union syndicale suisse. «Je ne vois pas pourquoi la Suisse s’impliquerait en avançant des fonds supplémentaires», estime l’économiste Jean-Pierre Ghelfi, président du conseil d’administration de la Banque cantonale neuchâteloise. Rarement une telle unanimité s’est dessinée dans le pays. Comme pour donner bonne conscience à tout le monde, Stéphane Garelli, professeur à l’Université de Lausanne et à l’IMD, souligne que «tout cet argent n’est pas mis en oeuvre pour sauver la Grèce mais ses créanciers qui seront remboursés plein pot!» Les autorités helvétiques, qui jusqu’au lundi 10 mai n’avaient pas pris officiellement position, pourraient toutefois ressortir des placards la loi fédérale sur l’aide monétaire internationale du 19 mars 2004. Cette dernière stipule que «pour maintenir et promouvoir la stabilité des relations monétaires et financières internationales, la Confédération peut fournir une aide monétaire à des Etats» sous forme de prêts, de garanties ou de contributions à fonds perdus. Un arrêté fédéral fixe par ailleurs le montant d’un crédit-cadre: 2,5 milliards de francs.
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