L'Hebdo;
2009-03-12 LA SUISSE, L’UE ET LES MÉDECINS
Mon médecin, ce héros L’Hebdo no 7
Les études de médecine durent six ans. En 1997, une étude américaine estimait le coût de cette formation entre 44000 et 92 000 dollars par année. Converti en francs suisses et multiplié par six années d’études, cela veut dire que la société doit investir entre 366 000 et 772 000 francs pour chaque médecin formé.
En 2006, une enquête effectuée auprès des hôpitaux en Suisse recensait 1948 médecins assistants en provenance de l’UE. Ce qui représente plus d’un médecin assistant sur trois.
Il s’agit de 1 948 médecins dont la formation n’a pas coûté un centime à la Suisse. On peut donc chiffrer – approximativement) – l’économie réalisée pour la Suisse entre 712 millions et 1,5 milliard. En appliquant ce raisonnement aux infirmières et physiothérapeutes, on pourrait aisément rajouter quelques millions de plus. Nos voisins européens nous fournissent donc des professionnels de santé sans que nous devions les former. Rappelons que la pénurie de médecins menace aussi notre premier fournisseur qu’est l’Allemagne. Ces éléments montrent une Suisse qui s’accapare les ressources de santé de ses voisins de la même manière qu’elle s’accapare les ressources fiscales de l’UE avec son secret bancaire. Il serait bon que la Suisse devienne d'abord un partenaire honnête, puis un membre à part entière de l’UE. Il s’agit de se demander si notre position est acceptable du point de vue moral face à une Europe qui fait des efforts pour sa construction et pour le développement de ses nouveaux pays membres. On ne peut que regretter que la Suisse profite sans contribuer à l’effort de solidarité européen.
Arnaud Rey, étudiant en médecine et membre du NOMES
«JEAN BART NE VOUS AIME PAS»
Réaction à l’«Humeur» d’Isabelle Falconnier L’Hebdo No 9
A la lecture de votre article sur moi, la première impression est celle que vous n’avez rien compris au sens de mes propos ou, alors, qu’il y a une volonté de détruire mon image en les extrapolant et en les déformant! Vous titrez votre article avec l’extrait d’une phrase inspirée d’une célèbre apostrophe cannoise de Maurice Pialat, de plus, sans en citer la source. Pour ma part, je n’ai rien dit de pareil. «Faut-il avoir du cÅ“ur entre l’artiste et son public?» Mes déclarations répondent clairement à cette question. Il faut du respect. L’amour doit aller dans le geste créatif, je dénonce toute forme de démagogie avec les sentiments et la transfiguration du mot «amour». J’aime trop René Char, pour trahir le sens véritable de ce mot magnifique.
«Je déteste la chanson, je déteste les chanteurs»: vous citez un extrait d’une phrase hors de son contexte. Je déteste la chanson et ceux qui la font comme on nous la présente et on nous l’impose la plupart du temps. Sans originalité, audace et poésie. «Céline Dion, c’est Hitler»: je n’ai absolument jamais prononcé cette phrase et je trouve très grave d’utiliser cette formule. J’ai comparé Madame Dion à Georges Bush, une espèce de républicaine bien-pensante de la vulgarité et du mauvais goût.
«Hitler»: j’ai parlé par analogie du régime hitlérien au sujet de notre société et de ces nombreuses manifestations et productions proposées qui font la joie et la liesse d’une certaine catégorie de gens qui ont oublié que l’art est, aussi et surtout, fait pour penser! Et, comme il faut toujours terminer ce qu’on a commencé, comme disait Monsieur Fritz Lang, je vous dirais: «Si vous m’aimez, soyez rassurée, Madame Falconnier, eh bien moi de même!»
Jean Bart
COPIE À REVOIR
Révolution scolaire de Jon Ferguson L’Hebdo no 9
Le jour même où j’ai lu les propositions de Monsieur Ferguson, ma fille de 14 ans (8e année scolaire) venait de rentrer de l’école, enthousiasmée par un cours pratique de sciences. «Le cours le plus intéressant que j’aie jamais eu dans ce domaine!» Il s’agissait de la dissection, guidée par le professeur, de l’Å“il d’un porc! Je me suis immédiatement posé cette question: comment cela serait-il possible dans les misérables vingt-cinq minutes prévues dans le programme de Monsieur Ferguson? En regardant sur un écran «le meilleur professeur du canton» exécuter cette tâche? En simulant cette tâche sur son ordinateur? Rien de comparable, bien sûr, avec l’expérience réelle de la dissection. Aussi insipide et conserve. Ennuyeux qu’un plat en conserve.
De nombreux autres points mériteraient des commentaires. Contentons-nous de relever que 25 élèves dans une salle de classe ne provoquent pas nécessairement le chaos, le nonapprentissage ou des explosions incontrôlables. C’est aussi dans ces classes-là que se forment les amitiés durables. Ne sous-estimons pas l’importance sociale de tous ces moments passés ensemble, même si la rentabilité pédagogique n’est pas toujours au sommet. Et gardons l’enseignement sur ordinateur comme complément et non comme base de l’enseignement.
Les critiques de Monsieur Ferguson sont à bien des égards pertinentes et admettons que nous avons le plus mauvais système scolaire… mais empressons-nous d’ajouter, comme sir Winston Churchill à propos de la démocratie: «(...) A l’exception de tous les autres…» Merci de vos critiques, merci de nous faire réfléchir, Monsieur Ferguson, mais, pour les solutions, revoyez votre copie!
Raymond Capré, Lonay
«MERCI»
Opération Son pour la tête L’Hebdo no 10
Bravo pour cette initiative, qui permet à une musicophile peu avertie de 42 ans d’écouter enfin tous ces artistes dont elle avait pourtant entendu parler. La sélection est éclectique, mais j’avoue que tous m’ont séduit et nul doute que je n’hésiterai pas à assister à l’un de leurs concerts. Merci à vous de continuer de nous ouvrir les oreilles.
Anne Beuchat, par e-mail
DOPAGE.
Avec le dopage génétique, on courra le 100 mètres en sept secondes, ce sera ridicule et il y aura des morts.
Dwain Chambers, champion d’Europe du 60 mètres et ex-dopé qui a tout testé
MUSÉE DES BEAUX-ARTS
GELER LE DOSSIER
Depuis quelque temps, la question se pose de savoir de quel Musée des beaux-arts le canton de Vaud va se doter et où il sera installé. Comme dans le basket-ball, je réclame un temps mort!
Dans ce dossier, refusant tout compromis et dialogue, Madame Anne-Catherine Lyon a fait preuve d’une totale intransigeance et a rejeté sans discussion l’argumentation des citoyens qui ont osé avoir une opinion différente de la sienne.
Bornée, hautaine et, de plus, mauvaise perdante, elle s’est disqualifiée elle-même dans ce dossier. Je suggère donc aux Vaudois (j’en suis aussi un, mais exilé à berne) de geler ce dossier jusqu’au départ de madame Lyon du Conseil d’etat, en espérant que la personne qui lui succédera ne sera pas aussi une ou un ayatollah de la culture.
ANDRÉ LEYVRAZ, BERNE
LES COULISSES DE LA RÉDACTION
LA SUISSE SEULE CONTRE TOUS
C’est un fait. Malgré quelques alliances mineures de dernière minute, la Suisse n’est plus seulement isolée au centre du continent européen, mais est aussi devenue une cible pour les dirigeants des puissances économiques mondiales. Et les attaques la remettent en cause jusqu’au cÅ“ur de son fonctionnement. «La Suisse contre le reste du monde» en une de L’Hebdo? La décision n’a pas été facile. Car le constat génère un cas de conscience peu évident à gérer: celui de la responsabilité. Faut-il, dans la difficulté, participer au mouvement qui tente de calmer le jeu? Ou, au contraire, doit-on privilégier les faits – quitte à, comme certains en accusent les médias, donner des arguments à ceux qui nous battent? La rédaction a choisi. Elle préfère éclairer la réalité, même si le miroir peut engendrer l’inconfort. PO
«L’abandon de l’exigence du minaret dans la construction de mosquées sur le territoire de la Confédération permettrait de débloquer la difficulté. Le maintien de cette même exigence serait difficile à entendre.» Pierre Saba, Genève
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