La Suisse médaille d'or de la compétitivité. Et alors?
Mis en ligne le 28.09.2006 à 00:00
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L'Hebdo;
2006-09-28 La Suisse médaille d'or de la compétitivité. Et alors?
Indices Pour la première fois, la Suisse se place en tête du classement 2006 sur la compétitivité établi par le WEF. Mais pour l'IMD, elle est toujours huitième.
Pour justifier la première place de la Suisse dans le classement 2006 du World Economic Forum (WEF), l'économiste Augusto Lopez-Claros ne tarit pas d'éloges sur la compétitivité hel-vétique. La Suisse bénéficie de grands centres de recherche et d'une industrie qui travaillent en étroite collaboration, ses entreprises dépensent sans compter pour la recherche et le développement, son cadre institutionnel est solide, son système judiciaire performant, ses institutions publiques transparentes et fiables. Bref, c'est quasi le paradis. «La performance de la Suisse est remarquable sur toute la ligne.» Champagne? Un coup d'oeil sur le dernier rapport annuel de l'IMD sur la compétitivité des nations laisse quelque peu songeur. La Suisse y figure en huitième position, les Etats-Unis, Hong Kong et Singapour récoltant respectivement les médailles d'or, d'argent et de bronze. Dans le classement du WEF, en revanche, les Etats-Unis s'effondrent à la sixième place, Singapour et Hong Kong sont respectivement classés au cinquième et au onzième rang. «Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà», nous disait Pascal.
Deux méthodologies En l'occurrence, ces deux visions de la compétitivité des Etats s'expliquent par deux méthodologies différentes. Le rapport du WEF est en grande partie (environ les quatre cinquièmes) réalisé à partir de sondages. Cette année, plus de 11 000 chefs d'entreprise ont été contactés dans 125 pays. En ce qui concerne l'IMD, les critères statistiques représentent les deux tiers de son classement. Le tiers restant est le résultat de sondages. La méthode du WEF a l'avantage d'impliquer un nombre sensiblement plus grand de pays que celle de l'IMD (125 contre 60). Mais elle présente l'inconvénient d'être plus volatile, faisant appel à des jugements par définition moins rationnels que la froideur des chiffres. Autre différence importante: contrairement à l'IMD, le WEF ne tient pas compte de la taille des Etats, les données étant généralement considérées par habitant. C'est pourquoi, par exemple, la dimension du marché américain et le nombre des chercheurs actifs aux Etats-Unis sont davantage pris en considération dans le classement de l'IMD que dans celui du WEF. Comment s'y retrouver? Une synthèse des deux classements pourrait être une piste. Mais l'exercice resterait fort artificiel. Il est toujours possible de se dire qu'il en est de l'économie comme des états d'âme. Ces derniers demeurent introuvables dans le cerveau, même en y faisant plusieurs fois le tour. |
Philippe Le Bé
indice de compétitivité global 2006 du wef et comparaisons avec 2005
Classement Score Classement Variations Pays/économie 2006 2006 2005 2005-2006
Suisse 1 5,81 4 3
Finlande 2 5,76 2 0
Suède 3 5,74 7 4
Danemark 4 5,70 3 -1
Singapour 5 5,63 5 0
Etats-Unis 6 5,61 1 -5
Japon 7 5,60 10 3
Allemagne 8 5,58 6 -2
Pays-Bas 9 5,56 11 2
Royaume-Uni 10 5,54 9 -1
Source: wef
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