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La suisse romande regorge de papables

Par Michel Guillaume, Chantal Tauxe - Mis en ligne le 10.06.2009 à 14:09

Conseil fédéral. La place des Romands est contestée. Pourtant, jamais la députation francophone n'a autant pesé sur la politique fédérale.

Alors que la succession de Pascal Couchepin devrait être ouverte cet automne, un scénario bizarre ne peut être exclu. La part des Latins au Conseil fédéral pourrait être réduite à un seul représentant. Le radical romand serait remplacé par un radical alémanique. Une manière de jouer la succession de Hans-Rudolf Merz avant l'heure, au cas où l'Appenzellois connaîtrait une nouvelle défaillance. Aux Romands de se battre plus tard pour sauver le deuxième siège. Une manœuvre plus qu'incongrue. Jamais peut-être, la Suisse romande n'a eu autant de papables pour le Conseil fédéral. Quelle que soit la couleur politique des sièges à repourvoir dans les années à venir, il y a de quoi offrir un vrai choix à l'Assemblée fédérale (sauf à l'UDC). Car, jamais, les Romands n'ont autant pesé sur la politique nationale.
Lors de l'enquête SOPHIA réalisée pour le Forum des 100 de L'Hebdo en mai dernier, les leaders suisses allemands et tessinois ont estimé que les Romands sont bien écoutés à Berne. Ils sont même 81% à juger qu'ils ont «assez de poids», une manière de sous-entendre qu'ils en ont peut-être trop...
Derrière les sondages, il y a des faits concrets. On compte désormais trois Romands à la présidence des cinq principaux partis politiques: Christian Levrat (PS), Christophe Darbellay (PDC) et Ueli Leuenberger (Les Verts). Et tous trois sont à l'origine de l'événement politique de la décennie: l'éviction de Christoph Blocher du gouvernement.
Outre-Sarine, les Suisses alémaniques le reconnaissent. «Les Romands ont gagné du poids et de la visibilité non seulement en décrochant trois fauteuils de président de parti, mais aussi parce que ceux-ci se débrouillent bien dans l'ensemble, note Denis von Burg, correspondant parlementaire de la Sonntags Zeitung. Christophe Darbellay, même s'il frise parfois le populisme, a sorti le PDC de sa crise. Quant à Christian Levrat, il occupe mieux le terrain que son prédécesseur Hans-Jürg Fehr et réussit le grand écart entre des Romands très marqués à gauche et des Alémaniques plus centristes.»



 
Combatifs.
Les élections fédérales de l'automne 2003 ont marqué la fin d'une traversée du désert de près de quinze ans. Durant cette période, à part les conseillers fédéraux, il n'y a guère eu que deux politiciens welsches influents à Berne : Pascal Couchepin, alors président du groupe radical, et Christiane Brunner, présidente du Parti socialiste.
Une nouvelle génération arrive donc en force en 2003: ce sont notamment les socialistes Alain Berset, Christian Levrat et Roger Nordmann, les Verts Ueli Leuenberger et Luc Recordon, le démocrate-chrétien Christophe Darbellay. Ce sont tous des enfants de la polarisation de la politique. L'avènement de Christoph Blocher au Conseil fédéral le 10 décembre a encore aiguisé leur combativité naturelle, et ils sont prêts à en découdre, à l'image d'un Jean Studer (PS/ NE) qui lance alors: «Jamais je ne boirai de cette soupe-là.» Ces jeunes pousses annoncent l'arrivée d'une Suisse romande conquérante et confiante en elle, qui ne se pose plus en victime de la majorité alémanique et ne pleurniche plus. «Nous sommes décomplexés, à l'image d'un arc lémanique qui connaît un développement économique extraordinaire ou d'un Valais qui croit en son avenir», clame Christophe Darbellay. Celui-ci se garde pourtant de tout triomphalisme. «Il ne s'agit pas de dominer qui que ce soit, mais simplement de faire entendre notre voix et d'apporter notre pierre à la maison suisse.»
Un autre élément a permis l'éclosion de cette nouvelle génération de Romands. Presque tous ses fers de lance sont bilingues. Mieux: ils n'hésitent pas à s exprimer en dialecte alémanique lorsqu'il le faut, quitte à choquer leurs collègues purement francophones. «Ce bilinguisme est décisif dans les commissions, voire le soir au café, là où se nouent les alliances qui font pencher la balance », relève Jean-François Steiert. Celui-ci sourit encore à l'évocation du récent débat sur le prix unique du livre, thème très impopulaire en Suisse allemande. En travaillant de concert avec le Valaisan Oskar Freysinger, qui a ensuite convaincu une partie de son groupe UDC, les Romands se sont imposés, à la surprise générale.

Coup de force.
Dans le domaine de la santé, les Romands se sont hissés récemment à presque tous les leviers de commande. Sans parler du ministre Pascal Couchepin, Pierre-Yves Maillard a repris la présidence de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé, puis Claude Ruey celle de l'association faîtière des caisses maladie santé-suisse et, enfin, Charles Favre celle des hôpitaux H+. Des exemples parmi d'autres. Dans ces conditions, priver les Romands d'un siège serait un coup de force délétère.






LA LISTE DES PAPABLES:






Tags: actuels, suisse romande, succession Pascal Couchepin, papables, candidats, politique,

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Réaction de vsch
le 30.07.2009 à 21:13
est-il utile de rappeler que les romands n'ont PAS de...
 
Réaction de CT
le 17.06.2009 à 19:54
Cet article traite des "papables" romands pour le Conseil fédéral....
 
Réaction de C. Algor
le 16.06.2009 à 13:35
Très bien. Seulement on se demande pourquoi la Suisse romande...
 



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