Tempête dans un verre d’eau? Ou vrai malaise? Depuis l’annonce, lundi 8 mars, du départ de La Télé de Thierry Bovay, directeur des programmes, et de Lionel Capt, directeur financier, les spéculations vont bon train sur la santé de la petite dernière du paysage audiovisuel romand. Les uns expliquent ces démissions par une audience catastrophique pour la chaîne lancée en septembre 2009. Les autres par des liquidités défaillantes. D’autres encore par des rentrées publicitaires très difficiles.
Alors dans la tourmente, La Télé dont le budget se monte à 6,4 millions de francs, la moitié provenant de la redevance? «Non», répond Christophe Rasch, directeur de la station qui tombe des nues face à cette polémique naissante. «La Télé n’est pas du tout en crise. Et ceux qui l’affirment ne savent pas de quoi ils parlent», tonne-t-il, irrité de cette tempête provoquée par ce double départ, annoncé à l’interne il y a dix jours. «Il n’y a aucun problème. Ces directeurs nous quittent de leur plein gré.»
Lionel Capt, qui vient du milieu horloger, a décidé de retourner à ses premières amours. Un départ effectif à la fin avril. Quant à Thierry Bovay, injoignable, il s’en ira en juillet. Mais il poursuivra ensuite sa collaboration avec la chaîne valdo-fribourgeoise en tant que fournisseur de contenu et actionnaire (3,86% du capital de La Télé). «Mediaprofil, société qu’il contrôle, est même l’un de nos plus gros producteurs d’émissions», argumente Christophe Rasch qui devrait reprendre la direction des programmes. «Il a décidé de se concentrer sur une activité de producteur indépendant. Ces deux départs sont normaux dans une société qui se met en place.»
Discrétion. Question chiffres, en revanche, Christophe Rasch se montre plus discret même s’il a l’impression que cette polémique est provoquée par ses concurrents pour qu’il abatte ses cartes. «Je ne peux pas en parler avant l’assemblée générale des actionnaires prévue le 15 mars et, surtout, pas avant d’avoir terminé la mise en place de notre Telecontrol avec la Fondation Mediapulse et Telecontrol.»
Mais le patron de la chaîne est confiant. «Nous sommes dans la cible. Si la publicité régionale peine à cause de la crise, la publicité nationale rentre normalement, tout comme le sponsoring des émissions. Nous répondons à une demande.»
Au niveau de l’audience, même topo. «Nous en saurons plus en juin lors de la publication des premiers chiffres. Mais la tendance est telle qu’attendue», insiste Christophe Rasch qui demande un peu de patience tout en annonçant plancher sur des ajustements de programme pour la rentrée de septembre.
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