La touche "Federer"
Par TIPHAINE BÜHLER - Mis en ligne le 24.03.2010 à 13:59
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HUMANITAIRE. La Fondation Federer et Imbewu, ONG neuchâteloise, ont grandi ensemble et offert de l’espoir à Port Elizabeth. Six ans plus tard, les routes pourraient se séparer.
Quand arrive-t-il? Depuis deux jours, le téléphone d’Imbewu ne cesse de sonner à Port Elizabeth (Afrique du Sud). La personne désirée: Roger Federer. Dans une interview après son 16e sacre en Grand Chelem à Melbourne (Australie), le N° 1 mondial a dit vouloir prendre du temps pour sa fondation (RFF) et partir en Afrique du Sud. Il parlait en fait d’Afrique, plus précisément d’Ethiopie, dans l’un des projets humanitaires qu’il soutient. Mais l’information n’a pas tardé à être relayée dans la Nelson Mandela Bay. Pascal Holliger calme le jeu des appels. «Federer n’est pas là et il ne viendra pas», répète le Neuchâtelois expatrié à Port Elizabeth depuis 2007.
Le dernier voyage du Bâlois dans cette ville remonte à 2005. L’école qu’il parraine et où il avait passé la journée est toujours là. Les enfants y dansent en rondes. L’arbre planté par le champion y grandit, malgré la sécheresse qui prive des milliers de foyers d’eau depuis des mois. Et plus loin, le shack, cette maison en tôle si courante dans les townships – visité par Roger Federer et Adolf Ogi – n’a pas bougé.
Pour le tennisman, c’était le temps de la découverte de la solidarité humanitaire et d’un autre aspect du pays de sa maman Lynette. Cofondateur d’Imbewu en 2001, Pascal Holliger revient sur la genèse du partenariat: «J’avais glissé un mot sur notre ONG à Roger Federer lors d’une exhibition à l’Arena de Genève en décembre 2003. Il m’a dit d’envoyer un dossier à sa mère. Quatre mois après, j’ai reçu un appel de ses parents pour me dire qu’ils étaient à Port Elizabeth pour une visite.» Une séance a été fixée à Bâle quelques semaines plus tard. «Eux, comme nous, n’avions pas d’expérience dans l’aide au développement, se souvient le Neuchâtelois. Mais il y avait une envie de faire quelque chose et de bien le faire.» Peu après, la Roger Federer Foundation (RFF) parrainait 30 enfants et s’engageait dans les frais de fonctionnement d’Imbewu.
De 2004 à 2006, Imbewu était le seul partenaire de la Fondation Federer, à tel point qu’une confusion est rapidement née. Sur le terrain, des centaines de repas sont distribués quotidiennement dans les écoles. De 350 bénéficiaires, on passe à 2600, trois ans plus tard. A la fin de 2006, 28 personnes travaillent pour l’ONG dont le siège se trouve à Neuchâtel. Chaque année des bénévoles helvétiques et étrangers partent vivre une expérience d’entraide grâce à l’association.
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