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Intimité
La vie sexuelle des célibataires

Par Sabine Pirolt - Mis en ligne le 29.06.2011 à 11:55

La vie des hommes et des femmes célibataires fascine les personnes dites casées qui fantasment sur leur libertinage supposé. Qu’en est-il vraiment? Quelle est la vie amoureuse et sexuelle des célibataires de Suisse romande? Plongée dans un monde qui rêve aussi du grand amour.

A 37 ans, Sylvia* est une femme indépendante qui aime son travail et gagne bien sa vie. Elle a des tas d’amis, voyage, sort et s’amuse beaucoup. Des hommes, elle en rencontre régulièrement. Mais ce qu’elle aimerait, c’est le grand amour. «J’espère qu’il me tombe un jour dessus à la Migros, alors que je serai en Ugg.»

«LA VIE SEXUELLE DES CÉLIBATAIRES EST UN FANTASME EN SOI.» Pascal Lardellier, professeur à l’Université de Dijon

En attendant, comme cette Vaudoise n’est «pas une nonne», elle a des «amitiés crapuleuses» qui durent de quelques semaines à six mois. «Ce sont des relations plus ou moins stables, avec des hommes libres ou non.»

Dernièrement, elle a décidé de faire de l’ordre. «J’en ai viré deux de ma vie.» Pourquoi? «Si on est célibataire, ce n’est pas pour tomber dans la routine!»

Alors qu’elle avait également décidé de faire une petite pause garçon, un «ex» est revenu. «C’est ça que j’aime dans ma vie: un jour je suis célibataire, le lendemain j’ai quatre prétendants et le jour d’après je n’ai plus personne.»

Fantasme et réalité. Comme Sylvia, en Suisse et selon l’Office fédéral de la statistique, plus d’un million trois cent cinquante-deux mille personnes sont célibataires, soit sans partenaire.

Si dans sa définition première le mot «célibataire» désigne un homme ou une femme non marié, il est souvent utilisé pour parler des personnes solos. Les solos représentent donc 22,4% de la population des 18 ans et plus.

Parmi eux, une majorité de femmes: 25,9% contre 18,8% pour eux. Selon une étude du site de rencontre Parship parue en janvier 2011 (échantillon de 1000 personnes âgées de 18 à 69 ans), 55,8% des célibataires – 60,1% de femmes et 49,5% d’hommes – le sont depuis plus de trois ans, même si 43,3% sont à la recherche d’un partenaire.

Comment ces personnes font-elles le plein de sentiments et quelle est leur vie sexuelle? En Suisse, il n’existe pas d’étude sérieuse sur le sujet. Et pourtant, comme le dit Pascal Lardellier, professeur à l’Université de Dijon et auteur de trois ouvrages sur le célibat, «la vie sexuelle des célibataires est un fantasme en soi. Les idées sur le sujet sont nombreuses et tranchées.

D’aucuns pensent que les célibataires n’ont pas de vie sexuelle, d’autres considèrent au contraire qu’ils ont une sexualité débridée. La réalité se situe entre les deux. Il n’est pas faux de dire qu’il y a presque autant de vies sexuelles qu’il y a de célibataires.»

L’Hebdo a ouvert la boîte de Pandore et interviewé dix-neuf d’entre eux. Si chaque histoire est en effet différente, des constantes surgissent aux détours des confessions. Du «plan cul» à l’abstinence en passant par le «fuck friend», petit tour d’horizon de la vie intime des solos.

Accro aux aventures. Lorsque sa femme l’a quitté en 2007, après quatorze ans de mariage et de fidélité, Bernard*, 45 ans, s’est inscrit sur trois sites de rencontre. Cet habitant du Jura bernois a alors découvert un monde dont il ignorait l’existence.

Lui qui avait coché les cases «rencontres sérieuses» s’est retrouvé à parler de sexe très rapidement. «Ça dévie automatiquement. Et franchement, il y a autant de femmes que d’hommes intéressés par les plans cul.»

Résultat: en trois ans, cet homme aux épaules carrées et au langage direct a rencontré une centaine de femmes et couché avec cinquante. «D’abord, on boit un verre. Il faut que la personne me plaise.»

Parmi toutes ces aventures de quelques heures ou d’une nuit, ce représentant est tombé sur quelques femmes mariées – et voyait beaucoup de Valaisannes, «parce que ce sont les plus chaudes.

Au début j’étais content d’avoir toutes ces aventures, je ne m’embêtais pas. J’avais tiré mon coup, j’étais tranquille. Mais au bout d’un moment, c’est comme une drogue, je suis devenu accro et, surtout, j’ai découvert des pratiques plus “hard”. Je n’étais plus excité et n’avais plus de plaisir lors des rapports “soft”.»

Depuis quelques mois, ce père de famille a retrouvé une amoureuse et, grâce à elle, «du plaisir à pratiquer le sexe “normal”». Rétrospectivement, il ne regrette pas cette période de surconsommation même si, «pour finir», il ressentait «tout ça» comme un manque de respect vis-à-vis de la femme.

Auteur du récent Sex@mour (Armand Colin), le sociologue Jean-Claude Kaufmann s’est longuement plongé dans le monde des rencontres online. Alors, les femmes sont-elles aussi branchées «plans cul» que les hommes?

«Sur la Toile, c’est une minorité de femmes qui donne le ton. Leur attitude part d’une frustration et d’un agacement par rapport aux hommes qui ont le droit de tout se permettre alors que les termes qui qualifient les femmes qui font la même chose sont très négatifs.

Après une expérience de vie conjugale, elles sont seules et mettent à l’épreuve leur pouvoir de séduction ou se vengent.» Ces femmes qui se déchaînent trouvent un public d’hommes pour leur dire «vous êtes les meilleures!». «Cela change les règles du jeu. Celles qui ne couchent pas le premier soir sont marginalisées.»

Fucking friend. Les sites de rencontre, Florence*, Fribourgeoise de 31 ans, n’a encore jamais pratiqué. Elle est célibataire depuis deux ans et demi et ne cherche pas assidûment, même si elle aimerait «rencontrer quelqu’un». «Ce qui me manque c’est de partager et de construire quelque chose avec un homme. Comme je suis une femme indépendante, je n’aimerais pas m’encroûter dans un couple fusionnel.»

En attendant l’homme parfait, elle voit régulièrement son «copain sexuel» comme elle l’appelle, pour l’hygiène. «On se rencontre une fois toutes les deux semaines. On s’envoie un SMS.» Pour elle comme pour lui, les choses sont claires: «Le jour où j’ai quelqu’un dans ma vie, je le liquide.»

Cet ami est célibataire, tout comme elle. Ils se connaissaient depuis «assez longtemps». Ils se sont revus un beau jour et «cela s’est fait naturellement. Mais nous n’avons aucun intérêt en commun. Je ne pourrais pas imaginer passer ma vie avec lui. Quand on se voit, on discute un peu, mais c’est le sexe...»

Même arrangement avec la nature du côté de Frédéric*, 37 ans, qui n’a jamais été célibataire plus de huit mois. «J’ai une telle partenaire, célibataire elle aussi, depuis ma dernière rupture. Je me gênais un peu, mais j’ai vu qu’autour de moi, c’est courant. Ils ne sortent pas ensemble et ne s’embrassent pas à l’extérieur.»

Il voit sa partenaire sexuelle deux fois par mois. «Ce sont des moments de tendresse et de sexe. On discute, on mange ensemble. Mais je ne lui écris pas de mots tendres, pour qu’elle comprenne qu’il n’y a pas de lendemain. C’est moi qui lui dis quand j’ai envie que l’on se voie. Je pense qu’elle a plus de sentiments que moi.»

Aux yeux de Pascal Lardellier, le «fuck friend», une tendance d’inspiration nord-américaine, est en quelque sorte la solution idéale pour les célibataires. Ils peuvent ainsi se concentrer sur leur vie professionnelle et ne pas perdre de temps dans une recherche hypothétique de partenaire.

«Cette “contractualisation” de la vie sexuelle va dans le sens d’un nouveau pragmatisme, en même temps qu’il traduit une peur diffuse de l’engagement. On ne se vante pas à la ronde que c’est pour la cause du besoin.»

«CERTAINS CÉLIBATAIRES RENONCENT AU SEXE, CE N’EST PLUS LEUR PRIORITÉ. ILS SONT À LA RECHERCHE DE QUELQUE CHOSE DE PLUS ESSENTIEL.»

Marie-France Hirigoyen, psychiatre, auteur de l’ouvrage «Les nouvelles solitudes»

Le retour des ex. Le «fuck friend» n’a pas tué pour autant un plan ultraclassique: l’homme ou la femme mariée. Célibataire depuis une année, Tania*, 35 ans, mère d’une fillette, n’a pas mis long à trouver ce qu’elle appelle «son sex toy.

C’est une ancienne connaissance, qui rapplique ventre à terre quand je lui envoie un SMS, trois ou quatre fois par mois.» Les longues relations, la Lausannoise a donné pour le moment.

Du coup, cela l’arrange bien que son «sex toy» ait femme et enfants. «Au moins il ne va pas s’accrocher.» C’est lui qui a «offert son corps» en cadeau à Tania, en lui envoyant un SMS, le jour de son anniversaire.

Elle rit encore de bon cœur en évoquant tous ces copains qui, lorsqu’ils ont appris sa rupture voilà une année, l’ont invitée à boire un verre. «Cela faisait dix ans que je n’avais plus entendu parler de certains. J’appelle ce phénomène le retour des ex. Je pourrais en avoir cinq en même temps si je voulais.»

Un homme marié, Maria*, jolie blonde de 46 ans, en a un dans sa vie depuis trois ans et demi. C’est elle qui lui fait signe lorsqu’elle a envie, deux ou trois fois par mois. Il vient lui faire à manger et ils font l’amour. «Je suis bien ainsi. Je n’ai pas besoin d’un homme pour vivre ou être heureuse.»

La Genevoise travaille dans le milieu scientifique. «Souvent, les hommes mariés font des propositions. Si on veut garder sa liberté, c’est parfait.» Il y a tout de même des moments durant lesquels elle aurait envie de s’endormir avec quelqu’un. «Mais c’est juste une envie du moment qui ne dure pas.»

Ne craint-elle pas de se retrouver totalement seule un jour? «Je ne pense pas que cela va m’arriver. Et puis, surtout, j’ai arrêté de me projeter dans la vie et de penser que le bonheur vient de l’extérieur.»

Il n’y a pas d’âge. Ce constat, Bernadette, 60 ans, l’a fait voici quinze ans. «C’est comme un coup de foudre qui m’est tombé dessus: j’ai réalisé que le bonheur, ce n’est pas chez l’autre qu’on le trouve mais en soi.» A partir de ce moment-là, elle a arrêté d’espérer revivre en couple.

D’ailleurs la vie à deux, elle n’y voit rien de positif. Cela fait plus de vingt ans qu’elle est célibataire. «On est bien mieux avec des amants de passage. Eh oui, il faut bien que le corps exulte!»

Difficile de trouver des soupirants à son âge? «Non, si on a l’air décontractée, ce que je suis. Les mecs pensent tout de suite que l’on doit être bien au lit.» Il faut dire que cette artiste ne fait pas sa «chochotte». «On s’entend bien, on va manger et puis... Il ne me faut pas une rose par jour pendant un mois.»

Ses amants, elle les trouve dans le réseau amical. «Après, l’amitié continue. On est comme deux grands gamins: on joue un soir et le lendemain on reprend nos responsabilités.»

Elle ne passe à l’acte qu’avec des hommes qui ont la même vision de la vie, car elle ne veut pas tomber en amour. «L’amour, c’est pour les contes et légendes.»

Aujourd’hui, avec l’âge, elle peut passer dix-huit mois sans une relation sexuelle. «Je n’ai plus ces besoins, alors qu’à 50 ans, il n’y avait pas une semaine sans que je m’envoie en l’air. J’ai réalisé soudain que c’est du temps perdu.»

Dix-huit mois de disette et, soudain, «ils rappliquent tous en même temps. Ils savent tous qu’il y en a d’autres.» Les copines de son âge n’ont évidemment pas une relation aussi décontractée avec la chose. «Elles aimeraient bien mais elles sont coincées. Elles n’osent pas pour mille raisons, dont la morale judéo-chrétienne.»

Abstinence. Finalement, la sexualité est-elle indispensable? Voilà une des questions que pose la psychiatre Marie-France Hirigoyen dans son ouvrage "Les nouvelles solitudes", où elle explique que la solitude peut apporter énergie, inspiration et source de plénitude.

Elle raconte que parmi les célibataires qu’elle reçoit dans son cabinet, certains renoncent au sexe: «Ils ont investi ailleurs, ce n’est plus leur priorité. Beaucoup d’entre eux me disent: “Si je veux quelqu’un pour une relation sexuelle, je vais le trouver sans problème.” Ils sont à la recherche de quelque chose de plus essentiel que le sexe qui leur est proposé partout.»

Comme ses autres confrères, elle est frappée par l’apparition d’un nouveau phénomène: la peur des relations affectives intimes. «La vraie obscénité, c’est l’intimité. On veut de l’amour, mais on ne veut pas être celui qui s’implique le plus. Les gens disent chercher le grand amour, mais ils trichent avec eux-mêmes. Ils mettent des protections partout: ils sont derrière leur ordinateur, ils sont avec plusieurs personnes...»

Et c’est bien connu, pour rencontrer l’amour, «il faut lâcher les amarres, conseille Jean-Claude Kaufmann. Et accepter de changer, car lorsqu’on se met en couple, on est “reformaté” par l’autre qui est toujours profondément différent. Il ne s’agit pas juste de l’ajouter à sa vie.» Certaines personnes sont beaucoup trop dans le contrôle et disent savoir ce qu’elles veulent. «Mais il est impossible de dire comment sera la personne qui convient! Ce sera toujours une surprise...»

*Prénom modifié


Pourcentage de personnes n'ayant pas de partenaire...


Part de la population très satisfaite par rapport...


Faustine de Montmollin, 32 ans, Neuchâtel

"J'ai de la peine à dissocier sexe et amour"

Cela fait cinq ans que cette Neuchâteloise de 32 ans, maquilleuse et technicienne de spectacle, est célibataire. «Ce n’est pas un statut que je désire, mais je n’ai pas envie de me mettre avec n’importe qui. Avec les années, on devient plus exigeant, on s’habitue à une certaine liberté. Et il y a de moins en moins d’hommes libres.»

La jeune femme est sur un site de rencontre. «Il suffit de mettre une photo qui nous mette en valeur et un décolleté. C’est facile. Si j’ai envie de passer une soirée sympa sans lendemain, j’ai plusieurs hommes en attente. Je n’ai qu’à claquer des doigts. C’est assez valorisant et rassurant pour une femme de mon âge.»

Elle raconte avoir eu un «ami pour le sexe». «De son côté, c’était pour l’hygiène. Moi j’étais plus attachée que lui. Je suis une romantique et une sentimentale. J’ai de la peine à dissocier sexe et amour.»

Faustine compte beaucoup d’amis et sort énormément. Dernièrement, elle a rencontré une nouvelle race d’hommes. Ils ont vécu dix ans avec une femme qu’ils ont aimée profondément, ont fondé une famille, étaient fidèles, ont été déçus ou trompés.

«Ils ont 37-40 ans et la garde alternée. Une semaine sur deux, il n’y a que les enfants qui les intéressent. L’autre semaine, c’est juste la fête et le plaisir, ils ne pensent qu’à leur sexe. Ils n’ont aucune envie de se caser, ils veulent juste une amante régulière pour l’hygiène. Quand les sentiments arrivent, ils fuient. Et moi j’aimerais fonder une famille.»

Ses aventures d’un soir, elle ne les a jamais comptées. «Entre un verre et une nuit, j’ai rencontré un bon paquet d’hommes. Certaines fois, on sait très bien que ce sera éphémère. Mais il y a toujours un petit coup d’espoir.»

Elle ne regrette pas souvent ces heures d’intimité. «C’est un moment dont j’ai profité et l’autre aussi. S’il est magique, c’est bien grâce à deux personnes.»


Loïc Beiner, 33 ans, Bienne

"Je ne m'imaginais pas que c'était si facile de séduire"

A 33 ans, ce Biennois, commercial, passionné de inline hockey et de musique, est célibataire depuis huit mois. Après une relation de douze ans, il a encore le cœur brisé. Alors forcément, la vie en solo est une redécouverte.

«Etre célibataire, c’est d’un côté “vive la vie!” et de l’autre pas... Au début, c’était un réel plaisir d’aller dans les bars ou les boîtes, mais là, je me force à sortir le soir pour avoir une vie sociale plus développée, car je déteste la solitude.»

Trouver quelqu’un? «Il n’y a rien qui urge, même si je ne suis pas de première fraîcheur: moi qui m’étais toujours imaginé jeune papa dynamique...»

Des femmes, il n’a pas de problèmes à en rencontrer. «Je n’imaginais pas que c’était si facile de séduire. En même temps je n’ai jamais couché avec une fille qui me plaît énormément, de peur que cela me fasse de la peine si c’est sans lendemain.»

Il tient à rester discret sur le nombre de ses conquêtes. «Je ne me prive pas. Je rentre dans une sorte de jeu de séduction et ça marche. La réponse est en général ok, on y va…»

Le genre de femmes qu’il rencontre? «Elles ont la trentaine, ont vécu une rupture, ne sont pas prêtes à s’engager dans une histoire sérieuse. Ce sont des femmes que je connais, des anciennes copines d’adolescence, des ex-collègues de travail. Elles ne font pas partie de mon cercle d’amis. On se voit deux ou trois fois et puis il n’y a plus de nouvelles. Ça me va comme cela.»

Il y a quelques semaines, lors d’un festival, il s’est fait mettre la main aux fesses pour la première fois de sa vie. Il en est resté interloqué. Les copains l’ont encouragé. Elle a fini dans sa tente. «Mais je n’ai pas voulu son numéro de téléphone. Elle ne me plaisait pas. Mon rêve, c’est de fonder une famille.»


Marie-Jo Bispo, 37 ans, Lausanne

"Pour aller avec un homme, il me faut le coup de foudre"

«Il faut te trouver un copain. Tu es jolie et intelligente!» Voilà la petite phrase que cette Lausannoise de 37 ans entend souvent dans la bouche de son entourage. Elle sent bien qu’ils se demandent pourquoi elle est si souvent solo. «Ils trouvent cela louche...»

Cette éducatrice de la petite enfance, qui a toujours eu des relations courtes – maximum deux ans –, est très heureuse seule. «J’aime beaucoup mon travail, j’ai beaucoup d’amis, une grande famille. J’aime voyager. Je peux faire ce que je veux car je suis libre. Je me sens bien dans ma peau ainsi.»

Sa dernière relation s’est terminée il y a un mois. «Pour lui, j’ai changé et me suis éloignée de mes amis. A quoi bon? Je n’ai rien gagné. Dans une relation, je souhaite être moi-même et ne pas changer pour l’autre.»

Et l’amour, pendant ces périodes de célibat? «Cela ne me manque pas. Je peux rester une année sans sexe, je n’en ai pas besoin. Pour aller avec un homme, il me faut le coup de foudre ou au moins une attirance physique.»

La Vaudoise d’origine portugaise ne cherche pas les rencontres à tout prix. «Je préfère que les choses arrivent par hasard. Il m’est arrivé d’avoir un amour platonique. Je rêvais alors à lui, je le voyais pour discuter. Cela me suffisait. Cela a duré longtemps.»

L’affection, elle la trouve dans sa grande famille, auprès de ses nombreux neveux, de ses dix frères et sœurs et de ses parents. «Je n’ai pas de sentiment de vide. En Suisse, les gens ont des petites familles, ils sont plus individualistes, ils se sentent seuls.»


Eileen Schurch, 36 ans, Lausanne

"Je ne vais pas avec un homme sur un coup de tête. Je suis une romantique"

Cela fait trois ans que cette Lausannoise de 36 ans, qui a grandi en Allemagne de l’Est et étudié en Angleterre, est célibataire. Responsable marketing et communication d’un portail internet, elle explique «être partout» sur la Toile. «Je suis sur Facebook, Twitter et des sites de rencontre.»

Si elle est passionnée par son travail, durant ses loisirs elle sort beaucoup, va dans les bars, en boîte, au théâtre. «L’avantage d’être célibataire, c’est d’avoir un grand réseau d’amis. Ma vie sociale cartonne.»

Et sa vie intime? «Pour que je sorte avec un homme, il faut que cela fasse “boom”! L’amour donne des ailes. Lorsqu’on est amoureux, on croit pouvoir tout réussir.»

Des hommes, elle en rencontre, lors de ses sorties et sur la Toile. Mais coucher pour coucher, ce n’est pas son truc. «Pour les femmes, c’est tellement facile d’avoir une aventure d’une nuit. Je ne vais pas avec un homme sur un coup de tête. Je suis une romantique. Si cela arrive, c’est que j’ai un sentiment “d’amourosité”.»

Depuis 2008, elle a craqué deux ou trois fois pour un homme. Les rencontres ont toujours été précédées de longues discussions sur le Net.

«Avec l’un d’eux, après une année, on a fini par aller boire un verre, on s’est vus quelques fois et puis cela s’est passé tout naturellement. J’aurais pu m’imaginer continuer avec lui, mais il disait qu’il avait plein de soucis. Il ne se signalait que lorsque lui en avait envie. J’étais toujours en train de l’attendre. Je lui ai demandé d’arrêter de m’écrire et cela s’est terminé ainsi.»

A suivi une autre correspondance par Internet. Elle a duré deux mois. «Et puis on a commencé à se téléphoner plusieurs fois par semaine, pendant des heures. On a fini par se voir. J’ai été chez lui pour le week-end en Suisse alémanique. C’était fabuleux, raconte-t-elle des étoiles dans les yeux. Mais en rentrant chez moi, je ne savais pas encore si j’étais amoureuse. On s’est appelé encore deux ou trois fois et puis plus rien. Je ne regrette rien. Tous ces SMS, messages et téléphones, ça m’a donné la pêche!»




Tags: vie sexuelle, vie amoureuse, célibataires,

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