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L'acteur Jean-Pierre Roth

Mis en ligne le 21.09.2000 à 00:00

L'Hebdo; 2000-09-21

L'acteur Jean-Pierre Roth

Le nouveau président de la BNS va devoir déployer des talents de diplomate, après avoir fait montre de stoïcisme. Ce Valaisan de 54 ans était - en tant que vice-président de l'institut d'émission - le favori naturel à la succession de Hans Meyer, lors de l'annonce du retrait de ce dernier au début de l'été. Il a pourtant vu ses chances de nomination peu à peu s'amenuiser, sur fond de mises en cause subtilement déguisées de ses compétences; par rapport à celles prêtées à son rival Bruno Gehrig, plébiscité par le conseil de la Banque nationale. Le Conseil fédéral a, lui, estimé qu'à égalité de savoir-faire et de savoir tout court, il n'y avait aucune raison de bousculer la tradition. Après avoir gagné la bataille partisane et la guerre des nerfs, reste à Jean-Pierre Roth à imposer l'autorité naturelle d'un banquier central: celle d'un chef d'équipe avare de paroles inutiles. G. B.

37,15 dollars

Jamais depuis l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990, le prix du baril n'avait grimpé si haut. C'était le 18 septembre. La référence n'est pas fortuite. Les conséquences attendues de la hausse de production décidée par l'OPEP ont été annulées par une escalade verbale entre l'Irak et le Koweït. Comme il y a dix ans. Même si le rapport de force dans la région n'est plus le même, ces tensions ont attisé le vent de hausse qui souffle sur les prix du pétrole. Et les espoirs de baisse de reposer une nouvelle fois sur l'Arabie séoudite, qui promet d'augmenter encore sa production.

LSE

Depuis l'OPA hostile du suédois OM sur le London Stock Exchange (LSE), les cartes des alliances paneuropéennes ont été redistribuées. iX, la fusion LSE-Deutsche Börse, a été enterrée le 12 septembre. Depuis, comme Francfort, Euronext (Paris-Bruxelles-Amsterdam) veut jouer les chevaliers blancs à Londres. But: créer, autour de la première des Bourses européennes, une place financière forte sur le continent.

COMMENTAIRE De réorientation stratégique à mutation génétique

De plus en plus vite, le monde change de peau. Et les entreprises qui ne muent pas au bon rythme risquent d'y laisser la leur. La mue est parfois si spectaculaire qu'elle transforme un éléphant en gazelle. En économie nouvelle, les réorientations stratégiques tiennent de la mutation génétique.

Sulzer, vieille marque industrielle qui évoque les machines et leur dur labeur, va devenir un label des technologies médicales de pointe. Conséquence de la «réorientation stratégique» d'un groupe plus que centenaire qui vient de décider de larguer cinq de ses divisions - les plus emblématiques d'un trop lointain glorieux passé - et leurs 14 600 employés. Exit les pompes, compresseurs, turbines et autres machines à tisser: désormais à vendre au plus offrant. Sulzer liftée se recentre sur ses activités qui rapportent le plus, dont les sophistiquées prothèses cardiaques. La logique est financière: les divisions survivantes devront augmenter leur chiffre d'affaires d'au moins 5% chaque année tout en dégageant au minimum une marge opérationnelle de 15%.

D'autres très grandes entreprises suisses ont déjà effectué des «réorientations stratégiques» de ce tonneau: Novartis, allégée du poids de la chimie traditionnelle grâce à Clariant et Ciba SC, brille de toutes les perspectives bénéficiaires de la pharma. Des mutations plus spectaculaires sont peut-être à venir. En vendant la poussive activité du transport aérien, SAirGroup doperait sa rentabilité en se concentrant sur le catering et les services de qualité à d'autres compagnies aériennes. Nestlé pourrait aussi envisager de se séparer de l'alimentation classique pour se contenter du commerce d'eaux minérales, d'alicaments et de cosmétiques. Projections hautement fantaisistes? Un brin trop futuristes. L'économie nouvelle aime les mues rapides et rentables. Elle ne bouderait peut-être pas une Swissair sans avions, une Nestlé sans soupes, des banques sans guichets et des groupes de presse sans journaux. Reste à programmer la mutation génétique des employés concernés. Devenir clone de journaliste virtuel, ça fait mal ou c'est par génération spontanée?

Geneviève Brunet

n Web: le prix d'un site p.48

n Paysans: la dépendance p.61

n Jacques Essinger p.70





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