Langues vernaculaires à traduire
Par Camille Chardon - Mis en ligne le 23.08.2010 à 16:37
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| En Afrique, il y a autant de langues qu’il y a d’ethnies. Le continent a atteint le milliard d’habitants et compte avec près de deux miliers de langues vivantes. Tous ces idiomes ont survécu aux multiples colonisations et demeurent utilisés malgré qu’ils ne soient souvent pas considérés comme langue nationale. Sous les projecteurs de la mondialisation, où l’anglais tend à s’immiscer dans toutes les discussions, cette pugnacité du terreau linguistique africain paraît exceptionnelle. Et ce n’est pas vue de Suisse, où le Romanche s’éteint davantage chaque année, que l’on dira le contraire. L’avenir des linguistes est donc prometteur en Afrique! Fabienne Freeland, qui collabore à une des plus grandes institutions dans le domaine - le Summer Institute of linguistics (SIL) - le confirme : « Cette ONG a débuté son activité en Amérique latine, mais désormais plus personne n’y travaille. C’est en Afrique qu’il y a encore beaucoup de choses à apprendre », précise-t-elle. Au Cameroun, le SIL est actif dans plus de 90 villages et tente de traduire une centaine de langues. Fabienne, qui vit à Yaoundé depuis maintenant dix ans, s’occupe de l’accueil des nouveaux volontaires, « pour faciliter leur intégration.» Elle estime à 160 le nombre d’expatriers au Cameroun, originaires principalement des Etats-Unis. « Ils collaborent tous avec des locaux bilingues pour faciliter ce travail de longue haleine », souligne-t-elle. Les linguistes du SIL résident plusieurs années au sein de communautés afin d’en apprendre la langue pour trouver le moyen de l’écrire. «Souvent, l’alphabète que nous connaissons ne suffit pas pour exprimer certains sons, y remédier est une tâche très délicate », explique-t-elle. Le Summer Institute of linguistics, qui existe depuis 1934 et est présent dans près de 70 pays, a donc contribué à l’avènement de l'écriture en langues vernaculaires. « Cela facilite la communication de manière générale, et aide les sociétés puisque des manuels de santé publique ont notamment pu être traduits», argumente Fabienne. Les adulateurs d’idiomes inexplorés savent désormais où se rendre pour s’épanouir. Seule condition tout de même: être de confession chrétienne évangélique. Car même si le SIL n’est pas officiellement un organise religieux, il n'est pas caché que les volontaires s’y engageant espèrent tous avoir, au cours de leur immersion, l’opportunité de traduire des évangiles.
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