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«C'est le troisième sous-sol du débat»!

Mis en ligne le 30.04.1998 à 00:00

Le chef du Département de la défense (DDPS) Adolf Ogi répond aux violentes attaques lancées par un Christoph Blocher radicalement opposé aux futures réformes de l'armée.

L'Hebdo; 1998-04-30

«C'est le troisième sous-sol du débat»!

Le chef du Département de la défense (DDPS) Adolf Ogi répond aux violentes attaques lancées par un Christoph Blocher radicalement opposé aux futures réformes de l'armée.

Monsieur le conseiller fédéral, vous vous profilez surtout comme ministre du Sport. Mais y a-t-il encore un patron au Département de la défense?

Et comment! Les 90% de mon emploi du temps sont consacrés à la Défense. J'ai même passé tout le week-end à y travailler avec mon secrétaire général. Jour et nuit!

Christoph Blocher a démoli le rapport Brunner, rédigé selon lui par une élite de «collabos». Vous vous sentez dans la peau d'un traître?

Bien sûr que non. Je laisse à M. Blocher la responsabilité de ses affirmations. Je ne veux pas entretenir le débat au niveau du troisième sous-sol. Je précise que je n'étais pas membre de la commission Brunner qui a planché sur les questions stratégiques de l'armée de la prochaine décennie. Je ne me sens pas concerné par ces critiques-là.

Bradez-vous la neutralité en prônant un corps de solidarité armé pouvant intervenir à l'étranger?

Le corps suisse de solidarité n'est qu'une proposition du rapport Brunner. La consultation qui vient d'être lancée nous en dira plus sur les orientations à prendre. Dans tous les cas de figure, la neutralité n'est pas remise en cause. Mais rien n'empêche qu'elle soit plus active, plus solidaire. La neutralité sera ce que nous voulons qu'elle soit, c'est un don des Suisses à eux-mêmes.

Ne pourriez-vous pas réduire les activités internationales de votre département?

Là, je ne comprends pas. Ces activités ne représentent que 0,8 % du budget annuel de notre département, qui se monte à 4,7 milliards. C'est un montant de 40 millions qui est affecté notamment au Centre de politique de sécurité à Genève, aux Bérets jaunes et à des activités traditionnelles de maintien de la paix. Cet engagement est faible par rapport à celui d'autres pays neutres comme l'Autriche, la Finlande ou la Suède.

Ne politisez-vous pas l'armée en voulant la rapprocher de l'OTAN, de l'Union européenne, de l'ONU?

L'armée restera un instrument au service de la politique, comme toujours dans une démocratie. Dans le document de présentation du Partenariat pour la paix, nous avons clairement dit que nous ne voulions pas adhérer à l'OTAN et que nous souhaitions conserver notre neutralité armée. Mon ami Christoph devrait lire ce document. Nous devons être présents là où la paix se concrétise, par exemple à Sarajevo. Si nous n'y étions pas, nous aurions de la peine à expliquer notre absence à la famille européenne.

Vous dites que certaines des déclarations de M. Blocher sont absurdes. Le dialogue est-il rompu avec lui?

Non. Je suis ouvert à toute critique, mais les faits doivent être exacts.

Votre position au sein de l'UDC s'est-elle affaiblie après la défaite de votre parti lors des dernières élections cantonales bernoises?

Non, car les cinq sièges perdus au Grand Conseil bernois l'ont été au profit des radicaux et des socialistes, et non au profit de formations plus à droite que la nôtre.

L'UDC joue résolument un rôle d'opposition. Est-elle encore un parti gouvernemental?

Oui. Plusieurs analyses l'ont montré. L'UDC s'est montrée ces dernières années plus gouvernementale que le Parti socialiste.

Après Adolf Ogi, y aura-t-il encore un conseiller fédéral de l'UDC?

Bien sûr. Vous verrez: lors des prochaines élections fédérales de 1999, nous allons encore progresser. De plus, les autres partis n'ont aucun intérêt à nous exclure du Conseil fédéral. S'ils le faisaient, l'UDC deviendrait le plus fort parti de Suisse lors des élections de 2003.

Propos recueillis par Michel Guillaume Expresso bio

1942 Naissance à Kandersteg (BE)

1969 Directeur technique, puis directeur de la Fédération suisse de ski

1979 Conseiller national UDC, un an après avoir adhéré à ce parti

1987 Conseiller fédéral

1995 Arrive à la tête du Département militaire fédéral

1997 Président du comité national de soutien à la candidature de Sion aux JO de 2006

1998 Change la dénomination du département et hérite du sport



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