ARCHIVES
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > ARCHIVES >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

«VOICI CE QUE JE YEUX FAIRE»

Mis en ligne le 15.01.2009 à 00:00

INTERVIEW. Pour la première fois, Barack Obama donne les critères qui permettront de juger concrètement les résultats de son action. L'homme n'a pas froid aux yeux, même s'il avoue ne pas être certain de remporter toutes ses batailles.

L'Hebdo; 2009-01-15

Barack Obama «VOICI CE QUE JE YEUX FAIRE»

RICHARD STENGEL,DAVID VON DREHLEETJOHN HUEY

INTERVIEW.

Pour la première fois, Barack Obama donne les critères qui permettront de juger concrètement les résultats de son action. L'homme n'a pas froid aux yeux, même s'il avoue ne pas être certain de remporter toutes ses batailles.

Le 20 janvier, Barack Obama deviendra le 44e président des Etats-Unis. Avec comme première mission, la résolution de la aise économique. Ardu. Bill Clinton, arrivé au pouvoir en pleine récession, avait lui aussi proposé un plan de relance, en grande partie refusé par le Sénat (malgré une majorité démocrate). Il faudra toute l'habileté d'Obama pour faire passer le sien. Sa tâche sera d'autant plus difficile que l'homme suscite d'énormes espoirs et qu'il n'est, pour l'instant, revenu sur aucune de ses promesses de campagne. Mais un bon candidat fait-il un bon président? Pour le savoir, le magazine Time ne l'a pas interrogé sur sa vision politique, mais, très concrètement, sur sa méthode pour faire avancer les dossiers et les critères qui permettront de juger son action.

Barack Obama, dans deux ans, à mi-mandat, sur quels critères les électeurs pourront-ils juger de votre réussite et savoir si vous avez tenu vos promesses?

Je crois que nous avons posé quelques jalons durant la campagne. En ce qui concerne la politique intérieure: aurons-nous réussi à aider l'économie à se redresser, à sortir de ce qui est la pire crise économique depuis la grande dépression de 1929? Aurons-nous réussi à mettre en place des régulations financières et des règles de conduite qui assurent qu'une telle crise ne pourra plus se reproduire? Aurons-nous réussi à créer des emplois qui paient bien et qui permettent à une famille de vivre correctement? Aurons-nous fait des progrès significatifs dans la réduction des coûts de la santé? Aurons-nous commencé - car cela prendra au moins dix ans avant d'y arriver - à vraiment produire et à utiliser à grande échelle les énergies renouvelables? Et aurons-nous réussi, ce qui est un projet à encore plus long terme, à revitaliser nos écoles publiques, qu'elles nous permettent d'être compétitifs dans le XXIe siècle? Voilà, et ce n'est que sur le front de la politique intérieure.

Et pour ce qui est de la politique étrangère?

Aurons-nous fermé Guantâ-namo d'une manière responsable? Mis clairement fin à la torture et rétabli l'équilibre entre exigences nécessaires à notre sécurité et droits constitutionnels? Aurons-nous reconstruit des alliances efficaces de par le monde? Aurai-je retiré nos troupes d'Irak et aurons-nous renforcé notre position en Afghanistan? Et pas seulement en termes de présence militaire mais aussi en termes de développement du pays. Et aurons-nous été capables de revigorer les institutions internationales, qu'elles soient mieux à même de trouver des solutions à ces grandes menaces transnationales, comme le changement climatique, que nous ne pouvons pas régler seuls?

Et au-delà des mesures politiques, je veux que, dans deux ans, les Américains puissent dire: « Le gouvernement n'est pas parfait, Obama prend des décisions qui me tapent vraiment sur les nerfs. Mais vous savez quoi? Je crois que le gouvernement travaille pour moi. Je crois qu'il est responsable. Je crois qu'il est transparent. Je crois que je suis bien informé sur ses décisions. Je pense que le président et son administration admettent qu'ils font des erreurs, qu'ils savent s'adapter et prennent des décisions basées sur des faits, sur des certitudes scientifiques et pas sur ce qui est politiquement dans l'air du temps.» Voilà, je l'espère, ce que pourront se dire les gens dans deux ans.

Est-ce que la crise économique va vous faire changer vos priorités, par exemple concernant l'énergie?

Heureusement la plupart de nos propositions ne concernent pas seulement la croissance à long terme, elles seront aussi utiles à court terme pour remettre l'économie sur les rails. En revanche, il est indéniable que la chute des prix du pétrole rend la discussion sur l'énergie plus difficile. Mais pas moins nécessaire. Plus que jamais, je pense qu'un investissement global pour transformer notre économie est absolument nécessaire - de la réhabilitation des bâtiments pour les rendre plus efficients du point de vue énergétique, à nos modes de transports et à la restructuration de notre réseau d'électricité. Mais quand les gens ne paient plus deux francs leur litre d'essence, alors les économies d'énergie ne sont plus leur priorité. Cela va rendre notre politique plus difficile à faire passer aujourd'hui qu'il y a six mois.

Quelle va être la durée de la récession?

Je n'ai pas de boule de cristal et les économistes n'arrivent pas à se mettre d'accord. Je crois que nous pouvons anticiper une année 2009 vraiment difficile. Mais si nous prenons les bonnes décisions, je suis sûr que nous pourrons limiter les dégâts en 2009 et que, en 2010, on devrait voir l'économie reprendre du poil de la bête. Mais, pour l'instant, nous sommes dans une situation très difficile. Vous savez, le Japon qui s'est retrouvé dans une situation assez similaire dans les années 90, a pris quelques mauvaises décisions. Il n'a pas osé affronter les problèmes de son système bancaire et s'est retrouvé sans croissance pendant presque dix ans malgré d'importants plans de relance. D'un autre côté, vous avez des pays comme la Suède qui, dans une situation analogue, ont agi avec courage, et en deux ans leur économie était sortie d'affaire avec le retour d'une forte croissance. Donc, les décisions que nous allons prendre auront un impact réel. Néanmoins, 2009 sera une année pénible.

Pendant les élections, avez-vous parfois pensé que vous alliez perdre?

Bien entendu.

Quand?

Disons-le comme ça: il y a eu de nombreux moments tout au long de la campagne où j'ai pensé pouvoir perdre. Et honnêtement vous savez, ma campagne a vraiment eu des hauts et des bas. Mais je vais vous dire une chose: on en a parlé avec Michelle avant que je me lance dans la course, et on s'est dit que si je menais la campagne que je voulais mener, si on arrivait à convaincre les gens, à les enthousiasmer, à les inciter à participer, si je parlais honnêtement avec passion de ce qu'étaient mes priorités, j'aurais de bonnes chances de gagner. Et si j'avais perdu ça n'aurait pas été si terrible. C'est pour cela que je suis resté assez serein malgré les hauts et les bas.

Ces moments n'ontpas été nombreux durant cette campagne. Néanmoins, il y en a eu où je n'étais pas très fier de ce que nous faisions. J'étais en train de déroger à mes principes. Michelle et moi, on s'était promis de toujours pouvoir se regarder dans un miroir une fois cette aventure terminée. Au final, je pense qu'à aucun moment nous n'avons trahi ce que nous étions vraiment.

Maintenant que vous êtes face à l'énormité de votre tâche, y a-t-il des problèmes que vous pensez être insurmontables?

Je pense qu'aucun problème n'est insurmontable. Mais il y en a quelques-uns qui sont incroyablement difficiles à résoudre. D'abord, il n'est pas encore certain que l'économie ait touché le fond. Dans ce contexte, même si nous prenons toutes les bonnes décisions en matière économique, il n'est pas sûr que nous soyons sortis de la crise dans deux ans. Mais je vais vous dire ce qui me tient éveillé la nuit. Je pense que l'Afghanistan va être un gros défi. Je suis convaincu que retirer nos troupes d'Irak est la bonne décision à prendre. Et je pense que nous pouvons le faire de manière responsable et stabiliser la situation là-bas. En outre, nous allons devoir être diplomatiquement et militairement très habiles pour convaincre le Pakistan de devenir notre allié dans la région, d'une manière qui diminue les tensions avec l'Inde.

Une troisième chose qui m'inquiète, c'est la prolifération nucléaire. Nous devons redonner une certaine crédibilité à un régime de non-prolifération qui a été mis à mal ces dernières années. Et nous devons le faire à un moment où l'internet rend accessibles comme jamais les technologies permettant de produire des armes de destruction massive et à un moment où de plus en plus de pays veulent développer l'arme nucléaire. Ça aussi, je pense, va être un très gros défi (ndlr: la question a été posée à Barack Obama avant les nouveaux incidents de Gaza entre Pales-tiniens et Israéliens).

Et finalement, pour ne rien oublier, il y a les changements climatiques. Tous les indicateurs montrent qu'ils arrivent de manière beaucoup plus rapide que les prévisions les plus pessimistes. Il va falloir un énorme effort de la part de la communauté internationale pour tenter de régler ce problème. Et cela va coûter cher. Et même si je suis convaincu qu'un changement dans nos habitudes offrira d'énormes opportunités de croissance économique et de création d'emplois à long terme, je sais aussi que cela coûtera cher à court terme. Et de convaincre les électeurs de faire de gros investissements dans ce qui ne rapportera qu'à long terme, c'est la chose la plus difficile en politique, non?

Qu'avez-vous reçu comme conseils sur votre nouvelle fonction?

Eh bien! comme c'est une expérience totalement unique, les seuls qui peuvent vraiment en parler sont ceux qui ont occupé le poste avant moi. Je ne vais pas vous révéler ce qu'ils m'ont dit car j'espère bien les revoir pour qu'ils me donnent des conseils et je veux qu'ils puissent le faire sans arrière-pensée. Mais tous m'ont assuré qu'il est important de garder du temps pour réfléchir et de ne pas passer toutes ses journées à être seulement réactif. Parce qu'il y a toujours une nouvelle crise à résoudre, il y a toujours une réunion à laquelle il faut absolument participer, une conférence de presse à faire ou des gens à voir. Je crois que maintenir une discipline de ce genre est important.

Une autre chose à laquelle je suis déjà confronté, c'est cette bulle qui entoure la présidence. Je n'ai pas encore trouvé le moyen de la briser. Elle est très résistante. Conséquence des problèmes de sécurité inhérents au poste, il m'est très difficile d'avoir les mêmes activités que les gens ordinaires. C'est un gros ajustement pour moi, et je n'ai pas encore réussi à le faire. Je ne suis d'ailleurs pas sûr d'en avoir envie. Remplir son réservoir à la station service, se rendre à l'épicerie, se promener avec ses enfants dans un parc: ce ne sont pas que des expériences intrinsèquement intéressantes, c'est aussi un moyen de rester en contact avec les gens et de comprendre ce qu'ils vivent. Je suis en train de négocier un peu plus d'espace de liberté, d'une manière qui ne mette pas en danger les membres des services secrets. Et pour l'instant, entre les avocats, les services secrets et la bureaucratie, je ne suis pas sûr d'être en train de gagner cette bataille.

Qu'y a-t-il dans votre style de management qui vous permet d'être si efficace avec les grosses organisations et de répondre à de nouveaux défis si rapidement?

Je ne crois pas qu'il y ait une formule magique. Je pense que j'ai un bon feeling pour dénicher les talents, donc j'engage des gens vraiment bons. Comme je n'ai pas un ego surdimensionné, je ne suis pas effrayé d'engager des gens très intelligents, même plus intelligents que moi. De plus, j'ai un seuil de tolérance très bas pour les guéguerres internes. C'est un message que j'ai très clairement envoyé à mon équipe. Je crois qu'avec le temps, les gens se font confiance et restent concentrés sur leur mission commune plutôt que d'être focalisés sur leur ambition personnelle ou sur leurs frustrations. Si vous avez une équipe brillante qui se concentre entièrement sur une mission commune, en principe, les choses avancent.

Est-ce que vous vous énervez facilement?

Je ne suis pas quelqu'un qui crie. Je trouve que ce qui a marché avec moi quand j'étais enfant, que ce qui marche pour Michelle et moi avec nos enfants, c'est simplement de donner un sentiment de culpabilité aux gens. Comme: «Mongars,je suis vraiment déçu par ce que tu as fait. J'attendais tellementplus de toi.» Et je crois qu'en général les gens veulent faire du mieux possible, si on leur indique clairement quel est ce mieux possible. Et s'ils vous voient personnellement agir de la sorte, ça vous donne un certain ascendant. Crier n'est le plus souvent pas très efficace. Mais il y a des exceptions. Il y a des moments où la culpabilité ne fonctionne pas et où il faut utiliser la menace.

Pour conclure, une question vraiment personnelle: est-ce que votre grand - mère est morte en étant sûre que vous alliez être élu président?

Honnêtement, je ne sais pas. Mais je sais qu'elle a voté pour moi. Sa dernière semaine de vie, elle l'a passée en partie dans le coma. Mais je dirais que trois semaines avant l'élection, disons deux semaines, que deux semaines avant l'élection, les chances étaient assez bonnes que je l'emporte. Elle était incrédule, je crois, jusqu'à la fin. Je l'ai mentionné dans une autre interview: ma grand-mère avait de la peine à croire que je puisse l'emporter. Pas pour des questions de race mais parce qu'elle était une personne de la campagne, les pieds sur terre, en général sceptique sur ce genre de choses et qui aurait préféré que je ne rentre jamais en politique, que je fasse quelque chose de sensé, comme devenir juge ou quelque chose comme ça, après mes études de droit. Ma mère, d'un autre côté, n'aurait jamais eu le moindre doute, parce qu'elle était absolument convaincue que son fils et sa fille étaient parfaits. Au final, c'est donc une question de personnalité.

Je pense à la vie de ma grand-mère, une femme née en 1912 ou en 1922 - attendez, je dois calculer - elle avait 86 ans, donc ça fait plutôt 1922. Elle a grandi pendant la grande dépression, dans une petite ville du Kansas et elle n'a fait que ses écoles primaires. Ensuite, elle s'est retrouvée à Hawaii, puis avec une fille qui a épousé un type venu d'Afrique. Et ensuite, elle a élevé ce gamin qui s'est mis dans toutes sortes de situations difficiles pendant son adolescence. Vous savez, la probabilité que ce gamin devienne un jour président des Etats-Unis était assez faible. D'une certaine manière, sa vie est bien représentative du merveilleux chemin que parcourent les Américains, où toutes ces forces, toutes ces cultures différentes, confluent et où l'opportunité d'ascension sociale d'une personne, d'une famille, est une réalité. Peut-être pas autant qu'on aimerait peut-être pas aussi vite. Mais une opportunité qui existe néanmoins. D'accord?

© 2008. TIME INC. TOUS DROITS RÉSERVÉS. TRADUIT DU MAGAZINE TIME ET PUBLIÉ AVEC LA PERMISSION DE TIME INC. TOUTE REPRODUCTION INTERDITE. ADAPTATION OT

PRÉSIDENT

Barack Obama (ici dans son bus de campagne), a une tâche immense devant lui.

PROTECTION

Dans le New Hampshire, le 16 octobre 2008, le président élu en pleine campagne.

PAUSE

A Berlin, le 24 juillet 2008, avant une rencontre sur les relations entre les Etats-Unis et l'Allemagne.

COULISSES

A Raleigh (Caroline du Nord), les derniers préparatifs avant son discours, avec son épouse Michelle.

COMPLICITÉ

En lowa, le président élu partage un moment en famille avec sa fille Sasha. Après le 20 janvier, il va devoir négocier de tels espaces de liberté avec les services secrets.

«JE VEUX M'ÉCHAPPER DE LA BULLE QUI ENTOURE LA PRÉSIDENCE. MAIS JE N'AI PAS ENCORE LA SOLUTION.»

L'INVESTITURE Avant les ennuis, la fête

L'investiture d'un nouveau président a toujours été une cérémonie un peu particulière, mélange de solennité et de fête. Pour Obama, plus de 1,5 million de personnes sont attendues, ce qui battrait le précédent record, établi par Lyndon Johnson, après l'assassinat de Kennedy, en 1965 (1,2 million). Seulement 300 000 personnes s'étaient déplacées pour George W. Bush.

L'événement coûtera une centaine de millions de francs, deux fois plus que pour Bush, la moitié à charge de la ville de Washing -ton, l'autre financée par le comité de soutien d'Obama. Les quatre jours que durera la fête, avec parade militaire, embouteillages monstres, concerts innombrables (dont Jay-Z, pour 400 francs la place, et Bruce Springsteen, gratuit) et bars ouverts toute la nuit (mais couvre-feu pour la vente d'alcool à 4 heures du matin), mobiliseront 8000 policiers et 10 000 soldats de la garde nationale.

La prestation de serment, en soi, n'est qu'une toute petite partie des cérémonies. Très formelle, elle commencera le 20 janvier à 10 heures du matin, avec hommes politiques, fanfares militaires, chanteurs (Aretha Franklin), musiciens (Itzhak Perlman et Yo-Yo Ma), poète (Elizabeth Alexander) et hommes d'église (dont Rick Warren, controversé parce qu'il s'oppose au mariage des homosexuels). Dans la soirée, Barack Obama s'en ira ouvrir pas moins de 10 bals, où se pressera tout le gotha de Washington. Pour l'occasion, le nouveau président vient d'acquérir un smoking, le premier depuis quinze ans, assurent les gazettes. Mais, sur le plan vestimentaire, tous les regards seront, bien entendu, tournés vers son épouse, Michelle, dont la robe est sans doute le secret le mieux gardé de toute l'opération. Et sans doute aussi, ce dont on parlera le plus, au matin du 21 janvier, avant même le discours d'investiture de son mari.

«AUCUN PROBLÈME N'EST INSURMONTABLE. CERTAINS SONT SEULEMENT INCROYABLEMENT DIFFICILES.»

«COMME JE N'AI PAS UN EGO SURDIMENSIONNÉ, JE N'AI PAS PEUR D'ENGAGER DES GENS PLUS INTELLIGENTS QUE MOI.»




Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.