Le blanchiment d'Ospel et de Kurer pourrait échouer
UBS. A l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, la décharge des anciens dirigeants sur les exercices 2007 à 2009 scandalise, de gauche à droite.
Il fut autrefois un temps de contes de fées où, au pays des banques, c’était encore mieux qu’une formalité: une gratitude. La décharge, votée par les actionnaires, du conseil d’administration et de la direction allait de soi. Mais à UBS, le conte de fées s’est tamisé de couleurs de cauchemar depuis la crise financière et les déboires américains. Alors, décharger la direction de ses responsabilités durant les années noires passe mal. «Franchement, j’ai été surpris, lorsque j’ai reçu l’ordre du jour de l’assemblée générale du 14 avril, d’y trouver ça.» Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos, est assez sidéré d’un pareil culot.
Epée de Damoclès. Car que signifierait un vote majoritaire des actionnaires en faveur de cette décharge, demandée par la banque pour les années 2007, 2008 et 2009? En clair, il ne serait plus possible pour UBS d’intenter une action civile contre ses anciens dirigeants. C’est Marcel Ospel qui dirigeait l’institution en 2007, Peter Kurer en 2008. «En 2009, ça se complique, souligne Biedermann, puisque Kurer était encore là trois mois.» Cela avant l’arrivée d’Oswald Grübel à la direction et de Kaspar Villiger au conseil d’administration. La décharge blanchirait ainsi du risque d’un procès civil Ospel et Kurer, les deux principaux responsables au moment de la débâcle. Or le civil, c’est la seule épée de Damoclès véritablement dangereuse: il peut se terminer par des demandes de remboursement conduisant quasi à la ruine des anciens dirigeants pour l’instant seulement condamnés à jouer au golf. Dominique Biedermann le souligne: «Les actionnaires ou l’Etat n’ont pas la possibilité de se lancer dans une telle procédure. Seule la banque le peut.»
Le président du Parti socialiste, Christian Levrat, rappelle d’ailleurs qu’Oswald Grübel a durant un temps laissé planer le doute: «Je crois qu’il y a réfléchi sérieusement. Mais il a finalement renoncé.»
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