GRACE ET DISGRACE
Le candidat de la dernière chance
Après beaucoup de cris et de fureurs, l’UDC a finalement choisi de rester gouvernementale. Mais le problème de son intégration dans les exécutifs n’est pas résolu pour autant. Partenaire loyal et collégial, coresponsable de la gestion gouvernementale, ou taupe infiltrée au service de son parti? Les déclarations d’Ueli Maurer sur ce point n’ont guère rassuré.
Les élections cantonales vaudoises offrent un laboratoire intéressant. Stratège de l’UDC pour la Suisse romande, Claude-Alain Voiblet est candidat au Conseil d’Etat. Après moult péripéties, il s’est imposé comme le colistier «naturel» des trois libéraux-radicaux sortants.
Pour Claude-Alain Voiblet, volontiers donneur de leçons, le challenge est de taille. Il doit déloger une des trois colistières de Pierre-Yves Maillard. L’ancien maire de Reconvilier, président du Conseil communal de Lausanne cette année et député, peut-il faire mieux que Nuria Gorrite, la populaire syndique de Morges, elle aussi députée, troisième socialiste sur la liste rose-verte? Peut-il faire mieux que Béatrice Métraux, la Verte que les électeurs ont assise dans le fauteuil UDC de feu Jean-Claude Mermoud en décembre dernier? Ou mieux qu’Anne-Catherine Lyon qui a réussi, en septembre dernier, à faire adopter à 52% une nouvelle loi sur l’enseignement obligatoire combattue par l’UDC? Les socialistes ironisent: «Nos candidats ont tous un bilan. Mais quel est au juste le bilan de M. Voiblet? La blochérisation de la Suisse romande?»
La question interpelle une large frange des libéraux-radicaux qui considèrent l’alliance avec l’UDC comme un boulet et auraient préféré que, enfin, leurs sections cantonales (pas encore fusionnées) prennent de la distance, à l’instar du parti suisse.
Plus cyniquement, cette énième main tendue aux blochériens du Pays de Vaud est peutêtre la dernière. Dans toutes les élections au système majoritaire de ces dernières années, sauf celle de 2007 avec Jean-Claude Mermoud, la présence de l’UDC a plombé les chances des candidats radicaux ou libéraux. L’alliance était décrite comme nécessaire pour empêcher le succès de la gauche. Cette stratégie d’épicier pleutre, niant l’histoire et les valeurs des libéraux-radicaux, n’a jamais réussi. L’élection au Conseil d’Etat apparaît ainsi comme un dernier test avant la rupture, la preuve ultime que la cohabitation n’est plus possible.
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