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Il est donc urgent de réagir par une stratégie offensive. Durant quelques mois, le PLR, le PDC et le Parti bourgeois démocratique (PBD) se réunissent en secret pour esquisser les contours d’une alliance. Les objectifs ne sont pas les mêmes pour tous. Le président du PBD, Hans Grunder, doit penser à court terme: les élections fédérales de 2011, après lesquelles il faudra assurer le siège d’Eveline Widmer-Schlumpf. De son propre aveu, Fulvio Pelli songe plutôt à «une collaboration plus affirmée à l’horizon 2015». Et Christophe Darbellay? Il est plus pressé. «Aujourd’hui, nous sommes cinq partis à pêcher dans le même étang. Nous n’avons plus de visibilité médiatique et l’électorat plus aucune lisibilité de notre action politique.»
Le groupe le plus puissant. Et si le centre droit réunissait toutes ses forces dans une grande fusion? Alors, il pourrait former le groupe le plus puissant à Berne en réunissant une bonne centaine de parlementaires, loin devant tous les autres. Mais personne ne songe à concrétiser cette vision, beaucoup trop audacieuse. A la mi-mai, la révélation des pourparlers secrets par la SonntagsZeitung semble même sonner le glas de la démarche. Presque tout le monde s’en distancie. La plupart sans esquisser la moindre réflexion, parfois simplement par frustration de ne pas avoir été mis au courant des entretiens.
«Il n’est pas question de fusion, insiste le président du PBD, Hans Grunder. Si nous nous disputons trop, nous allons nous cannibaliser. Cette alliance est donc nécessaire, mais elle doit rester thématique.» Même son de cloche chez l’entrepreneur bernois Johann Schneider-Ammann (PLR/BE): «Je ne crois pas à une fusion. Mais il nous faut un centre droit solide pour faire contrepoids face à la gauche et à l’UDC.»
Dans son parti, les religions sont loin d’être faites. A la tête du PLR, le président Fulvio Pelli et la cheffe de groupe Gabi Huber ne craignent pas d’afficher publiquement leurs divergences de vues sur cet enjeu stratégique. Le Tessinois croit à un centre droit plus fort: «Face à des partis qui prennent parfois le risque de voter contre les intérêts du pays, nous devons trouver des solutions pour la Suisse», dit-il. L’Uranaise, qui apprécie la rigueur de l’UDC en matière financière, est beaucoup plus sceptique. «L’alliance du centre est une vue de l’esprit, une simple bulle d’air», a déclaré Gabi Huber dans la Weltwoche. Les faits lui donnent tort pour l’instant. Rarement cette alliance s’est montrée aussi efficace que lors de l’actuelle session parlementaire. Juste avant qu’elle ne commence, les trois partis s’étaient fixé plusieurs priorités. Et, depuis, ils réussissent un carton plein.
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