Police:
Le chaos des polices, ça suffit. Place aux réformes
SÉCURITÉ. Pénurie d’agents, mauvaise coordination... Alors que les gardes-frontière se cherchent de nouvelles missions à l’ère de l’espace Schengen, des voix s’élèvent en Suisse alémanique pour les intégrer dans les polices cantonales.
Le corps des gardes-frontière a-t-il encore une raison d’être? Jamais, dans sa longue histoire remontant à 1894, le bras armé et en uniforme de l’Administration fédérale des douanes n’a été aussi contesté. Depuis l’entrée de la Suisse dans l’espace Schengen en décembre 2008, les frontières ont quasiment disparu. Et ce corps de 2000 hommes se cherche une nouvelle identité et de nouvelles tâches, notamment dans le maintien de l’ordre. Au point d’irriter les polices cantonales.
La conseillère d’Etat Karin Keller-Sutter (SG), vice-présidente de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP), a été la première à demander leur intégration dans les corps de police cantonaux. «Le corps des gardes-frontière est en train de se transformer en une police fédérale qui ne dit pas son nom. Il se cherche des missions et crée des doublons avec le travail des polices cantonales. Cette situation n’est pas satisfaisante», constate Karin Keller-Sutter, avant de conclure: «En termes d’efficacité sécuritaire, nos impôts seraient mieux investis en intégrant les effectifs de ce corps dans ceux des polices cantonales.»
Face à cette attaque frontale, l’homme qui devrait défendre les gardes-frontière, le chef du Département fédéral des finances (DFF) Hans-Rudolf Merz, ne l’a pas fait jusqu’ici, allant même jusqu’à biffer tout récemment une école d’aspirants à Genève pour des raisons financières. En colère face à cette dégradation des conditions de travail, le syndicat «garanto» n’a pas seulement appelé à une manifestation le 29 mai prochain à quatre points frontières, dont Bardonnex (GE). Il a aussi réclamé la démission de Hans-Rudolf Merz, une première dans l’histoire d’un syndicat de la Confédération!
Rien n’est plus comme avant depuis que la Suisse a intégré Schengen, ce vaste espace de coopération policière et judiciaire. Pour le garde-frontière, c’est une petite révolution. Il n’est plus autorisé à contrôler les personnes à la frontière suisse, mais peut en revanche accéder à la banque de données du SIS à Strasbourg.
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