MOTIVATION Yan, 16 ans, s’initie à l’art compliqué de l’écriture du mandarin. Luca Da Campo / Strates
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«Le chinois, c’est comme le grec ou le latin, mais en plus contemporain: c’est quelque chose que l’on peut se vanter d’avoir fait», plaisante le professeur Schmutz. Peu prétentieux, ses élèves sont en fait de vrais précurseurs. Ils réalisent la croissance rapide de la Chine et s’y préparent. «Le chinois pourrait m’aider dans le futur», anticipe Maya, 17 ans. Son camarade Yan, fanatique de langues, approuve: le chinois sera un avantage en or pour sa carrière dans l’interprétation ou le journalisme. Le jeune homme de 16 ans n’a pas une tête d’intello. Pourtant il dégage une motivation étonnante, sachant la difficulté d’intégrer les secrets de la langue. Rares sont d’ailleurs les élèves qui s’y accrochent.
Mais s’il se développe dans nos écoles, le chinois va-t-il se populariser auprès des étudiants? Silvio Amstad, professeur au Gymnase de Morges, cultive le projet d’un cours de mandarin pour la rentrée 2011. «Il me paraît important d’offrir cette possibilité à nos élèves, explique cet amoureux de la Chine. Etre initié au chinois, c’est aussi découvrir une culture fascinante qui concerne tout de même 1,3 milliard d’êtres humains.» A quand les voyages d’études à Pékin?
Un atout sur le CV. «Les perspectives d’avenir que promet la maîtrise de cette langue ne sont plus à démontrer», affirme la brochure du cours de chinois à l’Institut Florimont. Selon Gérard Duc, parents et élèves parient sur l’ouverture d’une Chine au potentiel grandissant. De leur côté, les spécialistes en ressources humaines reconnaissent l’importance du chinois dans le monde professionnel. «Sa maîtrise peut avoir une valeur décisive pour un engagement dans une multinationale», confirme José M. San José, porte-parole d’Adecco en Suisse. Mais si la langue est une chose, les structures sociales en sont une autre. Et la diplomatie n’est pas un art forcément inné. «Vous ferez plus de fautes si vous ne savez pas vous comporter avec les Chinois que si vous ne maîtrisez pas leur langue», prévient José M. San José. Dans cette perspective, certaines entreprises suisses forment leurs employés non seulement à la langue, mais également aux coutumes de l’Empire du Milieu. Pour faire carrière, les gymnasiens romands devraient-ils dès aujourd’hui apprendre le business à la chinoise?
«CEUX QUI SONT PEU DOUÉS DANS LES AUTRES LANGUES ONT L’OPPORTUNITÉ DE NOUS ÉTONNER!» Gérard Duc, directeur pédagogique à l’Institut Florimont
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