La Suisse a généreusement prêté à l’Oncle Sam: à fin mars les banques helvétiques étaient exposées à hauteur de 747,8 milliards de dollars à de la dette américaine. Dans ce total, ce ne sont pas les emprunts d’Etat qui pèsent le plus lourd, mais les créances auprès du secteur privé – 334 milliards – et celles aux banques des Etats-Unis – 153,8 milliards.
CHOC PLUS VIOLENT QUE LA CRISE DE L’EURO.
La chute du cours du billet vert face au franc érode la valeur de ce portefeuille obligataire; tout comme elle lamine celle des compartiments d’actions américaines, déjà en moins-values en dollars... La dégradation de la note de la dette souveraine américaine va-t-elle provoquer – en sus – une érosion du prix en dollars de nombreuses obligations américaines?
Dans un premier temps, la peur sur les marchés a plutôt provoqué une ruée sur les bons du Trésor; toujours considérés comme valeur refuge malgré la baisse de leur cote par la grande agence de notation. La menace est plus sérieuse pour les emprunts des collectivités publiques américaines – les fameux muni bonds – ou les obligations bancaires, sur fond de craintes de détérioration de la situation financière des banques.
En cas de baisse durable des marchés financiers et d’accentuation de la glissade du billet vert, les deux grandes banques suisses pourraient-elles essuyer des pertes difficilement supportables en regard de leurs fonds propres à peine convalescents? Le choc venu d’Amérique pourrait être plus violent pour elles que la crise de l’euro.
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