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Le colonel Chabert, re flet de notre époque

Mis en ligne le 03.11.1994 à 00:00

Comme le colonel Chabert, Balzac était à côté de son époque. Nous, par contre, nous y retrouvons beaucoup de la nôtre, et partageons du coup le malaise d'un auteur qui ne pourrait être plus actuel.

L'Hebdo; 1994-11-03

OUBLIONS LE FILM ET RETROUVONS LE LIVRE Le colonel Chabert, re flet de notre époque

Comme le colonel Chabert, Balzac était à côté de son époque. Nous, par contre, nous y retrouvons beaucoup de la nôtre, et partageons du coup le malaise d'un auteur qui ne pourrait être plus actuel.

Pierre Leuzinger

On peut apprécier les costumes de la dernière en date des adaptations cinématographiques du «Colonel Chabert». Mais il faut bien se rendre à l'évidence. Le film signé Yves Angelo trahit Balzac - non pas quant à la lettre, ce qu'il ne fait guère et qui pourrait être parfois utile - mais pour ce qui est de l'esprit même de l'oeuvre.

L'anecdote, elle, sort du film intacte. Le colonel Chabert réapparaît bien, comme dans le livre, quelque dix ans après le carnage d'Eylau où, le crâne fendu, il a été enterré vivant parmi les morts le 8 février 1807. Et, comme chez Balzac, le vieux soldat ne reconnaît pas le monde dans lequel il se débat désespérément pour se faire reconnaître. Ce devrait être une sorte de chauve-souris réveillée en plein jour et incapable de retrouver ses repères. Mais je défie tout lecteur de l'oeuvre originale d'identifier, dans l'image du militaire solide et malicieux que Depardieu nous donne de cet homme prématurément vieilli, le débris humain qui apparaît chez Balzac dès les premières pages du «Colonel Chabert».

Il y a plus sérieux. C'est la véritable mutation psychologique qu'on fait subir à la «veuve» du colonel disparu, devenue comtesse Ferraud. Balzac avait voulu cette femme intéressée et rouée jusqu'au sordide, impitoyable sans rémission. Est-ce pour faire plaisir à Fanny Ardant, une très belle mais bien trop sensible comtesse Ferraud, que le réalisateur a doté le personnage d'une crise de conscience honorable, certes, mais qui fausse le jugement que Balzac entendait porter sur son époque?

Car, à travers l'orbite sociale de l'effroyable comtesse Ferraud, née Rose Chapotel et qui fut une aimable fille des rues avant d'être promue par mariage dignitaire d'Empire puis hissée plus haut encore sous la Restauration, c'est bien la résistible ascension d'une nouvelle classe de parvenus qu'entend dénoncer l'écrivain.

Bon, oublions le film, cela vaudra mieux, et retrouvons le livre. Balzac l'a écrit en 1832, à l'âge de 33 ans. C'est la date qu'il convient de retenir pour situer l'environnement de l'écrivain, tenter de retrouver la couleur de son regard, rechercher l'origine de sa rage contenue, même si l'action est censée se dérouler une quinzaine d'années plus tôt. Car Chabert, dans son rôle de revenant et donc d'observateur au regard neuf, a surtout pour fonction de «faire parler les choses»1.

Or, que peuvent bien dire les choses, en cette période où l'histoire semble reprendre son souffle?

Depuis son accession au trône, il y a deux ans déjà, Louis-Philippe préside plus qu'il ne règne. Il n'est pas roi de France mais, nuance de taille, roi des Français, même si - sur 32 millions d'habitants - le pays ne compte que 90 000 électeurs. Roi non plus «par la grâce de Dieu» mais par la volonté de la nation... en fait à la suite d'un tour de passe-passe de quelques politiciens de haut vol qui réussirent à subtiliser à son profit, et surtout au leur, le bénéfice de la révolution de Juillet (les Trois Glorieuses). Et cela par crainte à la fois des républicains, des bonapartistes et des légitimistes, à savoir les partisans de l'ex-roi Charles X, en exil depuis 1830 en Angleterre avec son petit-fils le duc de Bordeaux... soit Henri V, déjà, pour les plus ultras des royalistes.

Lucide et au surplus courageux, ayant compris que le temps n'était pas venu de lâcher la bride à ses pulsions d'autocratie, Louis-Philippe entendait en 1832 qu'on donnât de lui une image débonnaire qui fut popularisée par ses promenades dans Paris en famille, son célèbre parapluie à la main.

Un mot surgi des souvenirs scolaires en donne l'esprit: «Enrichissez-vous» aurait conseillé aux Français un ministre de Louis-Philippe. En fait, Guizot, puisque c'est de lui qu'il s'agit, était l'auteur, en sa qualité de protestant fort austère, de l'exhortation suivante: « Enrichissez-vous par le travail, la probité et l'économie.»2 Voilà qui rend un son différent. Mais peu importe. Ce qu'on entend faire dire à une citation apocryphe ou tronquée rend souvent mieux compte que sa version authentique du climat d'une époque tel qu'il fut alors ressenti. Or, ce temps-là fut pour Balzac, observateur d'autant plus cruel qu'il se déclarait légitimiste, celui du triomphe d'une bourgeoisie «satisfaite et repue».

A elle seule, l'évolution du vêtement féminin pourrait donner raison au romancier.

Presque ascétique sous le Consulat, moulante sous l'Empire, commençant à s'évaser modestement dès la Restauration de 1815, la robe amorce son épanouissement en corolle dès la montée sur le trône de Louis-Philippe. Ainsi, la mode nouvelle semble appelée à mieux envelopper des formes que le mieux-être ne cesse d'arrondir. Elle apparaît comme une sorte de reflet des joues rebondies du nouveau roi des Français, ce visage dont on dirait aujourd'hui qu'il ne manque pas d'air et qui lui vaudra bientôt d'être représenté par les caricaturistes - Daumier en tête - sous forme de poire, de préférence.

En 1832, le choléra fait à Paris un grand nombre de victimes. Combien? On ne le saura jamais exactement mais ce qu'on ne peut ignorer, en revanche, c'est que l'épidémie frappe surtout les plus pauvres, encore qu'elle ait aussi débarrassé Louis-Philippe de Casimir Perier, ministre dévoué mais devenu si indispensable que le roi l'appelait volontiers «Casimir Premier».

1832 sera encore l'année des funérailles du général Lamarque, vieux soldat de la Grande Armée, et celle de la mort à Schönbrunn de l'Aiglon, le fils unique de Napoléon. Deux événements accompagnés de réactions populaires qui font ressortir l'importance nouvelle du courant bonapartiste et montrent bien que, dans l'opinion, l'image du petit caporal «sauveur» de la France risque bien de prendre bientôt le pas sur celle de l'«usurpateur». Cette nouvelle nostalgie des «années de gloire» n'a d'ailleurs pas échappé au Balzac du «Colonel Chabert», qui savait sentir son public.

Mais 1832, pour qui s'attache à la dimension sociale de l'histoire, c'est surtout l'année d'après 1831. A la fin novembre de cette année-ci, les canuts (c'est-à-dire les ouvriers de la soie) s'emparaient de la ville de Lyon. Sur l'avis de Casimir Perier, soucieux de mater les «rebelles», Louis-Philippe dépêcha sur place un maréchal et 20 000 hommes. Et l'ordre régna à Lyon.

En fait de rébellion, les canuts, qui travaillaient quinze heures par jour pour une rémunération qui ne cessait de se déprécier depuis l'Empire, exigeaient que fût respecté le salaire minimal fixé par une commission d'ouvriers et de patrons. Mais la majorité des soyeux lyonnais ne l'entendaient pas de cette oreille. Refusant d'appliquer l'accord, ils invoquèrent la nécessité de faire face à la concurrence étrangère, justification certes fondée mais insuffisante; ils ne pouvaient surtout tolérer, dans la conduite de l'entreprise, l'ingérence d'un facteur extérieur à leur famille.

Compétition internationale, amorce d'un mouvement ouvrier, résistance au changement de la part des travailleurs et de certains patrons... Voilà des questions qui nous apparaissent avec le recul d'un siècle et demi comme les plus déterminantes de l'époque: elles nous projettent dans la problématique de la révolution industrielle.

Or, où en est à cet égard la France de Louis-Phillipe et de Balzac? Très loin derrière l'Angleterre et, par rapport à celle-ci, comme dans un autre monde. Un exemple côté textiles, secteur dans lequel a commencé et ne cesse de se poursuivre fièvreusement cette mécanisation qui sera à l'origine des grandes mutations du XIXe siècle.Voyez les chiffres: la France, qui est pourtant le plus important fabricant de cotonnades du continent, ne consomme sous forme de coton brut, en 1832, que le quart exactement de ce qu'utilise l'Angleterre pour sa fabrication. La comparaison n'est guère plus flatteuse pour la France, tant s'en faut, dans d'autres domaines clés de l'industrie en devenir: les machines, le fer, le charbon. Comment expliquer cet incroyable décalage entre les deux nations rivales? Par de multiples raisons. En vrac: les bouleversements politiques successifs subis par la France au moment même - la fin du XVIIIe siècle - où la Grande-Bretagne commençait à entrer dans l'ère industrielle; le blocus maritime imposé par Londres à Napoléon et qui permit aux Anglais - l'anéantissement de la puissance navale française aidant - de se créer des débouchés un peu partout dans le monde, alors que l'Europe se voyait contrainte au repli sur soi; la structure solidement terrienne de la société française; l'esprit corporatiste survivant de l'Ancien Régime; le peu de goût des dirigeants de la Restauration pour la notion de progrès technique. Un exemple. L'inauguration, en 1832, de la première ligne de chemin de fer régulière française - Lyon-Saint-Etienne - passa presque inaperçue. L'ouverture, deux ans plus tôt, de la liaison Liverpool-Manchester avait été un événement. Suite logique de cet état d'esprit: une vingtaine d'années plus tard, à la mort de Balzac, la France aura un réseau ferroviaire de 3000 km et l'Angleterre de 50 000.

Difficile aujourd'hui d'imaginer que les chefs d'entreprise d'Alsace ou de Lorraine qui avaient eu l'audace d'importer des machines anglaises se voyaient contraints de faire venir des techniciens britanniques pour en assurer la «maintenance», la France ne disposant pas de mécaniciens qualifiés. Cela clandestinement et au prix fort (car Londres interdisait en principe l'exportation de know-how).

Petit chef-d'oeuvre de franglais, le brouillon de lettre qui suit en dit d'ailleurs assez long sur la situation de dépendance technique de la France des années 1830. Cette missive, sans doute une fois retouchée, fut adressée par le maître de forges lorrain de Wendel au chef de ses ouvriers anglais, momentanément retourné dans son île et qui tardait un peu trop à en revenir. Voici: «I have received you letter from febr. your absence me nuit beaucoup je paye your worckmans (?) and they do not worck the carpentar is an ivrogne, one can not ermploye him. I believe it is better for you to kom and to remaine her...»3.

Un patron français aux abois et scandalisé. On peut le comprendre. La situation du marché du travail, donc les mentalités diffèrent totalement de part et d'autre de la Manche.

La révolte commence à gronder

La révolution industrielle a été accompagnée en Angleterre, dès la fin du XVIIIe et tout au long du XIXe, d'un puissant mouvement de main-d'oeuvre qui en a été à la fois le moteur et le produit. D'où naissance d'un prolétariat au sein des concentrations urbaines et création d'un type de travailleur anonyme, interchangeable, et d'un terrain propice à l'expression de revendications ouvrières. Rien de comparable, encore, dans la France de 1830. Il y fleurit un type d'agriculteur moyen, très souvent héritier du partage des terres de la Révolution et peu enclin à bouger. Les débuts de l'industrie en zone rurale y seront donc surtout marqués par l'extension du travail à domicile ou par l'engagement d'ouvriers-paysans.Tout cela dans une atmosphère générale de paternalisme, la direction de l'entreprise ayant tendance à considérer toute demande d'amélioration des conditions de travail comme un geste d'ingratitude profondément navrant.

Mais la France ne pourra rester longtemps à l'écart de la révolution mondiale entraînée par les trépidations de la machine à vapeur. Mais déjà la révolte commence à gronder -on l'a vu à Lyon - chez les travailleurs exploités. Mais déjà les penseurs se prennent la tête dans les mains...

Le retour manqué aux valeurs

Qu'ils se nomment Saint-Simon ou Fourier - pour lequel le principe de la division du travail impliquait la formation dans l'agriculture de «cerisistes» ou de «poiristes» - les premiers théoriciens de systèmes sociaux anticonformistes sont plus ou moins farfelus. Mais ils ouvrent la voie à une pensée «alternative» et le moment ne va pas trop tarder où l'utopie philosophique va rejoindre le courant du réalisme ouvrier et s' y fondre. Ou l'inverse.

Et Balzac, là-dedans? Peut-être serait-il temps de le rejoindre, lui aussi. Mais où le trouver? Comment se situe-t-il par rapport à cet horizon de suie?

On dirait qu'il l'ignore. Ce qui est assez étonnant, compte tenu du génie quasi universel du personnage et de sa sensibilité sociale. Surprenant surtout de par la perception que nous pouvons avoir aujourd'hui de ces «thirties» du siècle dernier. Sachant ce qui a suivi, il est assez facile d'y voir une période charnière où, en France, les structures de l'entreprise, les mécanismes du crédit se sont modifiés en profondeur comme pour préparer la frénésie industrielle du Second Empire. Avec le recul du temps, les débuts de la monarchie dite de Juillet et ses grondements souterrains nous semblent donc le prélude au «Germinal» de Zola. Au contraire, pour Balzac, dont le coeur battait au rythme de l'Ancien Régime, cette troisième phase de la Restauration, celle où l'on ôta des armes royales les fleurs de lys, faisait figure de retour manqué aux valeurs sûres. Et puis, éditeur, amant fougueux, candidat député, pilier de théâtres et de salons, grand voyageur voire chasseur de trésors... et auteur de 85 romans en vingt ans, le touche-à-tout Honoré ne semble pas avoir eu le temps de s'intéresser de près aux techniques, hormis celles de l'imprimerie et de la fabrication du papier, domaines où il s'est lui-même exercé. Il s'attache à la condition d'artisan, pas à celle naissante d'ouvrier. Et s'il perçoit les premières manifestations d'une pensée alternative, c'est soit avec une sorte d'attendrissement pour la pureté naïve des idéologues (voir le d'Authez du très beau roman «IIlusions perdues»), soit en se faisant complaisamment l'écho d'un «blagueur» anonyme: «... Saint-Simon avait proposé de faire vingt pauvres avec la fortune d'un riche; mais les Quatre Mouvements de Fourier, ancien correcteur d'épreuves en son vivant, sont d'une bien autre philosophie sociale: vous allez travailler les bras croisés, vous n'aurez plus de cors aux pieds, les avoués feront fortune sans prendre un liard à leurs clients, les gigots iront tout cuits par les rues, les poulets s'embrocheront d'eux- mêmes...» 4

Mais, paradoxalement, on peut se demander si l'absence de regard de Balzac pour la germination de la révolution mécanique n'est pas le garant de l'étrange modernité de son oeuvre. Il n'a pas le regard du visionnaire. Il a gardé, à travers l'exploration des méandres de l'âme humaine, l'oeil rivé sur son époque. Et il se trouve que son temps n'est pas sans analogies avec le nôtre. Vers 1830, la France, selon le voeu formé par Louis XVIII, semble sortie de l'«abîme des révolutions» comme nous sommes sortis de la guerre froide. L'influence de l'Eglise y est en chute libre dans la société-qui-pense alors qu'aucune idéologie de rechange ne s'impose encore. Face à une noblesse qui se ridiculise à vouloir reblanchir ses dentelles ou qui s'essaie péniblement à l'industrie, le souci de réussite matérielle, le culte de l'apparence sous la forme privilégiée de la voiture seront bientôt à Paris, avec la misère, les seuls maîtres des lieux. Les notions d'insécurité de l'emploi et de chômage pénètrent l'économie avant d'entrer dans le vocabulaire. Le juridisme se gonfle pour mieux occuper le vide laissé par les valeurs morales. L'individualisme forcené ronge ce qui peut rester de l'idée de service à la collectivité. Et le tout baigne, pour les happy few, dans une anglomanie de façade: engouement de l'espèce la plus ordinaire et la plus répétitive pour la langue et les goûts du plus fort.

Entre deux époques, dans une «société qui se trouble», Balzac n'a pas pu, ou pas voulu voir s'avancer le raz de marée des temps modernes. Il en a perçu les premiers symptômes dans les salons ou dans la boue de Paris, il en a flairé les menaces obscures avec, sans doute, le même malaise pesant qui nous envahit face à l'effritement de nos repères et à l'avènement de toute cette informatique dont nous savons bien qu'elle est en train de changer profondément nos vies, mais sans pouvoir imaginer vraiment comment.

Balzac, au moment déjà où il écrit «Le colonel Chabert», ne se sent pas vraiment «at home» dans son temps.

Un air de famille avec le nôtre fait que nous ne sommes pas dépaysés dans le sien. Balzac est plus actuel que jamais.

«Par ma foi, je crois qu'un des caractères de la vertu est de ne pas être propriétaire», constate amèrement le défenseur de Chabert. Ce sont de tels éclats, inspirés par l'idéal secret d'un homme chez qui le parti pris du conservateur a toujours été effacé par le regard du romancier, qui ont fait dire à Hugo, parlant de la Comédie humaine: «A son insu, qu'il le veuille ou non, qu'il y consente ou non, l'auteur de cette oeuvre immense et étrange est de la forte race des écrivains révolutionnaires.»5 ·

P. L.

1. «Le colonel Chabert», introduction de Pierre Barbéris, volume III de «La Comédie humaine», Editions Gallimard, Paris, 1976.

2. «Les mots de l'Histoire», par Jacques Boudet, Editions Robert Laffont, Paris, 1990.

3. «L'Europe technicienne: révolution technique et libre essor industriel en Europe occidentale de 1750 à nos jours», par David S. Landes, Cambridge University Press, London, 1969; Editions Gallimard, 1975, pour la traduction française.

4. «Monographie de la presse parisienne», par Honoré de Balzac, Jean-Jacques Pauvert éditeur, Paris, 1965.

5. «Dictionnaire des auteurs», Laffont-Bompiani, 1952.

Dix ans

après sa disparition, Chabert revient chez lui. C'est un homme brisé, inconnu. Un paumé avant l'heure

Balzac, déphasé, n'a pas su ou pas voulu voir le raz de marée des temps modernes

Le parapluie à la main, Louis-Philippe reflète une époque où l'image de soi avait toute son importance





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